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 Quand la COBA laisse une maire se faire tuer par un fou

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Gypsie

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MessageSujet: Quand la COBA laisse une maire se faire tuer par un fou   Sam 18 Oct - 16:55

Apolonie a écrit:
[A Moulins, quelques jours avant.]

Etre maire. La tache n’est pas simple. Et la brunette n’a pas vraiment eu le temps de se préparer. C’est qu’elle n’avait pas franchement envisagé la fonction pour son plan de carrière. C’est que pour la comprendre, faut la connaitre la môme. Apolonie… Elle avait commencé en jeune fille parfaite : Tribun quasiment immédiatement après son arrivée. Puis ambassadrice dès le deuxième mois après son installation. Jeune fille investie. Des fiches rédigées, un journal qu’elle avait essayé de réveiller. Des voyages dans son duché et un coup de foudre. Un double coup de foudre. Pour Moulins et un de ses habitants. Ancrée à sa terre, auvergnate pur sang, pur jus. Jusqu’au bout des ongles, jusqu’à la dernière mèche de cheveux bruns.

Et puis un deuil, un départ. Plusieurs deuils, nouveau départ. Choisir une voie alternative. Rejoindre les sentinelles, puis s’accoquiner avec Libertad. Vivre avec eux six mois ou presque d’aventure, de partage, de souffrance, d’histoires plus ou moins importantes. Des riens et des détails. Des touts aussi, et du fort. De l’émotion, beaucoup, de l’amour, aussi. Des blessures, physiques… Cicatrices en marque d’amitiés indélébiles, souvenirs de vacances en Anjou ou au soleil… Des mini-trahisons qui n’en sont pas. Ca arrive les malentendus, les erreurs, les bêtises, dans une famille. Mais ça se pardonne et ça s’oublie aussi. Libertad. Et puis manquer mourir… Et revenir au pays. Planter les bottes dans la terre des volcans d’auvergne. Poser son baluchon dans une taverne moulinoise. Consul de son duché, elle est heureuse d’y revenir.

Chez soi. Enfin. Les paupières se ferment le soir avec l’air de la maison dans les poumons. Accompagnée d’une souris et de son écuyer, elle est rentrée. L’accueil est à la hauteur des espérances. Ses amis sont là. Nim, Grid, Bettym, Marty, sa grasce préférée… Elle reprend pied petit à petit, soigne les blessures de l’âme avec les moulinois. Rejointe par un noble berrichon, par son andalou. Un passage express avant de repartir. Un mariage à célébrer. Mais Apolonie a perdu un pari : elle est Maire. Sur son seul nom, élue à la tête de son village. Les premiers jours sont difficiles. Tellement de conseils contradictoires, s’intéresser à des choses qu’elle a toujours fuies, gérer un marché. Elle découvre, elle fait des erreurs, oublie d’afficher certaines informations, se fait remonter les bretelles, et apprend.

Si bien qu’elle a après deux semaines un des plus beaux marchés du Bourbonnais-Auvergne. Mais derrière ses remparts se trouve une armée. Le sourcil se fronce, et elle file dans le bureau de ses amis auvergnats. On vous a pas dit ? C’est que la belle elle ne fonctionne qu’à la loyauté et la confiance. Loyauté envers son duché, comme envers ses amis, comme envers Libertad. Qui a dit impossible ? Elle y arrive bien elle. Auvergnate avant tout, Bireli le sait : si Libertad veut le BA, faudra se battre contre elle. Mais il sait aussi que pour tout le reste elle les suivra. Dès la fin de son mandat, elle reprendra la route. Une petite bulle de liberté l’Apo… Besoin de se sentir vivre, et elle ne le fait que cheveux au vent. Bettym, Azdrine, Grid, Modsognir… Même Asturion, ils le savent.

Quand elle arrive pour s’insurger contre cette armée, on lui répond qu’on a peur de ses amis. Libertad fait trembler. C’est une blague ? Semblerait pas. C’est le début de la semaine seulement. L’armée est là pour protéger la ville. Un poignard dans son dos, une dague dans le cœur, ne l’auraient pas plus blessée. Le regarde se fait interrogation, le sourcil en exergue. Astu ? Ninja ? Az ? Vous me faites une blague ? Hein ? Ebranlée dans ses convictions l’Apo. Ne plus savoir. Entre une voix libertadienne qui lui murmure qu’ça sert à rien les attaches qu’à s’faire entuber par les siens… La refuser, vouloir accorder une chance.

Elle se défend la bourgmestre. Toute son âme, sa force de conviction.


Astu ! J’étais à ton mariage ! Tu me connais depuis des lustres !
Ninja ! J’ai toujours travaillé pour le duché ! Vous croyez que je laisserai quoi que ce soit arriver à ma ville ?
Azdrine ! Si j’ai plus votre confiance, j’fais quoi moi ? J’pars ? Finie l’auvergne ?
J’marche à la confiance ! J’ai déjà fait mes preuves ! Vous en voulez plus ?


Dépitée, trahie. Elle fait les efforts demandés. Elle remonte sa mairie, elle se bat pour avoir un marché correct, elle n’oublie plus d’afficher les embauches de sa milice. Elle prend des cours avec Seve, elle discute avec Azdrine et Astu tous les jours. Elle se démène la moulinoise. Elle se prépare aussi à accueillir les siens pour un séjour bref mais dont elle a besoin. Sa famille, qu’elle s’est choisie, qui s’est imposée.Libertad… Font si peur, et pourtant Moulins est avec une des leurs à sa tête la ville la plus sure du royaume, assurément. Qui oserait s’y frotter ?

Un fou. Incontrolable. Selon les membres de son propre conseil. Jardin est toujours là. Protéger le duché ? Un prétexte. A force de fouiner, de chercher, Apolonie a compris. Ce qu’il foutait là. Rien à voir avec elle au final. Ni même les siens. Les autorités savent que la lance de Sélène n’est que de passage. Ils ont la parole d’Apo que Libertad ne touchera pas au BA. C’est autre chose. Forcément autre chose. Elle sourit quand tout s’éclaircit. Jardin… Pas n’importe quelle armée. Elle sourit en en parlant avec son frère en taverne.


Pourquoi il est encore là ? Bah j’vais te dire Eik… Pas compliqué.
Asturion, notre duc, a peur de lui. Me demande pas pourquoi, moi j’ai pas peur hein.
Mais parait qu’il est un peu fou. Alors comme il était à Clermont, fallait l’éloigner.
Et une mairesse libertadienne, c’tait le prétexte tout trouvé non ?
Protéger le BA des méchants brigands… Qui soit dit en passant, eux, n’attaque pas le pouvoir quand il est légitime… ‘Fin bref…
Donc en fait, ils m’envoient leur armée débile. Parce que comme Jardin il est connétable tu vois, ils peuvent pas lui envoyer leurs deux armées qui stationnent à Montpensier.
Alors moi j’fais le sale boulot, et le conseil a les mains propres.


Elle sourit en coin. Reçoit un énième pigeon d’un moulinois qui lui parle d’échelles… Se dit que ça attendra, parce que là… Asturion vient de l’informer que Jardin allait entrer dans sa ville. Les yeux se plissent, la natte se noue, fini la rigolade. La sentinelle, la libertadienne, l’Apo entre en action. Et là, plus question de gentils courriers et de sourires niais. D’un regard Eik a compris. Il embarque le coffre-fort de la mairie. D’un geste porté au pommeau elle se prépare.

[Sur les remparts, pendant la nuit…]

Les moulinois dormaient déjà pour la plupart… Elle prend la tête d’une lance remplie de ces fameux brigands, qui avec elle défendront la ville. Jardin n’a rien à faire dans ses murailles. Le duc le lui a assuré : il n’a pas le droit. Il désobéit aux ordres. L’agrément du Bourbonnais-Auvergne lui est retiré. Et Apolonie voit le camp sous ses pieds s’agiter. Les quelques soldats de Jardin se préparer à prendre une ville qui n’est en rien menacée. Il y a quelques jours, il était en ami. Aujourd’hui, les miliciens, les maréchaux, et les siens, sont sur les remparts. Hors de question qu’on touche à sa ville. Moulinoise elle est. Moulins elle défend. Azdrine est au courant. Asturion aussi. Tout le monde sait.

Ce fou de Jardin, sans but, sans âme… A ses côtés elle reconnait quelques moulinois qui ont sottement obéi aux ordres d’une COBA qui perd la tête. Son ancien sergent-chef. Yal… Ferme les yeux. Chasse tout ça de sa tête. Se rappelle des combats précédents. Dans sa main droite son épée, légère, façonnée par le Prévôt, qui a revu le point d’équilibre pour qu’elle soit à sa mesure. Dans la gauche sa dague. Vêtue de noire, elle scrute. L’azur s’assombrit aussi. Et elle attend le premier assaillant. Quand il arrive, d’un coup d’épée, elle le repousse… Reste en bas. Ils sont peu nombreux en face, mais les villageois ne sont pas entrainés. Jardin n’entrera pas, mais la mairesse, en première ligne, subira encore une fois les affres du combat…

Quand devant elle c’est son sergent qui se présente, un reste d’Apolonie dans l’Apo… Une hésitation qu’il n’a pas. Les ordres sont les ordres… Et la lame du moulinois entre la gorge et la poitrine (oui, marre qu’on m’les foute dans le ventre) de sa bourgmestre. Un rire qui ne peut se frayer le chemin… Le sang en roulement de tambour mélodramatique dans sa gorge… S’écrouler, encore. Ca devient une habitude… Mais elle ne regrette pas. Ils ont battu en retraite. Ses villageois sont sains et saufs… Sa ville est en sécurité… Le conseil a les mains déliées : maintenant qu’il est avéré que Jardin n’est pas controlable, ils vont pouvoir le virer, le mettre en procès… Geste mal assuré pour tracer une dernière missive … (oui, elle est forte, très forte... Elle meurt, en écrivant. Carrément. Tss, pas de contestations.)


Citation :

Bonjour...


C'est euh.. de ma presque tombe que je vous écris aujourd'hui...

Cette nuit, vous avez peut être entendu des bruits provenant des remparts.

L'armée qui stationne à nos portes depuis quelques jours a essayé d'entrer en ville. Je crois que je me dois de vous expliquer pourquoi je n'ai pas voulu qu'elle le fasse.

Jardin est notre connétable. Mais il est incontrolable. Le Duc en a peur. Pour l'éloigner de Clermont, il'a envoyé à Moulins. Le prétexte était facile : beaucoup d'entre vous savent déjà que je suis proche du mouvement Libertad, et que j'ai aidé au pillage de la Gascogne. Comme mes amis passent par Moulins, ils s'en sont servis pour m'envoyer une armée.

Le truc, c'est que je suis auvergnate avant tout. Moulinoise encore plus. Jamais je ne toucherai à mon village, mes amis le savent. Et savent que s'ils tentaient quelque chose contre le BA ils devraient se battre contre moi. Donc Moulins ne risquait rien.

Mais il fallait s'en débarrasser. Et l'armée de Jardin ne sert à rien depuis sa création. Jardin voulait donc enfin s'en servir. Quoi de mieux qu'une mairesse affiliée Libertad ? Il a cru qu'il pourrait faire ce qu'il voulait.

Manque de chance, je suis connue. Les gens du conseil et du BA savent que je travaille depuis toujours pour l'Auvergne. En tant que Consul, en tant qu'ex-tribun, ex-sergent de la COBA. Et que la ville est bien gérée. Donc le Duc et le Prévot m'ont renouvelé leur confiance. Et m'ont prévenue hier soir que Jardin allait désobéir aux ordres et tenter de pénétrer dans notre ville. Ce qui lui aurait permis de me destituer et de prendre ma place à la mairie. Alors que j'ai été légitimement élue, par vos votes, et que je travaille bien. (j'ai eu plein de compliments de maire pour notre marché !)

Asturion et Azdrine m'ont demandé hier soir de défendre ma ville, après avoir tenté de me rassurer toute la semaine, disant que c’était normal une armée à mes portes... Hier, j’ai défendu. J'ai mis l'armée Jardin en ennemie, et j'ai créé une lance pour défendre moi même la ville sur les remparts. Il n'est donc pas entré en ville. Il a perdu l'agrément du Conseil. Et j'ai été touchée. En fait j'suis même morte. J'vous parle d'outre tombe Very Happy

Toujours est-il que je vous demande aujourd'hui de rejoindre les lances. De défendre votre ville contre Jardin et sa troupe. Ils ne sont pas nombreux. S'il essaie d'entrer ce soir, son armée est morte. Cela vous coutera une journée de travail, mais je pense que Moulins le vaut bien. Sachez que le Conseil me soutient. Et qu'un procès sera lancé contre Jardin très vite.

DEFENDONS NOTRE VILLAGE! *n'aurait jamais cru écrire ça un jour*

Et sinon... dès que j'ai récupéré les mandats, au travail bouchers et boulangers, artisans à vos échoppes ! Le commerce est florissant avec les villes voisines. Grace à vos efforts, nous avons un des plus jolis marchés du Bourbonnais Auvergne et la CaC nous remercie de nos efforts !

De même, la halle revit, n'hésitez pas à vous y promener, à venir en taverne sur la halle, à faire vivre ce village ! Ou donner votre avis en gargote sur Jardin et sa trahison.

Bien à vous, j'ai adoré être moulinoise, j'ai adoré le BA, et j'espère avoir fait de mon mieux dans mon bureau de maire.

Apolonie, dame d'Orval
Maire de Moulins
Cadavre en sursis.



Pour la suite ? Sa ville va continuer à défendre... Ses amis, moulinois ou libertadiens, vont terminer ce qu'elle ne peut plus achever, étendue au bas des remparts qu'elle défendait, elle qu'on croit brigande... La défense s'organise contre le Fou. Elle n'aura même pas pu serrer contre elle sa Lune... Ou revoir les jeunes mariées. Elle n'aura pas profité de sa famille qui a fait couler tellement d'encre... Ni pu accueillir Bettym et Nimrodor au retour de leur voyage... t'vois Nim ? J'suis pas partie... c't'eux qui sont venus... Et après ? On verra ...
Sofio51 a écrit:
armée coba

le combat de la nuit avait été rude un combat sans merci.

Les ordres étaient clairs pour tous suivre le meneur voila un moment déjà que l’armée jardin suivait des hommes aguerris , prêts a tout et toujours si fidèles malgré de longues privations ; si loin de chez eux parfois et de fois si proches ans jamais pouvoir arriver un instant a se reposer ni prendre un verre sas devoir suivre encore et toujours.

Certains avaient bien ressenti la tension palpable ces derniers temps, mais tous fidèles au duché, s’étaient gonflés d’honneur le duc lui-même avait donné les ordres précis, le sénéchal comme toujours avait suivi.

Ce combat elle avait ressenti dés les premiers minutes un effroi d’une rare intensité, ces visages connus qui ne cessaient de frapper dans la nuit totale, mais quel a de nom que ce massacre que celui de la honte et de la traîtrise.

Le lendemain ce champ de bataille recensait mort et blessés la folie d’un homme certes la douce folie du pouvoir, elle resserra son arme debout vaillante et se retourna vers le château, il allait devoir rendre des comptes sa tour d’ivoire allait tomber elle l’étriperait et le sortirait de son coton si il le faut aller le chercher si le pleutre n’en sortait pas.

Déjà un premier homme a terre , il lui fallait savoir elle se pencha vers lui et ne ressentit aucun souffle, il était mort l’arme a la main , mort de la traîtrise d’un homme, il aurait du mourir de la main d’un breton cela elle l’aurait accepté mais aujourd’hui…….

Elle chercha quelques hommes par ci par la , elle chercha aussi a comprendre se rappela bien le parchemin envoyé au maire de moulin , celui-ci indiquait bien leur arrivée imminente.

Elle ne pouvait encore y croire , pourtant les rumeurs certain lui avait même rapporté que le duc était prêt a tout pour se débarrasser de l’armée, elle ne pouvait pas y croire mais pourtant………

Certains villageois commençaient a s’agglutiner, peut être aider peut être comprendre, comprendre quoi, comprendre comment le duc peut demander de tuer des hommes et femmes ayant donné tant pour leurs duchés, mais oui on achève bien les bêtes malades une fois que leur lait ont tournés.

Il paiera, ils paieront tous, elle était décidé a ce que le plus gros scandale du Bourbon Auvergne éclate ce jour ici même sur cette terre ou le sang de ces hommes coulaient encore.

Le cœur empli de haine , le regard triste elle cherchait encore quelques autres explications
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Gypsie

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MessageSujet: Re: Quand la COBA laisse une maire se faire tuer par un fou   Sam 18 Oct - 16:56

Martymcfly a écrit:
[Moulins... la veille au soir...]

Depuis qu'il n'était plus à la tête du Duché, Marty aimait à rester dans son village. Son Moulins. Il était heureux de constater que la bourgmestre s'en sortait bien. Elle avait fait en sorte que tout se passe bien, et la tâche était ardue. Gérer un marché, fallait apprendre. Elle avait vite appris et faisait les choses du mieux qu'elle pouvait.

Mais ce n'est pas le sujet du marché qui faisait les rumeurs dans les tavernes du village. La présence d'une armée aux portes du village aurait pu faire sourire. Satanée loi martiale... Pourtant elle était maintenant levée. Ce qui ne plaisait pas c'était la présence du Connétable. L'homme au dessus des lois... au dessus des ordres de ses supérieurs aussi apparemment... Pourtant le respect de la hiérarchie est la première chose qu'apprend le premier soudard venu. Tsss...

Depuis quelques jours maintenant que l'armée était aux portes de la ville, les rumeurs les plus folles couraient dans Moulins. Pourquoi sont ils là ? Que veulent-ils ? L'on parlait des accointances de la bourgmestre avec des groupes louches. Mais Apolonie était Moulinoise avant tout. Elle était du Bourbonnais-Auvergne et avait prouvé à de nombreuses reprises sa valeur pour son Duché. Aucun doute, il n'y avait aucune raison d'avoir peur d'Apolonie. Moulins était certainement la ville la plus sûre de tout le royaume.

Depuis quelques jours maintenant que l'armée était aux portes de la ville, l'on parlait d'une éventuelle entrée des soldats en ville. Pourquoi faire ? A quoi bon ? Que cherchent-ils ? Et déjà l'on disait que le temps d'Apolonie à la mairie était révolu et que les soldats viendraient la déloger de son fauteuil légalement acquis. Les sangs commençaient à tourner dans les veines des Moulinois et on se préparait au pire, sans se douter qu'il arrive.

Aider son village, quoi de mieux que le défendre. Il avait donné sa démission de la Prévôté mais avait toujours affirmé qu'il serait prêt à monter sur les remparts en cas de besoin. Et ces derniers jours c'était le cas. La menace pesait sur le village. Mais elle ne venait pas des amis d'Apolonie venus lui rendre visite... Elle venait du même camp qu'eux tous. Du Bourbonnais-Auvergne ! Un vrai comble !

Voilà donc quelques jours que le Duc de Billy était à la tête d'une lance pour défendre le village. Sauf que ce soir là...

Aider son village, quoi de mieux que de lui fournir de quoi remplir son marché. C'est justement ce que Marty avait souhaité faire ce jour là. Il avait demandé un mandat au maire pour pouvoir que ces gens fabriquent du pain. Lui surveillerait si le travail se passait bien. Mais la menace n'était pas pour autant réduite... Au contraire... A contre coeur il quitta la lance, laissant à la bourgmestre se charger de la défense. Elle serait en première ligne. A sa place. Il prit donc le chemin de sa boulangerie où les fours à pain tournaient à plein régime. Il était fier de ses ouvriers qui travaillaient bien. Il allait pouvoir rendre une cargaison de 72 miches de pain dès le lendemain, comme ce qui était convenu avec Apolonie.

Le soir tombait quand ses gens finirent leurs ouvrages. Le Duc les laissa repartir chez eux. Un frisson lui parcourut le corps... Comme si quelque chose allait se produire... L'inquiétude grandissait et il espérait que le Connétable obéirait aux ordres ducaux : ne pas entrer dans le village. Fallait-il lui faire confiance ? Fallait-il avoir confiance en l'armée de Jardin ?

Le Duc de Billy restait à sa fenêtre, sous le ciel encore étoilé de cette fin d'été, réfléchissant à tout ceci... Beaucoup de questions qui restaient sans réponses. Il soupira et joignit ses mains pour prier silencieusement. Qu'Aristote protège Moulins du Sans Nom....





[Moulins... petit matin...]

La rumeur avait déjà parcourut le village. Marty n'avait guère réussi à dormir cette nuit là... Non. L'inquiétude était immense et il n'était pas tranquille. Il y avait de quoi maintenant... Un de ses valets le tira du lit.

Maître, c'est terrible ! Tenez, lisez ! Il y a eu des combats la nuit passée... La mairesse... paraît qu'elle est morte.

Sursaut.

QUOI ?! Qu'est-ce que tu racontes ?! Donne moi ça tout de suite. Lecture rapide, hâtive. La colère monte... Préparez mes affaires et vite ! Je sors dans le village. Rapporter la charrette remplie de pains à la mairie.

Ordres donnés, le Duc se prépare... se hâte... fronce le sourcil en repensant au courrier. Ainsi il l'avait donc fait. Il avait désobéi aux ordres... Tout allait se compliquer pour lui maintenant... Marty s'imaginait déjà Jardin en train de pleurnicher un peu partout... "c'est pas moi c'est l'autre..." Il en soupirait d'avance. Il fallait qu'il aille voir ça de plus près... Pour le croire.

Ambiance de mort dans le village...
Champs de bataille devant les murailles...
Des blessés, gisants au sol... Souvenirs de combats passés contre les faux inquisiteurs. Où peut-elle être ?
Chercher encore et encore...
L'inquiétude grandit au fur et à mesure qu'il ne trouve pas...

Une natte nouée... Brune chevelure... Gorge ensanglantée...


Apolonie ! Qu'est-ce que... ?! Relève toi ! Tu m'entends ? Relève toi maintenant, ca suffit !

Elle semble sans vie. Le Duc ne veut comprendre, les larmes lui montent aux yeux. Cela ne peut être possible...

Apo... tu... NON !

Marty avale sa salive difficilement... C'est lui qui aurait du être à sa place... Pas elle. Il s'en voulait... Forcément.

Tu ne peux pas.. Tu ne dois pas ! Tout ça à cause de l'imbécilité d'un homme ! Un seul... C'est un scandale ! Et on lui laisse mener une armée !

Il bouillait intérieurement... Il lança.

Faites venir un médecin, vite !

L'espoir n'était peut-être pas encore enterré. Ni Apolonie. Marty se pencha sur elle. Fixant ses yeux fermés, elle ne respirait plus. En apparence...

Comme tout le monde, Marty souhaitait avoir des explications qu'il aurait, quoi qu'il arrive.
On ne touchait pas à son village.
On ne touchait pas à son amie.
Il avait réussi à tout détruire en l'espace d'une nuit.
Des envies de vengeance germaient forcément...
Solenoide a écrit:
La nuit du 11 septembre 1456, triste date en effet.
Notre armée, l'armée Jardin comme a son habitude circule dans le Bourbonnais Auvergne en patrouille pour sauvegarder le bien être de tout habitant du Duché.
Les cantines sont presque vide et les soldats ne savent pas toujours ce qu'il prendront comme repas le lendemain, pourtant personne ne dit mots. Tous effectus leur travail et ont l'oeil aguerri, prêt à en découdre au moindre bruit.
Puis la troupe s'approche de Moulins, Yal, Serent-chef à Moulins nous parle de la taverne ou il fait bon vivre et ou nous pourrons déguster ce bon vin qui fait aussi la renommé du Bourbonnais Auvergne. Nos coeurs sont rempli de joie lorsque nous nous approchons des rempars, quand tout a coup, des flèches sont envoyés. On nous attaque ! Les soldats se placèrent très vite en formation et firent face au assaillants.
Lorsque je vis le regard d'Apolonie lorsqu'elle m'attaque en corps à corps, je ne comprend plus, Pourquoi nous attaquer ? Puis un compagnon s'abat sur la Dame avant qu'elle ne m'envoi vers l'autre monde.

Aujourd'hui, 12 septembre 1456 : Que nous apprend Apolonie : elle a reçu l'ordre du Duc en personne de nous attaquer ! Ce même Duc qui nous aurait demandé de se diriger vers Moulins ! Alors pour quelle raison aurait-il fait cela ?
Ce que je pourrai conclure n'est que supositions ! Je n'en ai aucune certitude, mais une chose est très clair, des habitants du Bourbonnais Auvergne sont mort hier soir, et ceci est peut être du à des ordres contradictoires !

Comme toujours ce sont encore les villgeois soldats ou miliciens qui trinques et le plus terrible c'est qu'ils ne savent pas vraiment pourquoi. Tous ont fait leur devoir, Tous ont suivis les ordres qu'ils ont recu !

Folie ! Folie ! Folie ... !
Qui est en proie à des crises de folie ? Accuse-t-on les bonnes personnes ?
Des questions qu'il faudrait résoudre !
Azdrine a écrit:
[A Moulins, Quelques jours avant]

Parti la veille de Montpensier avec son épouse, son filleul et l'amie de celui ci, Azdrine en profitait pour effectuer plusieurs chose en même temps. De longues dates une escorte était prévue et les autorisations avaient été demandées en bonne et dû forme. Mais avant de rallier ses frères d'armes au point de rencontre, il devait livrer une commande passée une quinzaine auparavant.

Il l'avait croisé en taverne, et lorsqu'elle lui avait dit son nom, il se doutait qui était en face de lui. Une sentinelle, une libertadienne, une femme qu'il aurait pu combattre il y a quelques mois de cela à Vendôme. Mais avant tout une auvergnate et une moulinoise.

Il savait peu de choses d'elle, mais suffisement pour cerner la femme. Fidèle à elle même, marche ou crève, elle avait le vécu de toute personne ayant vécu guerre, trahison, coup bas. Il l'avait ressenti quand elle lui avait dit avoir hate de rejoindre Moulins.

Puis fut évoqué le nom de Barbiturik, la dame d'Orval confirma qu'elle était son amie. Regard accusateur du baron un court instant. Effacé dans la seconde. Son passé lui revint en mémoire, il avait aimé une félonne, qui avait attaqué le BA. Les choix de vie de chacun n'ont rien avoir avec la personnalité, la loyauté. Un marché fut conclu, et une quinzaine plus tard, Azdrine livra les armes à Apolonie, devenu maire de Moulins.

Un coup d'oeil sur le marché, celui ci semblait bien tenu et il en fut même étonné de voir cela. Il se garda d'un compliment, il n'avait pas encore assez d'informations pour féliciter Apolonie de sa gestion.

Les quatres royalistes repartirent ensuite vers Clermont, ou ils séjournèrent quelques temps puis ils continuèrent l'escorte vers Montbrisson, en pleine loi martiale. Beaucoup de regard étaient tournés vers le groupe, composé de beaucoup d'etrangers.

Sur le trajet, le prévôt avait entendu parler de la volonté de mettre une armée dans Moulins, et du refus du maire en place. Mauvaise décision sur ce coup la. Un maire ne doit pas refuser une demande du conseil. Puis des échanges ont lieu entre le prévôt et la maire. Mise au point de la situation. Etude des risques et peu à peu, compréhensuion de la volonté d'Apolonie. Elle ne refuse pas l'entrée d'une armée COBA mais celle de Jardin.



Prenant du repos au bpord du lac de Montbrisson, il reçoit un message. Une fois le messager parti, il en pris note et dans les environs du bord du lac, calme et paisible jusque là, les oiseaux se taisent, ne volent plus, un écureuil se tapit en haut d'un arbre et il n'y a plus que le souffle du vent qui se fit entendre après les exclamations du prévôt.


Mais quel branquignole celui la ! C'est sénéchal et connétable ca ? Et ca ne sait respecter un ordre direct du duc ? Ca va cogner dans la maille, ca commence a suffir d'avoir un pingre comme lui !

Départ furieux et en trombe du prévot qui avait à présent bien plus confiance en Apolonie, vierge de tout soupçon en BA, sans aucun dossier de Haute trahison ou autre sur le dos, contrairement à Jardin qui avait fait des pressions indigne de la COBA pour pas être mis en procès.

Une fois devant un table, il prend plume et encrer et se met à rédiger une lettre. Le coursier devrait arriver dans peu de temps à présent, il fallait faire vite.


Citation :
Bonjour Apolonie,

tu dois dejà le savoir mais ce bougre de Jardin a enfreint les ordres du duc. Asturion tente depuis plusieurs jours de concilier de part et d'autres comme tu le sais. Mais Jardin est cette fois ci allé trop loin. Tu es auvergnate et moulinoise. Ce soir, je suis heureux de savoir qu'une femme ayant tes compétences et ton courage en place à la mairie.

Jardin est incontrôlable, il refuse de se soumettre en justice, et il va a l'encontre des ordres du duc. Ce soir, il va forcer les défenses que j'ai mis en place à Moulins. Je crains pour mes maréchaux, tes miliciens et les habitants de Moulins. Tu es maire et un de tes rôles est de défendre ton village. Non. Un de tes devoirs.

Défends ton village du mieux que tu puisses le faire. J'ai confiance en toi, tu as toujours servi et protéger le BA. Tu seras à la hauteur de cette défense. Même si tu t'es opposé contre le DR, je sais que le BA est ta contrée.

Azdrine de Vissac

Le parchemin roulé et cacheté de cire fut transmis à un coursier qui avait pour mission de chevaucher jusque Moulins sans s'arrêter si ce n'est pour changer de monture. Interdiction de toute autre pause, même pour manger. Azdrine lui donna un sauf conduit afin qu'il ne soit pas embêter par la garde de Moulins. Il devait passer en discrétion, de l'autre côté de la ville, la ou l'armée ne stationnait pas.
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MessageSujet: Re: Quand la COBA laisse une maire se faire tuer par un fou   Sam 18 Oct - 16:56

Bettym a écrit:
[Quelques jours auparavant en mission hors du BA...]

Tous les jours, elle recevait par pli les messages de son filleul lui indiquant comment était la situation de Moulins depuis la promulgation de la loi martiale, loi qu'elle avait toujours décrié dès qu'elle l'eut apprise. Tous les jours, elle se tenait informée également auprès de son chef, le Prévôt Azdrine.

Elle lui expliquait ses angoisses après avoir été mise au courant du pourquoi de cette loi martiale dont la cause n'était pas celle énoncée officiellement par le Duc Asturion. Elle en était sûre maintenant. Sa mission... vérifier où se trouvait ses soit-disant brigants.

Elle ne craignait nullement pour la mairie qu'elle savait en de bonnes mains. Apolonie était son amie et bien qu'elle ait fait des choses peut-être pas très recommandables, d'après les rumeurs, elle savait que Apolonie était digne de confiance et que jamais elle ne trahirait ses amis, sa ville et son duché.

Une discussion avec son ami Nimrodor et l'inquiétude s'empara d'elle. Sans réfléchir...


On rentre Nim, Apo est en danger. Dans 3 jours on est à Moulins. J'espère qu'elle tiendra le coup d'ici là.

Sourire aux lèvres se dessinant sur le visage de son ami qui n'était pas très chaud pour l'accompagner durant sa mission, il acquiesça. Préparation de paquetage en urgence, demande d'autorisation de lance et les voilà sur le retour...

[Moulins... un funeste jour]

Une vision de désolation s'ouvrait devant ses yeux à son arrivée. L'armée de Jardin toujours devant les portes de Moulins. Elle avançait lentement, essayant de comprendre ce qui était arrivé puis vit le corps de... deux soldats morts et... un attroupement, des cris, de la colère...

Plus elle s'approchait, plus elle s'inquiétait. Elle avait envoyé un message la veille à son filleul. Il fallait peut-être se mettre encore en défense mais qu'elle lui laissait tout pouvoir pour décider avec Apo, elle avait confiance en eux et en leur jugement. Mais là, elle ne savait pas ce qu'il en était advenu.

Des maréchaux, des villageois, des personnes qu'elle connaissait pour être des amis de Apolonie et le drame... Elle était à leur hauteur. Marty, au côté de la bourgmestre, un autre homme de l'autre côté. Elle resta sans voix. La haine s'empara d'elle, un sentiment qu'elle ne se serait jamais cru aussi fort. Et surtout, elle s'en voulait. Un jour... il lui avait manqué un jour pour qu'elle puisse protéger son amie et sa ville.

Qu'allait-elle faire ? Comment réagir ? Comment expliquer la chose à Nimrodor qui était rentré directement aux domaines des quatre bourrins ?

Elle restait là, comme une statue de sel, incapable de montrer le moindre sentiment mais elle bouillait. Et elle savait en son for intérieur que Jardin ne l'emporterait pas au paradis.
Neils a écrit:
[Moulins dans l’après-midi]

Assis, le dos appuyé contre la roulotte, tête plongée dans ses bras, l’écuyer est en passe de perdre pied. Ses pensées cavalent dans tous les sens, entrainant une danse étourdissante dans sa tête, ses yeux s’embue, une larme s’échappe, coule le long de sa joue. Il n’accepte pas cette réalité, Apo…morte, pour le jeune écuyer le monde, son monde s’écroule…

Il s’accroche, il réfléchit où aller ? Et les funérailles d’Apo ? Qui va s’en occuper ? Souris, Moineau, Minette, Grognon, l’Andalou où êtes-vous ? Où étions-nous tous la nuit dernière ?

Neils sent la colère envahir son corps, son âme s’assombrir par le Mal, la colère laissant place à la haine.


Saloperie de pari de merdasse !!!!

Nous ne devions pas rester dans ce village ! Maudit soit-il ! Apo disait l’aimer et bien Moulins nous l’a enlevée !!!

L’écuyer n’arrive plus à reprendre le fil de ses pensées, vengeance !, oui vengeance ! le choix et limpide, simple il se vengerai sur se maudit duché !

Déjà, il échafaude des scénarios tous plus improbables les un des autres, mais Neils est patient, très patient, une mémoire quasi infaillible et une rancœur tenace.

Il se lève, marche droit devant lui, avec pour seul but la mort….qu’il donnera ou qu’il trouvera.
Modsognir a écrit:
[Moulins dans la journée]

Modsognir était arrivé la veille pour des raisons qui touchait à la vie malheureusement. Un moment, un lieu où il devait être là. Il était arrivé tôt le matin, voir ses amis du village, être là pour les obsèques. Il s’était promené dans le village le semblant assez paisible. Il alla voir le marché où beaucoup de personnes venaient vendre, acheter. Ca grouillait de partout, il fit quelques achats qu’il pourra sans doute facilement à son retour chez lui. Il ne se douta pas de ce qu’il allait se passer. Le village vivait…..oui vivait avec une bourgmestre qui voulait bien faire et réussissait vu l’état du marché. Seul marché où il lui semblait pouvoir faire de bonnes affaires et en quantité.

Il quitta la place du marché pour aller étudier. Il voulait mettre un point d’honneur a enfin étudier. Il avait tellement négligé cela ces derniers jours. Il revint le soir, épuisé de sa journée et voulut faire un tour en taverne. Il rencontra plusieurs personnes, on sentait une certaine tension, une crainte qui allait devenir réalité. On lui dit que la bourgmestre parti en dehors du village pour le défendre au cas où. Une peur l’envahit, il ne pouvait aller la rejoindre c’était bien tard et il était épuisé. Il se rendit dans l’auberge se couchant le plus sereinement possible.


[Moulins, le lendemain]

Il se réveilla le matin, descendit dans l’auberge prendre collation. Une grande effervescence régnait dans la salle. Il alla questionner le propriétaire de l’établissement ce qui pouvait bien se passer. Il ne sut pas trop lui répondre, on parlait de morts, d’armée, de sang. Ces mots résonnèrent dans sa tête. Il blêmit courant dehors voir quelqu’un, n’importe qui mais savoir.

Un gamin était là dans les ruelles. Il lui prit son bras.


Hey petit, tu sais ce qu’il s’est passé cette nuit ?

Le gamin leva la tête vers le Vice Chambellan, étonné apparemment qu’il ne sache

Y’a l’maire qui s’fait embrocher. Là sur les remparts par l’Nain qui parait.

Lâchant le bras du môme, il couru aux portes du village. Vue de désolation, âme qui monte aux cieux. Il lui semblait revivre quelques mois plus tôt……cette vue de sang. Il tourna la tête de partout cherchant quelqu’un de vivant. Il erra un moment sur les remparts cherchant……quoi ? cherchant c’est tout.

Tout d’un coup il vit au loin Marty et Bettym agenouillé regardant quelque chose….quelqu’un. Son sang ne fit qu’un bond, ses jambes partaient dans cette direction. L’angoisse était partie, la colère montait peu à peu, les nerfs sur le vif. Il arriva près d’eux, les regarda puis regarda par terre….elle gisait là sur le sol. Il releva sa tête vers ses amis cherchant du regard ce qu’il pouvait faire
Opheliane a écrit:
Défendre la place, une ville du Bourbonnais qu'elle avait adopté avant de partir sous d'autres cieux. Bourbonnaise depuis le début. Et même si elle n'était pas connue pour être avenante, elle était souvent partante. Marty lui demande, puis Apo... Un oui sec, bien entendu. On ne refuse pas à celle qui a bien voulu partager quelques champs de bataille si gentillement...

Le pire c'est qu'elle ne sait même pas ce qu'il s'est passé. Elle était pourtant pas loin d'elle, dans la même lance. Elle se rappelle avoir vu l'armée de Jardin. Puis plus rien. Une sorte de trou noir qu'elle ne s'explique pas. Le résultat est pourtant là. Apo est à terre. Tout cela commence à bien faire. Pour avoir été sentinelles, pour avoir donner un coup d'main à Libertad, au nom de tout cela, ça commençait à faire une de trop. A peine de retour qu'elle constate qu'en quelques mois rien à changer... si, en pire peut être, la preuve sous les yeux de tous ces soldats, ces badauds.

La brune devenue un peu plus maigrichonne chaque jour tourne alors les talons en maugréant. Si jamais il y avait une suite, pour sûre qu'elle serait de la partie, faible ou non...
Roderic_varthak a écrit:
Rodéric arriva sur la champs de bataille. Depuis des jours il faisait la navette entre la COBA, les soit disant rebelle et son clan. Il avait décidé d''agire seul. Impliquer le clan dans ce merdier était bien trops risqué.

Depuis des jours, il n'arrivait pas à comprendre. Les versions ne collaient pas entre elle. Une sentinelle était morte de la main des propres soldats du Bourbonnais.

Pourtant c'était le conseil qui avait donné l'ordre de venir à Moulins. Il connaissait un peu ces hommes. Ce n'était pas des traitres.

Il y avait magouille et trahison, mais qui avait trahit. Rod avait en sa possession des tonnes de documents, pris de part et d'autre.

Il avait tout fait pour éviter cette folie, mais il avait échoué. La vérité allait sortir, pas de suite, il était patient. Il accunulait les preuves et ferais connaître aux peuples du Bourbonnais ce qu'il a à savoir....

Pour l'instant il arpentait les rues.


Non de di... ces hommes venaient défendre cette ville et ils se sont entretué... qui est le responsable de ce carnage bougonna t'il.
Jardin83 a écrit:
Après une longue nuit de combats le Sénéchal Jardin traversa le champ de bataille.

Ca et là de nombreuses victimes jonchaient le sol, des soldats de la COBA, des défenseurs de Moulins.

Les victimes avaient étaient réunies dans une sorte d'autel, Jardin s'en approcha.

Il surpris de nombreux regards de haine de la part d'habitants de Moulins, il comprennait cela, et il espérait qu'un jour la vérité allait enfin eclater.

Arrivé près des corps sans vie, il s'agenouilla près de celui d'Apolonie.
Il connaissait bien, il avaient fait partie du même parti politique et il avait apprécié sa douceur et ses convictions.

Il ferma les yeux, une immense vague de désarroi l'emplit. Il ne put et ne chercha pas à retenir le flots de larmes qui s'était mis à couler le long de son armure. Tant de pressions et de tensions étaient entrain d'eclater en ce moment même.

Il resta longtemps dans cette position.

Mille folles idées fusaient dans sa tête.

Il ne comprenait pas ce qui se passait. Il avait fait preuve d'une certaine naiveté et il s'en voulait pour cela.

Toute sa vie avait vouée à la protection du Duché, à la formation de ses soldats. Il avait depuis plusieurs mois décidé de se lancer en politique, inquiet comme tant d'autres de la gestion du Duché par ceux la même qui en avait aujourd'hui le contrôle.

Des erreurs ? Il en avait commise, mais de crime point.

L'histoire allait retenir qu'un Duc avait ordonné à un maire de mettre une armée du B.A. en ennemi avec les conséquences dramatiques que l'on connait.

Il était las très las.

Trop de pression, Asturion n'avait qu'une seule chose en tête depuis le début de ce mandat : éliminer "l'armée Jardin COBA", porter le discrédit sur la COBA. Il avait partiellement réussit.

Fourbe, menteur, manipulateur, arriviste, avide de pouvoir tels étaient les qualificatifs que l'on pouvait donner à Asturion et un certain nombre de ses acolytes au conseil.

Jardin repensa - un brin amusé - au fait qu'Asturion avait proposé la tête de lite à Jardin lui même quelques heures après les élections ...

Il était las très las.

Son honneur de soldat était terriblement entamé depuis ces dernières heures.

Des votes, dont l'issue ne laissait place à aucun doute avaient eus lieu au conseil, allaient lui enlever toute responsabilités au conseil et à l'Etât Major de la COBA.

Il savait pouvoir compter sur le soutien de soldats et de l'immense majorité des officiers mais cela ne suffisait plus.

Sa décision était prise, elle en réjouiriait plus d'un.

Il se releva, reagarda une dernière fois affectueusement Apolonie et les autres victimes, déposa ses armes et son armure à terre.

Il se dirigea vers sa tente au campement.
Il avait décidé de se laisser mourir de faim, d'après ce qu'il avait entendu dire cela ne prendrais que 5 jours de souffrances ...


Edit : Pas de HRP dans les RP !
Un message envoyé.
{Darkbisounours}
Anastase a écrit:
Bourbon quelques heures après la bataille.

Dans une rue quasi déserte la gamine se laisse peu à peu sombrer dans la monotonie.
Traine savattes, les mains dans les poches, la voici qui emprunte une des voies menant à la place du marché.
Mais au coin de celle ci, un choc inévitable la projette directement en arrière, l'obligeant à s'assoir le cul dans la poussière.


Ho tu pourrais pas faire gaffe un peu l'niaffron !

Devant elle un jeune homme format XXL lui tend la main :

Excusez moi mademoiselle, je vous avez pas vu.

La gamine se relève d'elle même :

Ouais c'est ça ! T'as faillit m'écraser crétin ! Et puis qu'est ce tu fous à courir comme ça ?

Le jeune homme reprend son souffle :

J'ai appris une mauvaise nouvelle et...

Aller déballe qu'on en finisse !

Moulins a été attaquée par Jardin. Y'a eu des dégâts et la mairesse s'est faite tué.

Quoi ?!

Pas le temps d'en demander plus, l'homme avait repris sa course.
La gamine réfléchis deux secondes : moulins... attaque... maire... mort...

... Tantineuhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !

Pas le temps de penser d'avantage, la gosse retourne chez elle pour faire son paquetage et part en courant en direction de Moulins.

Foutrecul la tante... Ou est ce que t'as encore été t'fourrer ? Aller zou, j'pousse la chansonnette moi, ça m'aidera pendant le voyage...

L'duc du BA r'ssemble à son frère
Son frère à son père et son père à mon cul
De la je conclus qu'le duc du BA r'ssemble à mon cul
Comme deux gouttes d'eau
Taïaut taïaut taïaut! Ferm' ta gueule, répondit l'écho !...........

Kjerag a écrit:
Kjerag s'écartant de la foule vie cette jeune demoiselle, effondrée par ce qu'il s'était passé...
Il eu envie de s'en approcher pour la consoler mais n'osa pas, après tout, il faisait parti des soldats trahie qui s'était défendu la veille et avait causé la mort de tout ces innocent...
Il ne savait que faire dans cette situation.
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Gypsie

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MessageSujet: Re: Quand la COBA laisse une maire se faire tuer par un fou   Sam 18 Oct - 16:57

Korydwen a écrit:
Après le massacre… Oui oui le massacre, dans le petit village de Montbrison.

Des bruits couraient… Des mots, des phrases qui se forment et se déforment, qui s’intensifie de bouche en bouche… Une phrase qui se transforme en rumeur, elle les voit dans les rues du village, elles, les ragoteuses, celles qui n’ont rien d’autres dans leur vie… Elle tend, l’oreille, elle écoute, elle discerne un mot dans ces murmures… Non pas un mot, un nom… Pas n’importe quel nom… Un nom… Lui… Ce nom… Cette Dame… Apolonie. Qu’avait-elle fait ? Qu’avait-elle dit ? Qu’avait-t-elle subi ? Korydwen ne savait pas… Les voix des ragoteuses bien faible et pourtant bien sifflotante à vous faire bourdonner les oreilles… Elle attrape encore un mot… Armée…

Apolonie armée… Etrange comme cela fait appel à sa mémoire, une douce sensation… Un doux moment pour se retrouver quelques mois auparavant… La bataille de Varades. Elle s’en souvient la Baronne comme si c’était hier. La guerre de Bretagne, elle avait répondu à la levé de Ban, même qu’elle était pas obligée, il parait, son époux partait… Mais de nature têtue, elle était partie, un signe peut-être ? Elle regarde à nouveau les ragoteuses, essayant de lire sur leurs lèvres, un son résonne… Libertad…

Les souvenirs affluent, Libertad, comme les cris sur le champ de bataille, leurs ennemis d’un jour… Ils étaient là, elle ne les connaissait pas, mais avait croisé leur chemin, elle l’avait croisé Apolonie, même très bien. Elle l’avait salué à sa manière… Avec épée et bouclier, un bouclier sur le poignet, une épée dans le ventre, si elle avait su… Et pourtant étrangement, elle ne lui en voulait pas. Un drôle de moment, des ennemis sur le papier, mais amies, oui l’on pouvait dire cela ainsi… Quelque chose d’incroyable s’était produit cette nuit là.

Un mot… Certainement le mot de trop de la part d’une des ragoteuses, morte… Non ce n’était pas possible, pas Apolonie, pas ce bout de femme, qu’elle appréciait mais croisait trop peu. Elle s’était retrouvée à la chancellerie… Elle n’y croyait pas, elle ne pouvait pas être tombée si bêtement et puis les Libertad, aux dernières nouvelles étaient de ses amis. Elle avait du louper des morceaux de rumeur… Elle aurait voulu rire, balancer une boutade, elle aurait bien dit, « non, vous n’avez pas le droit, j’ai l’monopole, y qu’moi qui peut transpercer l’Apo »… Juste pour rire, en repensant à cette étrange rencontre. Il fallait comprendre, la curiosité était grande, comment les Libertad avaient pu lui faire du mal, il manquait un morceau. Elle s’approcha des vieilles, discrètement… Elles ragotaient toujours et sur la même chose, sur que ça allait les occuper pendant deux trois jours.

Jardin, Coba, Asturion, Duc… Elle était perdue, elle ne comprenait plus… Qui était responsable, qui avait manipulé qui ? Qui avait tué qui ? Qui n’avait pas respecté ? Mais respecté quoi ? Un truc… C’est vague, la loi Martiale, elle l’a subit… Parait qu’il y avait des brigands, toute façon, pauvre douanière, elle ne pouvait pas vérifier ce qu’il se passait dehors et les infos… Quand il y en avait… Fallait faire sortir les étrangers, mais les frontières étaient fermés, ils sortaient comment ? Bein par les frontières, ferme ta bouche et marche… Une belle loi Martiale, de cinq jours… Ils étaient passés pour des idiots… Oui oui à peine le temps de les faire sortir du duché qu’ils pouvaient déjà revenir…Mais bon, cela faisait déjà plusieurs jours qu’elle ne comprenait plus grand-chose à la logique du Duché… Elle essayait de comprendre, en chambre des nobles… Mais c’était tellement bruyant… Dans son état il lui fallait du calme, manquerait plus qu’elle donne naissance à son troisième héritier en chambre des nobles… Il risquait une belle peur dès son premier jour de vie…

Pourquoi parfois, tout était si compliqué… Le Duché n’avait plus confiance en ses maires… Pourtant Apolonie, il n’y avait rien n’à lui reprocher elle avait toujours travaillé dans l’intérêt du duché… Même si ses fréquentations ne plaisaient guère à certains. Pourtant qu’elle devienne consul ne semblait gêner personne et là d’un coup, on va la trucider dans son petit village qu’elle dirigeait sans problème… Y a plus de logique… Elle rentre chez elle, un mot juste un petit mot de soutien, elle espère que, ce n’est pas trop tard… Sinon pas grave, elle le verra de là-haut… Un petit mot ça réchauffe toujours le cœur.

Installée sur une chaise, face au bureau du petit salon de la maison du bord du lac, elle sort une plume un encrier et un parchemin, un beau parchemin, elle plonge la plume dans l’encrier et la laisse parcourir librement le papier, ne sachant trop quoi écrire… Juste un petit mot.


Citation :
A Apolonie ou à son entourage si malheur il devait arriver…

J’ose espérer que tu t’es une nouvelle fois accrochée à la vie, je l’espère sincèrement, des bruits sont arrivées jusqu’à Montbrison, je n’ose y croire… Et je les comprends encore moins. Tu dois être bien entourée, comme à Varades, quand ils sont venus s’occuper de toi après mon départ…

Je ne comprends pas et ne comprendrais jamais je crois… Toujours est-il que je souhaitais de faire parvenir un petit quelque chose en pareil circonstance, on dit que les mots d’amis réchauffent le cœur dans les pires moments que l’on traverse. Sache que je pense à toi… Toi qui te souvenais que j’aimais le miel…Toi qui as toujours tout donné pour ton village et ton duché. Toi qui parlais de ta terre… Toi qui ne m’en as jamais voulu. Toi que j’ai eu le bonheur de croiser à la chancellerie à mon arrivée. Comment tout cela a pu arriver… Comment a-t’on pu laisser ce genre d’énergumène avec l’armée… Des rumeurs à son sujet il y avait, messire comptait prendre le château s’il n’était pas Duc… Amusant… Triste ironie du sort… Je crois que par ce geste nous venons de perdre quelqu’un de bien… L’Auvergne perd quelqu’un. Comment faire confiance après ça…

Sache que personnellement je ne t’en voudrais pas et te comprendrais simplement, après s’être fait traîner dans la boue, il est toujours difficile voir impossible d’accorder à nouveau sa confiance… Et je savais que tu marchais à la confiance. Sache que je garderai comme souvenir de toi, un bon souvenir. J’espère que nos chemins pourront se croiser à nouveau, les moments passés avec toi, son unique et si intense…

J’arrive au bout du parchemin, j’aurai pu écrire plus… Une autre fois peut-être…

Korydwen,
Une Auvergnate qui n’oubliera jamais Apolonie.

Korydwen replia la missive et apposa son sceau, elle l’accrocha à son hibou et le laissa s’envoler vers Moulins, quelqu’un finirait bien par le trouver après tout… Quoi que l’agitation devait être belle là-bas. Korydwen se laissa tomber dans son fauteuil, réfléchissant, songeant, espérant… Se demandant si elle devait se rendre en chambre des nobles, des explications du Duc peut-être… Quand au Jardin, elle n’en n’aurait certainement pas, elle n’a pas souvenir à l’avoir croisé, en même temps vu l’ambiance, elle s’y aventurait de moins en moins…
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MessageSujet: Re: Quand la COBA laisse une maire se faire tuer par un fou   Sam 18 Oct - 16:58

Apolonie a écrit:
[Au bas des remparts, vendredi matin...]

Capharnaüm, bordel, souk, bazar, binz, méli-mélo, imbroglio, dawa, waï, orgie… Du grand n’importe quoi, et une folie qui s’empare du Bourbonnais-Auvergne, tandis que la belle à l’origine de tout ce remue-ménage gît tranquillement au bas des remparts. Apolonie rejoint une nouvelle fois ce doux coton qui entoure l’âme errante d’une mortellement blessée… Le souffle en courant d’air imperceptible comme seul lien entre l’esprit et le corps encore meurtri. L’acier en compagnon inévitable de ses sorties nocturnes semblerait-il.

Autour d’elle ça s’agite, ça se presse, se pousse, en silence ou bruyamment… Un Duc, une moulinoise, un vice chambellan, quelques pigeons. La fuite est moins longue que la dernière fois. Elle sait déjà qu’aujourd’hui ce qui la retient ici bas est plus fort, intangible. Pas le choix, elle se doit de lutter. En Gascogne, elle avait été rappelée par des bouffées d’amitié rageuse… Ici c’est par la rage amicale. Des explications à donner, des amis à accueillir, un andalou dont elle doit encore profiter. Ne pas laisser sa mort servir de prétexte à une guerre fratricide… Le n’importe quoi, elle a toujours détesté ça. La récupération politique aussi.

L’âme ne s’est donc pas envolée bien loin… la plaie béante dans sa poitrine bat encore au rythme du sang qui s’en écoule lorsqu’elle réintègre cette enveloppe douloureuse. Le frémissement d’une paupière comme seul signe tangible d’une vie inachevée, un tavernier attentif qui seul s’en aperçoit. Nimrodor est arrivé, tiré hors de son domaine par on ne sait quel barouf… Le moulinois qui a tant insisté pour que la belle reste dans son village, y prenne le fauteuil de Maire, arrive. Un peu hagard, hébété. Mais le geste prompt. Tandis que Bettym et Modso regarde ce qui avait manqué de peu devenir dépouille, tandis que Jardin s’éloigne après un hommage en forme d’excuses, alors que Marty s’écarte, le tavernier récupère la belle.

Le monde continue de tourner, les secondes s’égrènent dans un rythme fou, et Nim s’acharne à sauver ce qui peut l’être. De berger il devient médecin de fortune. D’une chemise il fait des lambeaux. Il parle, la force à ouvrir les yeux. Observe, nettoie… Il ne peut faire plus, mais l’intention est là. Le bandage noué. La moulinoise sauvée… Pour un temps au moins. Pupille en reconnaissance exacerbée envers son ami. D’autres ont suivi, les missives aussi… Mais pour l’heure c’est le sommeil qui la gagne… Repos de la guerrière. Rassurée. Il a eu les mots qu’il fallait. Moulins n’a pas été prise.


[Quelques jours plus tard…]


Deux jours alitée, sans pouvoir se lever. La respiration est haletante, précipitée. Un sifflement s’échappe de sa gorge, qui fait ourdir le sang dans la plaie non recousue. Lorsque la conscience se fait sous les paupières, l’iris réclame son dû de lumière, et Apo rouvre les yeux sur un duché dévasté par les luttes intestines. Elle qui rêvait de le voir s’éveiller à nouveau est dépitée de ce qu’on lui raconte. Les mensonges, les magouilles, retournement de vestes, demi-vérités et contre-attaques… Tout est dit et rien n’est clair… Elle qui a tout vu de l’intérieur est déçue... Trahie par les siens, elle qui s’est battue un peu partout. Si on lui avait dit un jour que c’est à Moulins qu’elle serait convalescente, elle aurait ri au nez du plaisantin. Moulins, le Bourbonnais… Sa terre, sa vie. Son rien, sa perte. D’une voix sourde, rauque, essoufflée, elle dicte la lettre que l’on placardera sous celle de sa Lune. Sa lettre de dégout, sa lettre de démission d’une institution pour laquelle elle œuvre depuis plus d’un an. Sa lettre qui demande aussi officiellement son entrée au Palazzo… Elle qui avait pourtant dit « plus d’étiquette, je vous aime, Libertad, je vous suis, mais je n’intègrerai pas la Confrérie… » Et sentir aujourd’hui qu’elle est des leurs. Eux qui ne la trahissent pas à la première occasion de choper un grain de pouvoir pourtant si futile dans une course à la vie.

Lorsqu’elle se relève, elle prend connaissance du mot de Kory… Le sourire fleurit sur ses lèvres et en elle. Ainsi il y a encore des auvergnats qui n’ont pas oublié le sens du mot famille, ou celui de soutien, respect, valeurs… Kory. Pourtant la première à lui avoir fait sentir le froid du métal qui transperce sa peau. Une rencontre impromptue dans un champ angevin, comme on prendrait le thé, des épées en plus, un ventre en moins, une cicatrice pour décorum. Comment en vouloir à celle qui suivait des ordres en aveugle, comme l’a fait Yal il y a quelques nuits, en lui plantant sa lame dans la gorge ? Comment peut-on en vouloir à ses compatriotes ? Comment… comment peut-on les attaquer aussi ?

Elle entend les rumeurs, ça cherche des responsables. Elle en rirait si elle ne trouvait pas ça si pitoyable. Lorsque d’un pas mal assuré elle rejoint les tavernes, elle écoute les nouvelles, se renseigne. Oui, Moulins est derrière elle, eux qui la voient œuvrer depuis des semaines pour le bien-être du village et de ses habitants. Oui, ceux qui la connaissent et la côtoient ne la jugent pas. Certains semblent encore dotés d’esprit critique. D’autres semblent avoir perdu la tête… Certains par haine du Duc, d’autres par crainte de la COBA, les derniers dans l’espoir de grappiller les miettes d’un pouvoir désuet. De déceptions en bonnes surprises, Apolonie tombe des nues. Des attaques continuelles… Un procès maintenant ? Comme un mauvais rêve qui refuserait de la laisser se réveiller… Comme prisonnière d’un tourbillon sans fin. Libertad encore mis en cause alors qu’ils n’ont rien fait. Son médecin entre la vie et la mort. Elle répond aux questions. N’a que la vérité en bouche, elle qui ne sait pas mentir. Un dernier courrier, dicté difficilement tandis qu’elle surveille par la fenêtre de la taverne l’arrivée de son andalou, de celui qui seul arrive à lui faire percevoir un avenir.


Citation :

Aux Auvergnats,
Au Duc,
A mes détracteurs et aux autres,

Je vais vous répéter, pour la dernière fois, le déroulement des évènements. Simplement et sans jugement. Sans fioriture. Dimanche dernier j’apprends la mise en place d’une loi martiale. Pas la première, pas la dernière, ni ici, ni ailleurs. Mon frère arrive juste à Moulins, je demande une autorisation pour sa venue. Qui m’est accordée. Puis j’apprends qu’une lance d’amis veut juste passer une soirée à Moulins avant de repartir. De nouveau je demande des laissez-passer. Interrogatoire avant de me les accorder. C’est que la lance appartient au mouvement Libertad. Qui, même s’il n’a jamais commis de crime en BA, et qu’il n’est pas recherché par d’autres duchés, est surveillé. Je donne ma parole, et contrairement à d’autres, elle vaut de l’or, qu’il ne sera pas touché au Bourbonnais Auvergne. Encore moins à Moulins, comment mes amis pourraient-ils envisager de piller une ville dont je suis la maire légitimement élue ? Ils devaient arriver le vendredi, repartir samedi.

Asturion et Ninjaturtel, puis Azdrine, m’accordent leur confiance et les autorisent. Nous sommes lundi… Et une armée stationne devant mes remparts. Un courrier, laconique, de Jardin. Je le mets en ami à la suite de sa demande. En lui précisant clairement que je ne souhaite pas le voir entrer. Mardi… je réalise que cette armée est signe d’un manque de confiance. Je réalise aussi qu’en ami, elle peut entrer et me destituer sans que je ne puisse rien faire ensuite. J’apprends, par bribes, qu’en fait Asturion a juste voulu la détourner de Clermont. Un climat de méfiance s’installe. Et je retire le statut d’ami à cette armée. Si le but réel de sa présence est la protection, alors Jardin peut aussi bien le faire de l’extérieur. Jeudi… Jeudi je reçois un courrier d’Azdrine. Asturion vient me voir, me prévient que Jardin veut entrer. Me demande s’il est en ami. Je réponds que non, et que je vais défendre. Astu m’assure que Jardin n’en a pas reçu l’ordre, qu’il désobéit. Je fais confiance, l’agrément du duché lui est retiré, à partir de là : ce n’est plus une armée ducale, je n’ai pas à la laisser entrer dans une ville qui de toute façon est sure. S’ensuit un combat dans lequel je suis grièvement blessée, ainsi que d’autres. Et un débat sur le responsable de la faute.

Il n’y a pas de réels responsables. Mais seulement quelques victimes. Du combat : Svali, Riderfort et moi. Du bordel qui s’ensuivit : Hijikata, un ami, poutré par une armée alors qu’il venait me soigner et assurer le suivi médical de Dame Sélène d’Hambers, mon amie également, qui l’attendait à Moulins avant de repartir. Pour cela, au lieu d’obtenir réparation, nous sommes menacés de procès. Personne ne voit-il donc le ridicule de la situation ? Le ridicule du Bourbonnais-Auvergne ? Vous, les Nobles, vous avez été atteint par cette tragédie ? Vous, les paysans, ça a modifié votre vie ? Non… Je ne suis pas sûre de pouvoir me remettre de ma blessure, faute d’un médecin. Mon ami non plus. Libertad a été attaqué, et le BA en paiera les frais un jour, ce que je regrette amèrement. Au lieu de travailler à la grandeur du duché, vous l’avez rabaissé. Quel bel effort, quel beau résultat…

Je n’ai aujourd’hui que le sentiment d’un terrible gâchis. Jardin, tu as surement commis des erreurs, désolée que tu les paies aussi cher. Asturion, tu as eu peur. Peut-être n’as-tu pas les épaules pour être Duc… Peut-être apprendras-tu, tu es plein de bonne volonté… Mais cela vaut-il tout ce barouf pour une leçon de droiture ? Je me retrouve blessée, trahie, proie facile à une infection. Tellement dépitée par les évènements que je ne me sens plus auvergnate, ne reste en moi que la moulinoise… Jusqu’à abandonner un poste qui me tenait à cœur. Mes amis sont touchés. Le duché est touché.

Quand allez-vous mettre un terme à cette folie qui semble s’être emparée de vous ? Êtes-vous si désoeuvrés ? N’y a-t-il rien d’autre pour vous occuper ?

Je m’en retourne gérer de ma mairie. Je vous laisse à vos luttes intestines qui ne me concernent plus. Battez vous pour des chimères, je reste à Moulins. Puissiez-vous recouvrer la raison autant que j’espère recouvrer la santé.

A Moulins !
Aux Auvergnats !
Salud y Libertad !

Apolonie, dame d’Orval
Bourgmestre de Moulins.


La missive est donnée à un coursier pour être placardée là où elle sera lue. Les épaules s’affaissent, alors qu’elle peine à récupérer son souffle… Et puis, assise dans sa taverne, elle laisse flotter ses pensées vers les souvenirs auvergnats, libertadiens, gascons… Elle essuie d’un poing rageur la larme qui roule malgré elle sur sa joue, pour offrir aux moulinois le visage décidé et fort de celle qu’ils ont choisie comme maire. Et sourit à ses amis. Salue la fidélité de Bettym, de Marty, Grid, Nim, Lilou, Ninon, de son frère qui reste avec elle, de sa souris qui inspire pour ne pas qu’elle expire, de Libertad qui reprend sa route et qu’elle n’aura même pas pu voir, alitée. Range précieusement la lettre de Kory à laquelle elle répondra bientôt. Envisage un dernier passage à la chancellerie où elle se sentait si bien. Puis somnole un instant, attendant son rouge poète qui saura lui redonner courage et conviction. On attend la suite, on espère l’avenir… Pour le reste, on verra…
Yal a écrit:
[Jeudi soir, aux portes de Moulins]

Ayant reçu l'ordre d'intégrer l'armée Jardin, le Sergent-chef Yal, avec trois de ses hommes lisait quelques rapports dans sa tente à la lumière d'un chandelier. Il trouvait le temps long et ses yeux commençaient à se fermer quand un bruit le fit sursauter. C'était le signal de rassemblement. Interloqué, le sergent-chef attrapa son paquetage et se rua hors de sa tente pour comprendre l'origine de tout ce tintamarre.

Les ordres arrivaient au compte-goutte et il comprit rapidement qu'ils allaient devoir se déplacer cette nuit. Pourquoi, il l'ignorait, mais les ordres étaient les ordres. Il vérifia son équipement ainsi que celui de ses hommes puis suivi les soldats de Montpensier qui ouvraient la marche. Il lui semblait que l'armée se dirigeait vers Moulins mais il se dit que le Connétable devait avoir ses raisons.

A peine étaient-ils entrés dans la ville que des groupes de moulinois arrivèrent armés d'épées et de bâtons avec apparemment la ferme intention d'en découdre. Il dégaina son épée pour se défendre et lança à ses soldats.


Attention, ce sont des Moulinois, défendez-vous mais évitez de les blesser.

Le bouclier brandi, le sergent-chef tentait de se protéger des assauts de la maréchaussée, mais les assaillants étaient trop nombreux et son épée devait être plus vigoureuse s'il ne voulait pas finir à manger des plantes par la racine. Il se ressaisit, et même si ça lui faisait mal au cœur de se battre contre ceux qu'il s'était engagé à défendre, il n'avait à présent plus le choix.

Après de longues heures de lutte, la fatigue commençait à se faire terriblement sentir et l'épée du Sergent-chef tournoya une fois de trop. Celle-ci atterrit en haut de la poitrine d'un femme qu'il reconnu tout de suite. Sa lame gisait près de la gorge de son ancien Sergent et actuel bourgmestre, Apolonie. Il lâcha le manche de son épée et tomba à genoux aux côtés d'Apolonie d'où le sang coulait à flots.

Qu'avait-il fait? Pourquoi cette bataille? Lui pardonnerait-on un jour ?

Désarmé et voyant des silhouettes arriver dans sa direction, il prit lâchement la fuite jusqu'à la rivière et s'assit au bord de l'eau. La tête entre ses deux mains, des larmes se mirent à couler le long de ses joues. Pourquoi?... A quel point les dirigeants de ce Duché étaient-ils stupides pour en arriver à cela?... Allait-il devoir démissionner, quitter la ville?... Il ne comprenait pas et se sentit seul au monde, seul comme il ne l'avait jamais été. Puis cette solitude se transforma en colère puis en rage...

Exténué, Yal finit par trouver le sommeil alors que les premières lueurs du jour apparaissaient.

Deux petites heures plus tard, le soleil le réveilla. Tout se mélangeait dans sa tête, avait-il rêvé? En apercevant la rivière devant lui, il réalisa à quel point la situation était dramatique. Il se leva et rentra discrètement chez lui. Plus tard il devrait aller à la caserne pour tirer cette affaire au clair...

Une page venait de se tourner dans l'histoire de Moulins et de la COBA. Si d'après le proverbe après la nuit vient l'aube, il allait vraiment être temps que l'aube pointe le bout de son nez...
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MessageSujet: Re: Quand la COBA laisse une maire se faire tuer par un fou   Sam 18 Oct - 16:58

Apolonie a écrit:
[… L’avant…]

Posée en tailleur sur un comptoir. Position favorite de la demoiselle. En pleine réflexion. Sous sa chemise, une plaie aux tissus violacés. Parce qu’elle ne l’a pas vraiment faite soignér. Une couture faite par un voyageur de passage à Moulins, un bandage qui se délite faute d’être changé régulièrement. Elle ne s’en occupe pas. Comme si l’infection ne l’inquiétait pas, comme si la mort qui la guette, la cherche depuis le début de l’été ne l’effrayait pas. D’un haussement d’épaules elle chasse les inquiétudes de son entourage. De toute façon la plupart des siens sont sur les routes. Pas d’raison de les inquiéter inutilement.

Cette blessure en cache une autre, plus profonde. Depuis une dizaine de jours, Apolonie se demande qui elle est. En quoi elle croit. Perdue. A-t-elle fait les bons choix ? Qui est-elle ? Pourquoi en est-elle arrivée là, dans un duché qui la rejette, sur un comptoir, à gratter inconsciemment une plaie qui s’infecte un peu plus chaque jour ? Coupée du reste du monde, coupée des siens, elle se laisse aller à la mélancolie. L’enchainement d’évènements… Comment… Vendôme… tout a commencé là-bas.

Quand elle est allée rejoindre Shura, quand elle a rejoint les Sentinelles avec lui, quand elle a perdu Willen. Quand sur le chemin du retour elle a rencontré Bireli et Libertad. Quand elle a quitté Moulins pour huit longs mois. Quand elle a filé en Provence, Lyonnais, Bourgogne, Berry, Touraine, Anjou, Poitou, Guyenne pour atterrir en Gascogne. Quand sur le chemin elle s’est retrouvée assaillie de parchemins annonçant les uns après les autres la mort des êtres chers. Quand elle a perdu un frère, un parrain, un chambellan après l’autre, une petite dizaine d’amis…, quand tout ce qui la rattachait à la jeune fille a disparu, quand la douleur s’est creusé une place si importante en elle qu’elle a voulu faire souffrir…

Quand l’Apo s’est réveillée…
--Apo. a écrit:
[… L’Autre…]

Douleur, chagrin, tristesse en bandoulière, comme drainés par le sang, son sang et celui qu’elle veut verser… Malheureuse, noyée par les sanglots qui obstruent sa gorge…
Les ongles enfoncés dans une peau martyrisée. Des entailles, des choix… Un enlèvement, deux… Le départ vers le Sud. Pas de bronzette au programme, mais la dévastation en règle d’un duché.
Les autres y sont, son regard froid, l’azur assombri à paraître noir. Sur la route croiser une berrichonne. Apolonie dans un coin, l’Apo qui frappe. Qui emmène… L’sourire en coin en accompagnateur. R’trouver les autres… Visiter l’intérieur d’mairies qu’sont pas les siennes. S’marrer comme une baleine en enfonçant la lame dans l’corps des pécores innocents qui font rien qu’à défendre leurs maigres biens.
Et adorer ça… S’battre, pour l’plaisir, talocher, entailler, mordre, juste comme ça, parce que ça fait du bien, parce que l’sang c’pas çui des siens, parce qu’on s’marre bien en comparant les tableaux d’chasse…
Parce que des fois, pas être sage, ça permet d’vivre presque bien… ça aide à gérer l’reste. Quand on s’fout d’la mort, on s’fout du deuil. Pis on rigole, on s’défait p’tit à p’tit c’qui nous f’sait. Pourquoi s’faire chier à être poli alors qu’on peut juste dire c’qui nous passe par la tête ? Pourquoi s’emmerder à ménager les égos alors qu’on peut juste gonfler l’sien ?
Sauf qu’on en finit par s’perdre, un peu… A trop vouloir s’oublier, on finit par plus s’retrouver. La chope trouve une place naturelle dans une menotte balafrée dans c’qui semble une autre vie. Vivre, enfin, sans les chaines de la diplomatie chevillées au corps, ranger dans un coin les sourires timides et phrases mielleuses…

Rester soi-même, ou plutôt le devenir. Y croire. Et perdre. Lui, la vie, les espoirs, le groupe. Perdre avec cette épée gasconne l’envie de se battre, voire même se survivre. Rester trois jours allongée, au souffle imperceptible.
Les poings ne se serrent plus, la mâchoire ne se crispe plus. Epaules en délassement involontaire. L’corps en mode reset. Et les bouffées d’amitié, d’amour en tourbillon chaleureux. Laissez-moi, lâchez-moi… Ramenez-moi…
Entourée, aimée… la paupière se relève, la blessure fait douiller et la douleur physique remplace la mélancolie, la tristesse… On profite des autres…

Et l’Apolonie revient à la vie…
Apolonie a écrit:
[… Retour à la vie, entre dépit, rire et trahison…]

Retour à la vie. A la souffrance, pas la même… On aurait cru à la rage, elle n’est revenue que pour eux. Accès de sentimentalisme ou cœur brisé en étendard, b’soin des autres… Qui repartent. Un mois, presque seule, une souris en inspiratrice concentrée, les pensées qui refluent, telle une marée incessante. L’Auvergne. Chez elle. Un besoin de revenir aux sources pour se reconstruire. Se sentir à la maison et repartir du bon pied.

Guérison. A peine le corps peut-il supporter le voyage qu’elle repart. Elle rentre. Moulins et ses murailles en vue. Retrouvailles en émotions exacerbées. Respirer, souffler, inspirer, emplir les poumons de l’air auvergnat. Flâner dans des rues, y croiser habitants et visages connus. Sourire niaisement à la vie, faire visiter à ses amis sa terre, chez elle. Envisager une reconversion, proposer une candidature en pari perdu. Bourgmestre de son amour de village. Peu importe c’qu’elle a fait avant, peu importe ce qu’elle est devenue, qu’elle avale les syllabes ou s’moque des vagabonds.

Ceux qui la connaissaient retrouvent en elle c’qu’elle était, un étrange mélange entre l’auvergnate, la jeune fille parfaite, l’anoblie et la mercenaire en goguette… La pupille en amusement pétillant, elle s’promène s’balade et sur ses remparts s’prend une épée. C’qui en découle est un grand n’importe quoi… De rumeurs en conneries, de ragots en racontars. Personne n’sait vraiment ce qu’il s’est passé, mais peu sont ceux qui viennent le lui d’mander.

Pour autant elle n’a jamais refusé une explication. Elle pourrait leur dire : bah voilà, l’était plus allié, moi j’défendais, rien attaqué… Juste laissé les portes fermées. Elle dirait toute cette manipulation, machination, orchestrée à plusieurs mains. Elle point’rait bien du doigt l’pseudo sauveur, qui ferme sa gueule plusieurs mois d’affilée, et r’vient toujours, quand avec ses phrases assassines il a foutu l’bordel, pour s’la jouer grand duc, avec son parti au nom qu’elle préfère en minuscule, histoire d’y boire une bière fraiche.

Hier, un pigeon à la con s’est posé sur l’rebord d’la fenêtre de la taverne où elle bossait sur quelques parchemins municipaux. Quand elle a reconnu le sceau, elle savait déjà c’que c’était. Les épaules en affaissement dépité. La lèvre qui s’mord dans une moue de dégout, d’incompréhension et entre ses omoplates déjà elle ressent l’ardente piqûre du poignard ducal. Ca fait mal, ça brûle… Sa plaie infectée au dessus du sein gauche, à côté de la déception que lui inflige son duché, n’est qu’une égratignure de chat sur la paume. Haute Trahison…

Elle ne regrette pas d’avoir quitté la Chancellerie, elle ne regrette pas de se replier sur Moulins, elle ne regrette que le fait d’avoir servi l’Auvergne aussi longtemps. Elle ne regrette que les milliers de discours tannés et répétés, à Libertad, à ses amis, aux habitants des comtés parcourus… « Le BA il est beau, il est bien… Le Bourbonnais, c’est merveilleux... Solidarité, reconnaissance, richesse de cœur et d’âme… Les volcans ? Bercés par l’amitié, par l’entraide… L’ambiance ? Confiance, loyauté. N’attaquez pas, venez visiter, vous verrez, chez moi c’est beau. » Elle vomirait aujourd’hui les mots qu’hier elle prononçait étoiles dans les yeux et conviction à chaque syllabe.

Désolée pour Jardin, désolée pour elle… Désolée pour tous ces moulinois qui ont voté pour elle, qui ont défendu avec elle, trahis avec elle par cette assignation à résidence, par ce futur procès. Déjà quelques missives de soutien. L’sourire à demi éteint elle déchiffre les propositions pour la représenter, s’étonne de certaines, et puis après tout, si ceux qu’elle pensait ses amis retournent leur veste, pourquoi n’pas prendre un ennemi comme avocat ? Risque plus rien après tout. Car Apolonie l’sait… Auvergnate, malgré tout. Qu’on la taxe de traître, et elle aura perdu tout c’qui la maintient en vie. C’qu’elle est d’puis toujours. Son trésor, tout c’qu’elle possède : l’intégrité, la franchise à défaut d’l’honnêteté… N’jamais mentir, faire c’qui parait juste…

L’soupir s’prolonge un instant, et pis comme la bonne fille qu’elle reste, elle r’tourne à sa mairie, elle r’tourne au reste… joue du bout du doigt avec une ficelle sur laquelle elle tire, réveiller des morts, pour vivre ailleurs c’qui a disparu ici… Pour l’reste, on verra…
Bettym a écrit:
Elle avait appris la nouvelle qui n'en était pas une. Son amie Apo allait être traduite en justice pour Haute Trahison. Mais qui avait réellement trahi ?

La douanière s'était battue bec et ongles pour faire comprendre aux "pontes" du duché que Moulins n'était pas en danger. Son prévôt Azdrine l'avait compris et avait averti le conseil des informations qu'elle avait fournies ; conseil dont faisait partie le Connétable Jardin et qui était pleinement au courant de tout ce qu'il se passait dans sa ville.

Elle s'était battue également pour faire entendre raison aux soldats qui croyaient aveuglément leur EM et leur Sénéchal Jardin. Mais savaient-ils qu'ils étaient manipulés tout comme l'avait été Jardin ? Savaient-ils tous ces soldats que l'EM était au courant de ce qui devait arriver à Jardin ? Non, et ils ne le sauraient jamais pour la simple et bonne raison que ça puait la magouille politique.

Elle était déçue de ce duché où elle avait voué toute sa vie ou presque. Elle avait été blessée par les propos du Duc et Pair Tixlu qui lui avait fait nettement comprendre que la maréchaussée et la douane n'était pas digne de confiance. Elle avait été déçue par l'attitude du Duc Asturion qui baissait ses braies dès qu'il y avait une petite menace.

Toujours est-il qu'elle avait fait un choix. Ne plus servir son duché qui l'avait trahie, elle, qui avait toujours fait en sorte que le Bourbonnais-Auvergne soit sécurisé. Comme quoi, la dévotion était bien mal payée, de même pour la fidélité. Elle commençait à comprendre bon nombre de citoyens "modèles" qui avaient trahis... Elle ne les approuvait pas, mais ne les condamnait pas non plus.

Elle s'approcha de la mairie où elle était sûre de retrouver son amie. Et elle était bien là, la mine déconfite. Son visage exprimé sa déception et surtout l'amertume. Elle avança jusqu'au bureau et un sourire timide aux lèvres...


Tu n'es pas seule, ma grande ! Tu auras toute mon aide et je sais malgré ce que le duché déclame que tu n'as jamais trahi le BA. Allez viens boire un coup à la Trahison du Conseil et de l'Etat Major.

L'humour noir était la seule arme qu'elle avait trouvé pour faire sourire la mairesse de Moulins. Un humour caustique, certes pour les non habitués, mais qui en disait long sur la mentalité des gens qui se disaient être au service du bien du duché...
Neils a écrit:
Neils avait passé une quarantaine de jours à Labrit auprès de sa maitresse convalescente. Il en ferait de même, ici, à Moulins.

L’écuyer enrage encore sur cette fichue situation, il ne sait plus trop contre qui ou quoi retourner sa colère, à vrai dire il le savait, mais Apo n’était pas de son avis, en vouloir au Duché, aux Moulinois ou à l’instigateur du pari ne servirait à rien.

Apolonie aime et aimera toujours son village et Neils sait très bien qu’il en sera toujours ainsi.

Lui, avait été banni de sa famille, n’avait que très peu d’amis, et accordait sa confiance seulement après de longues et minutieuses observations. Il se méfiait des honnêtes gens comme de la peste, et sur ce point la vie lui avait souvent donné raison.

Les regrets ne servent à rien ! Patience…, patience…, Apo est une battante, une vraie, une authentique, avec une foi à déplacer les volcans d’Auvergne en Gascogne !

Mais l’inquiétude le rongeait de l’intérieur, cette blessure…Neils reprend le contrôle de ses pensées en s’interdisant d’imaginer le pire.

Il va profiter de cette trainée de jours pour prendre des forces et parfaire son aptitude au combat, ainsi la prochaine fois il sera au côté de sa maîtresse une épée à la main.

Un léger sourire se dessine sur ses lèvres à la pensée du premier corps qu’il transpercera…car enfin il pourra assouvir sa colère de manière fort concrète !
Apolonie a écrit:
Parchemins en pagaille contrôlée... En tailleur sur son bureau, chopant parfois d'un bout d'sa dague le papelard qui lui manque pour un calcul. Dans l'ciel guetter le signal de la Conseillère au Commerce, qui l'aide gentiment d'puis son arrivée à la mairie à s'en sortir... Quoique depuis quelques semaines, Apolonie ne se débrouille pas si mal toute seule... Un sourire naitrait presque sur ses lèvres mordues au sang si elle savait qu'elle ne travaillait pas dans le vide... 'Fin elle se dit que ce n'est pas complètement inutile. Les Moulinois comptent sur elle, et la plupart d'entre eux lui manifeste leur soutien quotidiennement.

Elle entend d'ailleurs la porte de son bureau s'ouvrir. La dague en main, elle s'apprête, dans un réflexe appris au cours de ses pérégrinations dans le royaume, à l'envoyer dans l'minois de celui ou celle qui vient la déranger. C'est pas vraiment le moment en ce moment... Mais la main redescend vite, la lame retrouve sa place dans le lien de cuir qui la maintient le long de sa cuisse droite. Au milieu de la mine défaite, l'oeil pétille de bienvenue. L'soupir s'fait salut, et elle invite Bettym à s'approcher.



Tu n'es pas seule, ma grande ! Tu auras toute mon aide et je sais malgré ce que le duché déclame que tu n'as jamais trahi le BA. Allez viens boire un coup à la Trahison du Conseil et de l'Etat Major.

Le sourire apparaît enfin. D'un geste qu'elle voudrait souple et qui manque l'amener au sol, satanée blessure de m****, elle saute à bas du bureau et rejoint la belle moulinoise.

Oh bah j'crois qu'on pourra rajouter un godet à la santé du Duc, pis un autre pour ceux qui jugent sans prendre l'temps d'connaitre un peu les gens...
'Tain j'te jure Bettym, si seul'ment les gens prenaient l'temps de s'informer au lieu d'écouter rumeurs et ragots...
R'marque ça devient tellement compliqué, que j'galère même à expliquer la situation à mon avocat !


Se marre en prenant sous son bras celui d'la jolie brune, d'un geste rapide et furtif, elle replace correctement sa ch'mise pour que n'apparaisse pas le bandage piteux qui recouvre une plaie infectée et violacée. Se plaindre, jouer la victime, c'pas son genre. L'Apo gratte au fond des tripes, essayant d'reprendre une place perdue... Et Apolonie lutte tant bien qu'mal... Qui s'f'ra son nid sous l'crane de la bourgmestre ? Bah... On verra...
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MessageSujet: Re: Quand la COBA laisse une maire se faire tuer par un fou   Sam 18 Oct - 16:59

Bettym a écrit:
Un froncement de sourcils en la voyant manquer de peu sa descente de bureau puis un sourire timide quand elle rajouta "un godet à la santé du Duc".

Pour sûr que les ragots vont bon train. Quand je pense que certains s'amusent à dire que tu es la maîtresse de Nimrodor et qu'ils t'en veulent parce que soit disant, je serai cocue. Franchement... à croire que les gens n'ont que ça à faire ! sourire plus qu'amusé devant la situation grotesque. Bientôt, vous allez vous marier et avoir des enfants ! Alors que vous détestez aussi bien le mariage et les enfants tous les deux.

Elle ne put retenir ce fou rire qui la gagnait et toutes deux s'esclaffèrent en imaginant la situation des deux incorruptibles Moulinois.

Quand à cette affaire, j'imagine bien que ton avocat doit se tirer les cheveux en tout sens. Faut dire qu'avec tout ce qui a été dit comme imbécilité à ton égard pour se dédouaner de leurs fautes et mensonges, beaucoup de gens seraient dans son cas. Enfin...

Bras dessus, bras dessous, en route vers une des tavernes tant appréciées de Moulins...

Au fait, il paraît que Jardin serait démis de ses fonctions. Je me demande bien qui est le nouveau conseiller. Tu as eu des nouvelles de là-haut au Château de Clermont pour savoir car nous, les petites gens, on ne compte pas dans ce duché. Je me disais que toi, peut-être...

Elle observa la mairesse qui essayait de cacher le mal qui la rongeait. Bettym était partagée sur l'interprêtation des grimaces d'Apolonie : sa blessure la faisait-elle souffrir à tel point qu'elle n'arrivait plus à se contrôler ou la situation dans laquelle le Conseil l'avait mise pour l'accuser après de Haute Trahison en devenait insupportable ? Toujours était-il que si elle lui posait la question, la douanière aurait droit à un silence comme elle a l'habitude d'essuyer à chaque fois qu'elle dit "bonjour, comment vas-tu ?" à son amie.
Hijikata a écrit:
[ De moi à toi... missive... ]


Que faire... que dire... apres avoir pris une armée sur l'coin du nez... apres avoir affronté les fantomes du passé... que faire... venu dans l'coin pour soigner une amie... s'retrouve bloqué chez les pecores... heureusement sa cavaleuse est la... pense a la lune.. loin trop loin... qu'il devait accoucher... santé fragile... et que dire de son amie... sa premiere patiente... qui ne jurait que par son duché... une erreur.. oui peut etre... de l'incompetence... assurement... si pres et si loin... sans parler des nouvelles... quoi...? Apo... en proces...? pour...? trahison...? j'croyais que l'pantin s'était expliqué à ce sujet... se lever peniblement... choper dans sa besace un bout de parchemin... boiter d'une jambe.. ne pas bouger l'épaule... soupire d'incomprehension... une plume... une grimace... comment commencer... ha oui...

Citation :
Apo...

Mon amie... j'ai eu vent de la mésaventure que tu as eue... j'pensais pouvoir venir te soigner... malheureusement... j'ai eu un léger souci... a priori... l'BA fut une jolie embuscade montée contre nous... tu vois... j'sais meme pas quoi en dire... la missive risque d'etre courte... excuse moi d'avance...

Tout cela ne m'inspire pas grand chose... tu vois plus j'connais certains plus j'aime mon chien... bon d'accord... j'en n'ai pas... mais si j'en avais un... tu sais bien ce qu'on dit sur nous... nous sommes fous... possédés par j'ne sais quoi... nous mangeons les enfants et en plus nous manquons d'objectivité... bien connu tout cela... tu vois ces gens là... j'en ai vu... ramper de si peu dignes et si peu respectables qu’ils laissaient dans leur sillage des rires de complaisance aussi visqueux que les mucosités brillantes qu’on impute aux limaces...

Que dire de Polignac... ben ça parle... ha ça oui... ça n'arrête pas... des rumeurs... sur l'pantin... j'entend souvent dire du genre... " Ah ! le beau jeune homme que voilà ! Ah ! qu’il est beau ! Ah ! qu’il a la jambe élancée, la main fine et les dents longues !" et moi j'aurai envie de leur répondre à ce sujet... "Vous voulez dire qu'il ne ressemble à rien. Pas à personne" ... peut etre... et sur nous... sur moi... si tu savais ce que j'entends... je me heurte parfois à une telle incompréhension de la part de mes contemporains... qu’un épouvantable doute m’étreint: suis-je bien de ce royaume...? Et si oui, cela ne prouve-t-il pas qu’eux sont d’ailleurs...? des fois... envie de meurtre... j'pourrais en parler à ma cavaleuse... j'en parle à mon armurier... alors à la place... j'manifeste tout seul... au reste mes idées sont trop originales pour susciter l’adhésion des masses bêlantes ataviquement acquises aux promiscuités transpirantes et braillardes inhérentes à la vulgarité d'un pantin qui s'est imposé ici.

J'me souviens d'une parole que j'ai souvent entendue en taverne à Chinon... "Il ne faut pas désespérer des imbéciles. Avec un peu d’entraînement, on peut arriver à en faire des militaires"... l'coin y arrive parfaitement... Regarde les s'agiter, regarde les gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent charettes à l'heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d'un coup, ça s'arrête, sans plus de raison que ça n'avait commencé et, l'opportuniste, les traites, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Aristote jusqu'au bout de mon épée, tous, nous sommes fauchés, un jour, par le croche-pied de la mort imbécile et la loi du duché s'efface devant la loi des asticots. Et resultat... tu aura vecu toi... sans honte... et tu continura à le faire...

Durant mes etudes... je suis tombé sur un bouquin... par hasard... je me permets de te le citer...

Prouve, explique, démontre, développe tes raisonnements lumineux, aligne tes arguments imparables, aie raison, mille fois raison, tu n'ébranleras pas l'imbécile. L'imbécile est imperméable au raisonnement, il ne sait même pas ce qu'est une démonstration, trop buté... et n'a nulle envie de le savoir... l'imbécile écoute, si! il ecoute, mais ne comprend pas... ou oublie qu'il avait promis la même chose peu de temps auparavant... l'imbécile te regarde avec un sourire de pitié... l'imbécile a sa conviction toute faite et a décidé que rien ne l'en fera changer, l'imbécile est inexpugnable. L'imbécile méprise l'intelligence. l'imbécile a toujours raison... il est le nombre.

Oui j'm'énerve tout seul en écrivant... mais que veux tu... j'recèle en moi des réserves d’ennui pratiquement inépuisables... j'suis capable de m’ennuyer pendant des heures sans me faire chier... tout simplement en grognant... magnifique passe temps... tu ne trouves pas...? Moi qui ai pour habitude de rire de tout... là j'ai beaucoup de mal... vraiment... c’est dur… tout cela assombrit la jovialité monacale de ma mine réjouie...

J'me pose de ces questions... quand même... est-il con...? de deux choses l’une : ou bien il est con parmi d'autres tu me diras... et ça m’étonnerait tout de même un peu, ou bien il n’est pas un con, et ça m’étonnerait quand même beaucoup... mouarf... l'immobilité me fait bien du mal là... j'cogite... j'fais que ça...

Mais des fois j'me marre tout seul... imagine sur sa tombe... "ci-git, qui savait nager sur le dos et ramper sur le ventre comme personne, qui trahissait à tour de bras comme on pète à Labrit, c’est-à-dire sans bruit, a vécu tellement courbé qu’on a pu l’enterrer dans un carton à chapeau"... j'espere t'avoir arraché un sourire là.. car moi j'me marre encore...

Tu vois... l'intelligence de savoir se faire petit et d'assumer ses actes n'est pas donné à tous l'monde... d'où ce dernier passage qu'mon prof d'anatomie aimait me dire... « La culture et l'intelligence... c’est comme l’amour... il faut y aller par petits coups au début pour bien en jouir plus tard. »

Ton doc...

Hijikata

Refermer la missive... faire venir son imbecile de pigeon... et l'regarder s'envoler au loin... et repartir jouer avec les miettes... ou penser a se mettre au cassage de pierre avec l'front... m'enfin... comme elle dirait... on verra...

[ Hrp/ Passages multiples de l'ouvre de Pierre Desproges... ]
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