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 Orgueils et préjugés

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Gypsie

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MessageSujet: Orgueils et préjugés   Sam 18 Oct - 17:00

Hijikata a écrit:
[ Roulette Auvergnate ou l’art de la traîtrise… ]


Coincé entre deux folles… d’un coté une chauve malade de ramponneau, heureuse de vivre devant l’éternel… de l’autre… une cavaleuse belle comme un vol de chauve souris sous la pleine lune… et au milieu… un Doc qui en prend plein les dents… heureux… certainement… un âge d’or pour l’Doc… assurément… les mots giclent de chaque coté… les sourires illuminent les routes… les rires se font entendre trois cent lieu à la ronde… l’Qlipoth est animé… bien plus de vie que dans certains villages…

Une arrivé à Mende… une nouvelle… un changement de direction… Apo… sa patiente… mais surtout son ami… elle… qui l’a relevé maintes fois… qui l’a soutenu sans cesse… une promesse que l’Doc lui avait faite… être la devant elle pour la protéger… son duché tant aimé… maintes fois vanté par ses paroles… un duché soudé… qui sait faire la part des choses… ben bien planté l’Apo mine de rien…

Changement de direction… va aller soigner l’Apo déjà… et surveiller la grossesse de la lune… arrêt rapide à Polignac… l’temps de passer pour un dépravé… ha ben faut assumer sa connerie… il assume l’Doc… manquerait plus que ça… toujours pas de ramponneau en vu pour la joueuse chauve… ça la fait grogner…

Comme un pressentiment… avant d’partir… une offrande… des paroles… un sentiment comme oublié… qui ressurgit… s’mettre en selle… voyage paisible… mais rapide… Apo risquerait d’avoir besoin de ses soins… fait pas confiance aux autres médicastres quand il s’agit de la vie d’Apo et de la santé de la lune… puis ça ferait plaisir de revoir l’étoile aussi… sans oublié l’rendez vous de la vielle branche…

Arrêt forcé… drapeau qui flotte… emblème du duché… aucun problème… sont prévenu de notre passage… des cries se font entendre… ça se rapproche… ils chargent les pécores… une petite pensée pour la bourgmestre de Moulin… sympa ton duché… prendre les choses en mains… sont pas très nombreux… mais bon… y à la chauve… et puis sa cavaleuse… veut surtout pas l’embarquer dans un combat… un regard vers les deux… pourquoi lorsqu’il trouve une certaine quiétude… y arrive toujours quelque chose…


Tirez vous…

Bougent pas les donzelles… geste d’impatience de la part du Doc… dégaine son Izu… veut pas qu’on touche à elle… les deux invités de son Qlipoth… claque les fesses des deux chevaux…

Partez… j’vous rejoins ensuite…

Voix calme… sereine… juste un ton au dessus de son habitude... L’Doc perd jamais son sang froid… ‘fin normal pour un médicastre… en plus il a quelque chose à protéger… sourire rassurant à Jenn… les donzelles filent… bon… maintenant… plus trop l’choix… arrêter une armée… même seul… ça risque d’être coton mine de rien… plus question de se battre uniquement pour se rapprocher de la mort… l’Qlipoth est la… bien suffisant… mais se battre aussi pour les deux pénibles la qui viennent de partir… et cette fois réussir à le faire… l’BA… beau piège à con… qui les a prévenu de leurs passages ici… ces types la en face… personnes ne les connaît… comment ils savent qui il est… ? on les aurait vendu… ? peu importe… des vilenies de ce genre… ça se payera… forcement… la ils font les beaux… les forts… car ils ont qu’une personne contre eux… partirais en mouillant leurs braies s’il l’Doc n’avait pas été le seul en face… en attendant… il est seul… donc…combattre… du mieux qu’il le peut… pas vraiment son truc quand même… meilleur pour broder les gens et se pendre des choppes dans la tête… quelle idée à la con… aurait mieux fait de se casser une jambe…

Cheval qui file vers la cavaleuse… tout faire pour les retarder…éclat de bois transperce l’épaule gauche… bruits d’acier… de plus en plus lointain… sentiment étrange… chaleur et muscle lacéré… heureux d’avoir permis a la joueuse et a la cavaleuse de sortir de ce piége… et triste de plus pourvoir les suivre… d’avoir entraîné sa cavaleuse là-dedans alors qu’elle n’est même pas libertadienne… heureusement… doivent être loin maintenant les donzelles… tout devient blanc… pas noir comme le Qlipoth… juste blanc… instant ou la douleur n’est plus de mise… ou l’corps physique échappe totalement à la raison…

S’laisser envahir par cette douche chaleur enivrante… se sentir ballotter dans tous les sens… bruits ont cessés… lumière blanche s’est transformé en ombre noire… plus bas dans l’Qlipoth… plus bas que le dépotoir des âmes… plus bas que les intestins de l’enfer… profond quand même ce p’tit endroit mine de rien… revoir surgir certaines choses qu’il pensait oublié depuis longtemps… ressentir une déchirure… liquide chaud sur soi… ne pas se débattre… comprendre petit à petit ou ce trou sans fond l’emmène… près de sa femme sûrement… il a tellement souvent voulu la rejoindre… mais pas maintenant… tôt… bien trop tôt… et puis… doit raser régulièrement l’crane à l’Ermy… puis une promesse faite à la cavaleuse… l’âme quitte lentement l’corps… comme à son habitude… mais différent cette fois… l’corps physique se retrouve sans corps astral… sans vie… fin minable… devant des minables sans nom… se laisser enlacer par Ashura… bercé par une douce mélodie… comme une flamme vacillante devant un vent de plus en plus fort…


Mort…?
Ermesinde a écrit:
[Et les volcans se réveillèrent …]

Le ventre de la terre s’était tu depuis longtemps déjà en Auvergne . Rien à Polignac ne laissait présager ce soir là qu’un volcan allait se mettre de nouveau à gronder et cracherait bientôt une lave incandescente ...

Sortie de taverne tumultueuse à la tombée de la nuit . Des envahisseurs se posant en colonisateurs sur un « dôme » et appelant délocalisation immédiate , quelques fumeroles s’échappant par les « ouvertures » latérales du crâne rasé d’Ermesinde , un premier jet qui fuse en direction d’un Coupe-Tif d’un jour :


Je te roulerai dans la boue en combat à main nue …tu ne perds rien pour attendre !


Mais le temps pressant , il ne fallait pas s’attarder : on les attendait ailleurs . La soirée avait été plutôt agréable . Certes , il y avait bien eu quelques rencontres inopinées en taverne et cette tournée générale qu’elle avait offerte en présence d’un maréchal au cri de ralliement des Rouges mais aucune agression … ce n’était pas dans sa manière d’être ni de concevoir la vie . Amorcer un dialogue avec une certaine « Cléclé de Machinchose », nobliote , persuadée d’avoir en face d’elle un de ces «bourrels » comme il était devenu commun de les appeler .

La mort n’était jamais un but en soi dans les actions entreprises avec les siens . Son combat était ailleurs mais entendaient-ils seulement ? Elle avait pourtant l’habitude de murmurer à l’oreille des bourrins depuis l’épisode des baudets du Poitou mais quand ceux-ci portaient des oeillères , ils étaient souvent privés d’une vue d’ensemble et la peur décuplait toujours la violence lorsqu’on ne pouvait « voir » les choses , rendant parfois sourd et hermétique à toute tentative de communication .

Ils avaient néanmoins quitté la ville sans méfiance particulière . Aucun esclandre à leur imputer , ni tentative de déstabilisation de l’ordre établi . Des autorisations de traversée du territoire envoyées par des courriers amis leur permettaient même d’appréhender le voyage avec une certaine tranquillité d’esprit .
Ils cheminaient côté à côte et la jeune femme se plaisait à contempler deux tourtereaux : le Doc semblait avoir retrouvé sa joie de vivre et Jennsen s’avérait une compagne de route agréable . Ces deux là avaient trouvé leur point d’ancrage respectif . Espérer pour eux un port où ils pourraient s’amarrer sans craindre de grains . Elle avait laissé Hiji prendre la tête du groupe et son ami semblait prendre à cœur son rôle « d’escorteur » . Laisser les hommes penser qu’ils étaient anges gardiens leur procurait toujours une certaine joie et amenait invariablement un large sourire sur les lèvres de la libertadienne .

Elle en était là de ses réflexions lorsqu’un roulement de sabots se fit entendre . Des cavaliers arrivaient sur eux à toute allure . Une inquiétude … dans la pénombre , il était difficile de savoir qui ils étaient . Des cris fusèrent …une charge en apparence … traîtrise … ils auraient dû s’y attendre .
Leur compagnon avait déjà fait demi tour et s’était précipité à leur rencontre . Il avait pris quelques longueurs d’avance et avait engagé le combat . Les lames des épées s’entrechoquaient, faisant gémir l’acier . Elle tira vivement sur les rênes de Padmée , sortit sa Bleue, et poussa la pouliche en avant en piquant des talons . Elle essuya une première attaque par la gauche et leva son écu par réflexe . Le mouvement lui sauva sans doute la vie .

Citation :
14-09-2008 04:29 : Vous avez engagé le combat contre l'armée "BA Otchoa" dirigée par Favdb.
Un choc sourd sur son bouclier et un coup d’épaule brutal en retour pour écarter l’ennemi tandis que des jambes , elle amenait son cheval à peser de tout son poids contre la monture de l’adversaire afin de la déstabiliser .
Citation :
14-09-2008 04:29 : Favdb vous a porté un coup d'épée. Vous avez été secoué, mais vous n'êtes pas blessé.
Changement de proie sans doute car étonnemment, le scélérat s’éloignait déjà.
Elle n’apercevait plus ni Hiji , ni Jennsen dans la nuit . Aucun cri .
Le silence des agneaux … assourdissant….

Puis, une galopade … les agresseurs quittaient-ils déjà le lieu ? Pour quelle raison ?
Soudain , la lune fit son apparition et ses rayons vinrent caresser une chemise blanche au sol .


HIJI !!

Elle mit pied à terre et se précipita sur le corps immobile dans l’herbe . Sans vie ?
L’attrapant par les épaules, elle l’attira contre elle et cria :


T’as pas l’droit d’mourir !! T’entends ?! T’as pas l’droit !

Aucune réponse … une angoisse sourde ... Elle reposa doucement le buste de son compagnon de route , se redressa et appela dans l’obscurité :

Jenn ! Où es–tu ?!

La colère et la haine prirent le pas sur la douleur en son cœur . Un craquement de brindilles vint révéler une présence en approche dans son dos . Elle se retourna et une lame laissa échapper un scintillement sous les rais lunaires . Il y en avait encore un ... Elle s’avança vers le prédateur .

Hyène puante !
Le coyote va te répondre …


Elle enfonça le bout de son pied dans la terre et projeta des cailloux sur le visage de l’autre . Profitant de l’effet de surprise , elle lui asséna un coup à l’épaule .
Citation :
14-09-2008 04:29 : Vous avez frappé Rastaplegique. Ce coup l'a blessé superficiellement.
Charognards …
QUI SONT LES BOURRELS ?!
QUI SONT LES BOURRELS ?!!


Des nuages vinrent à nouveau masquer la lune l’espace d’un instant , suspendant les mots et les gestes . Lorsque l’astre réapparut, l’homme s’était dérobé , sans donner nulle réponse . De rage, elle abattit violemment son épée au sol et la lame, rencontrant un rocher, se brisa net .
Citation :
14-09-2008 04:29 : Votre arme a été détruite.
Elle hurla dans la nuit :

COURS ENGEANCE !!!! Va leur dire que je reviendrai et que d’autres viendront aussi . Le sang versé sera lavé ! Votre terre brûlera sous la lave des volcans que vous avez réveillés en ce jour !

LIBERTAD !


Ses yeux se reportèrent sur le corps inanimé du Doc et elle s’immobilisa . Sa main s’ouvrit lentement et laissa échapper la paume de son arme endommagée .

Une larme roula enfin sur sa joue et vint mourir sur son cou …
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Gypsie

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MessageSujet: Re: Orgueils et préjugés   Sam 18 Oct - 17:01

Jennsen a écrit:
[Après le beau temps, le cataclysme]

Voyage tranquille pour une destination inconnue.
Peu lui importait, elle était là pour Lui ; l'après, ils le vivraient au jour le jour, ainsi qu'ils en avaient discuté à plusieurs reprises.
Un sentiment partagé, deux vies à la parallèle contrariée. Rien de facile, rien d'évident dans cette volonté de respecter les choix de chacun.
Mais elle avait décidé d'être près de lui, tant que sa conscience ne s'y opposait pas.

C'est ainsi que de Montauban, où des retrouvailles avaient concrétisé une évidence en latence depuis des semaines, ils avaient rejoint Polignac, d'où ils devaient repartir le soir même.
Jenn avait essayé de ne pas se montrer trop curieuse sur leur destination : il ne lui appartenait pas de juger ni même de commenter.
En outre elle se doutait bien que la sécurité primait, ce qui passait par certains silences envers les "invités". Il était certes un peu gênant d'avancer à l'aveuglette mais elle faisait confiance à son mercenaire ; elle avait l'assurance de ne pas prendre part à quoi que ce soit de dangereux à son insu et la parole donnée lui était amplement suffisante.

Faisant fi de l'opinion de la populace locale qu'ils quitteraient le soir même -Jenn soupçonnant qu'Hiji n'en aurait eu cure dans tous les cas- ils avaient largement déliré en taverne, transformant cette étape en souvenir joyeux. En outre elle avait eu le plaisir de croiser un Ponot de ses amis, ce qui parachevait une journée somme toute ordinaire.

Heure de lever le camp. Recommandations d'usage sous un ciel revêtu de son manteau de nuit. Non, elle n'allait pas rester là bêtement toute seule ; oui, elle ferait attention de bien suivre...Et non, elle n'avait pas abusé de boisson alcoolisée!

Ça la changeait, de voyager accompagnée.. Et quelle compagnie! Celle d'un homme qui la veille encore lui offrait une preuve supplémentaire de l'attachement qu'il lui portait. Et puis cette jeune femme déjantée dont elle était devenue tacitement complice de ses asticotages envers le Doc'.
Enfin, elle redoutait forcément beaucoup moins les mauvaises rencontres sur la route. Ceci étant, le dernier brigand qu'elle avait rencontré lors de ses errances en solitaire, n'avait pu la délester que de sa bonne humeur, et devait encore s'en repentir.
Faire la causette à des humains de préférence à sa monture était quand même un tantinet plus enthousiasmant... pour ne parler que de causette.

Elle suivait donc le train de ses compagnons, Jenn, sans se poser de question inutile. Juste ne pas se laisser distancer, telle était sa mission.
Cet dans cet état d'esprit qu'à la faveur d'une petite halte, elle voit s'approcher des silhouettes, à vive allure.. Puis,, une clameur monte.
Instinctivement elle se tasse sur sa selle dans un mouvement de recul. Sa jument, elle, renâcle des quatre fers, comportement inhabituel chez cette bête d'ordinaire calme.


Pars, Jenn

Stupeur et incrédulité...Quelque chose lui échappe, mais qu'est ce donc? Interminables secondes de paralysie temporaire.
Cette fois le ton se fait plus ferme..


Pars… j’te rejoins ensuite…

Supplique fusant dans la nuit. Celle d'un homme qu'elle ne voulait pas abandonner, et qui lui demande de fuir. Angoisse sourdre de la raison de cette sonnette d'alarme.
Un regard éperdu dans sa direction.
Ne pas contrarier le combattant qui a besoin de sa concentration, elle va obéir, et s'éloigner, en proie à de longs tremblements nerveux.
Elle sait qu'il doit déjà se sentir coupable de la savoir là, là où rien ne prédisposait à ce qu'ils soient en danger.

Dents serrées, mains cramponnées aux rênes sa monture, elle n'échappe cependant pas si vite à ceux qui les attendaient.

Citation :

14-09-2008 04:29 : Favdb vous a porté un coup d'épée. Vous avez été secoué, mais vous n'êtes pas blessé.

Une lame qui s'abat sur son épaule, heureusement déviée par un bras salvateur, ou son bouclier, ou les deux, elle n'en sait fichtre rien. Violence du choc répercuté... dans la prunelle une lueur de reconnaissance mêlée d'inquiétude à l'adresse du beau brun qui l'a secourue, aux prises désormais avec l'individu
Incompréhension totale d'une situation qui lui échappe en même temps que son restant d'optimisme...Elle s'éloigne, hagarde, les pensées galopant plus vite que sa monture.

Au loin le bruit des lames et des cris de la charge, mais à l'évidence pas de poursuivant.
Ils ont trouvé des adversaires de taille, ça les occupe suffisamment pour qu'elle bénéficie de ce répit, qu'elle trouve soudain saugrenu, voire malvenu.
Qu'est ce qu'elle fait là au juste?
C'est à quelques foulées de cheval que ça se passe, elle ne peut pas attendre de savoir..sans rien faire.
Elle n'aime pas se battre, dégoutée de son expérience sur des remparts qu'elle eut à défendre, dans le temps, juste armée d'un bâton. Mais elle n'a pas peur pour autant, et surtout elle ne peut pas supporter de se sentir inutile, de ne pas lutter pour ce qu'elle a de plus précieux au monde.

Alors, une lueur déterminée dans le regard, elle se saisit de cette épée qui n'a jamais servi et tourne bride pour aller s'allier à ses compagnons.
Question de vie ou de mort, pas à se poser de questions ; attaque... riposte, rien que de plus normal.

En revanche, le hurlement qui perce la nuit l'est beaucoup moins. Il ne peut provenir que d'Ermy, et son sang se glace à ce qu'elle en déduit.
Elle a tôt fait de se retrouver sur les lieux qu'elle découvre déserts, à l'exception d'un cheval à la robe souillée de sang, et un peu plus loin une masse sombre, au sol. Jetant corps et arme à bas de sa monture, elle s'en approche aussi précipitamment que ses muscles tétanisés le lui permettent.
La masse prend forme...Une silhouette, penchée sur une autre. Elle a déjà compris, avant de les rejoindre.
Le regard s'attarde un instant sur le jeune femme dont la voix s'est tue, et qui silencieusement pleure un ami.
Brève étreinte de la main sur son épaule avant de se pencher sur le corps étendu, secouée de sanglots, et de lui parler, davantage pour se convaincre elle-même que pour l'espoir d'être entendue.


Ne me laisse pas.. Tu m'as promis rappelle toi.. Je suis là, je vais t'emmener te faire soigner..j'le f'rai moi-même s'il le faut...Je t'en conjure, respire, ne lâche pas!

La tension alors relâchée provoque un flot ininterrompu et désordonné de questions qui tombent sur une Ermy épuisée. Elle veut comprendre, Jenn.. Comprendre cette embuscade, se faire rassurer sur le sort d'un Doc', hurler sa peur et sa haine, enfin, sans se retenir. Ses yeux accrochent ceux d'Ermy, quêtant des réponses.
Et certaines explications arrivent, patiemment distillées par la jeune femme qui lui fait face en ravalant sa rage.
Pour conclure, elle lui lance, regard en coin :


Faut pas rester là Jenn, ou on est mal! D'autres pourraient venir.
L'Doc a l'air salement amoché, mais je dois tracer sans délai. Faudrait que tu t'en occupes...Retourner à Polignac est le plus court, tu t'sens d'le faire?


Pour sa part, Jenn n'a pas le courage nécessaire de s'assurer si un souffle de vie persiste dans cette masse inerte. Elle veut simplement y croire, et s'en persuader.
Il ne peut en être autrement, pas maintenant, ni jamais, elle refuse l'idée même de cette éventualité.
Il est évidemment hors de question d'abandonner ce qui fait la raison même de sa présence ici, bien que l'idée de voir repartir seule la jeune femme ne la rassure pas.


Bien sûr que je vais m'en occuper. Il est ma raison de vivre, comment pourrait-il en être autrement? J'aurais juste besoin que tu m'aides à l'installer du mieux possible sur son cheval ; pas le temps de fabriquer une civière à atteler, si tu ne peux t'attarder... Et j'peux pas aller chercher du secours en le laissant là...

Acquiescement silencieux avant de précautionneusement passer à l'acte. En espérant ne pas occasionner de dégâts supplémentaires.

Avant de partir, un regard qui en dit plus long que ses derniers mots :

J't'oublierai pas, Ermy, j'espère qu'on se reverra.

Une lune blafarde accompagne leur lent cheminement vers le village le plus proche. Elle parle, et parle encore, s'imaginant des réponses percer le silence assourdissant.
Hijikata a écrit:
[ Monde du seuil... ]


Passage facile... être juste bien... se sentir leger... sans rien en tête... revoir les images du passé... visage familier... large sourire... s'il avait su qu'elle était juste en dessous du Qlipoth... seraitr venu ici bien avant... faire partie du même monde qu'elle... souffle majestueux... vent doré... provenant du plus profond des entrailles de la mémoire... murmures au creux de l'oreille...

Pars... elle t'attend... restes pas la...

Moment d'égarement... se ressaisir... cavaleuse l'attend... dernier regard vers la defunte... remonter lentement... atteindre le Qlipoth... pour permettre à l'âme de reintegrer l'corps astral... pour aller retrouver et fusionner de nouveau avec l'corps physique... peu de temps avant... il se serait laissé glisser.... se laisser enlacer par l'endroit... entamer une danse funéraire... loin des jugements... des critiques...

Mais... depuis un certain jour... non... garder sa petite tranche de vie... la preserver... la cavaleuse... d'un coté... libertad de l'autre... et entre les deux un Doc heureux... au loin des bruits... des voix... des mots... un bredouillement... incomprehensible... juste l'impression de ne plus etre seul...

La mort m'attend comme une vieille fille
Au rendez-vous de la faucille
Pour mieux cueillir le temps qui passe
La mort m'attend comme une princesse
A l'enterrement de ma jeunesse
Pour mieux pleurer le temps qui passe
La mort m'attend comme Carabosse
A l'incendie de nos noces
Pour mieux rire du temps qui passe

La mort attend sous l'oreiller
Que j'oublie de me réveiller
Pour mieux glacer le temps qui passe
La mort attend que mes amis
Me viennent voir en pleine nuit
Pour mieux se dire que le temps passe
La mort m'attend dans tes mains claires
Qui devront fermer mes paupières
Pour mieux quitter le temps qui passe

La mort m'attend aux dernières feuilles
De l'arbre qui f'ra mon cercueil
Pour mieux clouer le temps qui passe
La mort m'attend dans les lilas
Qu'un fossoyeur lancera sur moi
Pour mieux fleurir le temps qui passe
La mort m'attend dans un grand lit
Tendu aux toiles de l'oubli
Pour mieux fermer le temps qui passe

Mais qu'y a-t-il derrière la porte
Et qui m'attend déjà ?
Ange ou démon qu'importe
Au devant de la porte il y a toi

La mort... non pas encore... il veut continuer à vivre... encore... rouvrir les yeux de l’âme… sentir des bras le récupérer… ramer lentement vers l’Qlipoth… au moins le ramener la bas… son monde... le sien... ou il permet a certain d'entrer... sorte de maison ambulante... ou desespoir mange à coté des rires et de la bonne humeur... tenter de reintegrer son corps... pour elle... pour ses idées... juste une seule chose dans sa caboche fissurée... avant même de penser... de ressentir...


Jenn...



[ Parole de Brel... la Mort... 1959... ]
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MessageSujet: Re: Orgueils et préjugés   Sam 18 Oct - 17:02

Jennsen a écrit:
Le plus difficile avait été de se retenir de revenir à la civilisation à bride abattue.
Chaque seconde écoulée lui semblait un grain de sable supplémentaire enrayant les rouages d'une vie qui ne tenait qu'à un fil.
Cependant, chaque soubresaut était un pas de plus vers la fracture de ce souffle ténu, que seule une lenteur calculée pouvait éviter .
L'anxiété, tandis qu'elle scrutait le visage blafard, lui faisait imaginer le pire du pire de ce qu'elle avait pu avoir comme idées tortueuses jusqu'alors.
Elle redoutait autant qu'elle appelait de ses vœux la vue des premiers remparts, qui confirmeraient ou non ses hypothèses.

L'impuissance lui faisait maudire son ignorance en matière de soins.
La seule chose dont elle était certaine, c'est que tout ce qu'elle avait pu apprendre de l'utilisation de quelques simples pour ce qui était des affections bénignes et des plus courantes, ne lui suffirait pas à sauver l'homme qu'elle aimait.

Sa notion du temps s'était évaporée depuis longtemps lorsque, détachant le regard de son précieux chargement, elle aperçut enfin se détacher, dans les premières lueurs de l'aube, les contours de la ville.
Une appréhension nouvelle la saisit ; au vu de ce qui s'était passé plus tôt dans la nuit, comment savoir si on accepterait de les laisser entrer? Elle n'était plus sûre de rien et s'attendait presque à devoir combattre pour défendre sa vie, et ce qui restait de celle du blessé, tant cette éventualité lui paraissait dans la continuité de cet enchaînement qui la frappait d'incompréhension.
Elle n'avait plus le temps d'élaborer une stratégie, l'urgence de la situation exigeait qu'elle ne s'arrête pas.

Quasiment rendue au poste de garde qu'elle doute encore de franchir, exténuée de tensions accumulées, Jenn ne s'aperçoit pas qu'un marchand, attendant comme elle de satisfaire aux formalités d'usage, jauge la situation d'un œil bienveillant.
Souvenirs de mésaventure identique, ou empathie exacerbée face au tableau déplorable qu'elle doit offrir, sans lui laisser le loisir d'émettre le moindre son ou le moindre geste, il prend d'autorité la situation en mains, ainsi que les rênes de leurs montures.
S'ensuit une discussion que Jenn ne suit que de très loin, une lassitude soudaine anesthésiant tous ses sens.
Quelle que soit l'histoire distillée par l'homme, elle comprend qu'ils n'auront pas d'ennui supplémentaire, et lui adresse un regard empli de gratitude.

Alors qu'ils abordent les premières ruelles du village, elle décide d'oser tester les limites de la sollicitude humaine d'une voix éraillée.
Elle a besoin d'un médecin, et vite. D'un logis aussi.. Elle s'installera ici le temps qu'il faudra, pas question d'emmener son grognon dans un quelconque dispensaire... Bien qu'il soit inconscient, il pourrait faire des étincelles au réveil ; et puis, elle tient à le veiller personnellement et continuellement.

L'homme voyage beaucoup, mais sur un circuit bien précis. Il connaît du monde par ici. Et sa demeure, s'il n'en est d'autre habitable de libre, lui sera prêtée le temps qu'il faudra si nécessaire.
Il n'est lui même ici que pour une paire de jours, lui explique t-il, et s'il commerce ses marchandises, il sait aussi aussi offrir son aide quand il le juge bon.
Il ajoute, d'un air sérieux que des yeux malicieux démentent, que si cette générosité parait extravagante ou suspecte à la dame, il se satisfera très bien de l'entretien de son chez-lui en retour, et derechef les y conduit.

La maisonnette, un peu à l'écart du centre, n'est pas grande, mais convenablement entretenue.
Le Doc' est allongé sur une paillasse grâce à leurs efforts conjoints, avant que le marchand l'invite à prendre elle-même quelque repos le temps qu'il aille quérir la personne qui lui semble qualifiée pour examiner le blessé.
Jenn le remercie chaleureusement tandis qu'il se dirige vers la porte.
Promesse d'un retour rapide.. soulagement d'une cavaleuse qui s'empresse au chevet du mercenaire dont elle a cru entendre la voix.
Cette même voix qu'elle s'est imaginée lui répondre tout au long de ce retour...Fatiguée...elle est trop fatiguée.

Néanmoins elle arrache une bande de tissu à sa jupe, qu'elle plonge dans une bassine d'eau repérée dans la pièce. Elle éponge son front brûlant, y porte les lèvres , et lui rafraîchit de la sorte la totalité du visage, incapable de songer un instant à s'assoupir alors qu'elle redoute le verdict qui tombera bientôt.

Le sommeil pourtant finit par avoir raison de sa volonté, l'emportant dans un monde peuplé de cauchemars qu'elle s'évertue à chasser, la main enserrant celle de son compagnon plongé dans un autre univers.
Nuitcristaline a écrit:
Nuit était avec ses amis attablés dans la taverne "Eau De Vie", Lorsqu'un homme âgé de 38 ans environ, à la haute stature, aux cheveux et à la longue barbe châtains, s'approcha le visage sombre, s'adressa à l'assemblée :

Je cherche un médecin, connaissez vous en un ?

Dans le silence qui suivit, Nuit se leva et intervint :

Je suis médecin ! Que vous arrive t-il ? Êtes vous souffrant ?

Dit elle en s'avançant vers celui ci. L'homme lui expliqua la situation et lui donna l'adresse ou se trouvait le blessé. Sans attendre plus longtemps, elle se dirigea à la tablée de ses amis, attrapa sa besace de cuir, pleines de fioles médicales ainsi que divers instruments chirurgicaux et justifia son départ précipité. Elle se dirigea vers l'écurie, sella sa jument qui était disposée au fond de celle-ci mit le pied dans l’étrier et monta sur Belle De Jour, sortit de l'écurie au pas, puis au trot. Elle fît ralentir l'allure de sa jument lorsqu'elle se retrouva en retrait du village et chercha la chaumière, que lui avait détaillé l'homme. Elle descendit de sa Belle et l'attacha à la barrière située sur le côté de la maison. Jamais au dépourvu, le médecin emportait toujours avec elle son nécessaire portatif, qu'elle prit, se dirigea à la porte d'entrée et l'ouvrit. Elle pénétra alors dans ce lieu qu'elle ne connaissait pas, découvrant le blessé alité sur une paillasse et une jeune femme à son chevet, dormant assise, tête baissée. Nuit s'approcha doucement de la jeune femme, se racla la gorge assez fort pour la réveiller.

Dame ! Dame ! J'ai besoin de vous ! Réveillez vous !

Je me présente: " Nuitcristaline, Médecin du Puy. " Je suis arrivée au plus vite, suite aux explications que m'a donné le propriétaire de cette maison, afin de soigner votre compagnon blessé .


Dit elle, espérant la sortir de son sommeil, tout en déposant sa besace sur la table, sortant tout le contenu. Il lui fallait agir vite, le pauvre homme était mal en point ...
Jennsen a écrit:
Dame ! Dame ! J'ai besoin de vous ! Réveillez vous !

Sortie d'une manière péremptoire de ses songes agités, Jenn regarde d'un air ébahi autour d'elle, se remémorant dans la seconde les évènements récents.
Avisant la jeune femme qui s'affaire à déballer le contenu d'une besace sur la table, elle se lève précipitamment.


Dame Nuit, vous êtes la bénédiction de ce jour noir! Pardonnez l'accueil, ou plutôt l'absence d'accueil dont j'ai fait preuve. Je crains de m'être assoupie contre ma volonté.
Je suis Jenn, et le blessé qu'il me tarde que vous examiniez se nomme Hiji.


Nerveusement elle se tord les mains, ajoutant :

Si je peux vous être d'une quelconque utilité.. Ce n'est pas ma demeure, comme vous devez déjà le savoir, mais je suppose qu'il ne devrait pas être difficile de trouver ici ce dont vous pourriez avoir besoin en sus de votre... attirail.
Et s'il faut vous assister en quoi que ce soit, bien qu'ignorante en la matière, dites, et je ferai de mon mieux.


Elle regardait anxieusement le jeune homme au teint blafard gisant sur la paillasse en mettant tous ses espoirs dans l'efficacité de Nuit, qui lui paraissait digne de toute confiance quant à ses capacités.
Sans un mot de plus, autant pour s'occuper les mains que l'esprit, elle s'empare de la bassine dont elle renouvelle l'eau avant de la mettre à chauffer.
A défaut d'être utile aux soins, elle imaginait qu'un Médecin ne se sortait pas d'une séance de réparation sans quelques traces à faire disparaitre.
Tout en officiant, elle entreprit d'expliquer dans les grandes lignes la nature des blessures qu'elle aurait à gérer, inutilement sans doute.. Un œil exercé devait sans doute pouvoir juger de ce genre de chose.
Nuitcristaline a écrit:
Elle faisait l'inventaire de ce qu'elle avait déposé sur la table, lorsqu'elle vit la jeune femme se réveiller. Voyant son visage, Nuit l'avait déjà croisé, elle en était sûre , mais ou ? ... Pour le moment, ce n'était pas sa préoccupation première. Cette jeune femme désemparée, s'excusait pour ce moment de somnolence, se présenta et expliqua en gros ce qu'il c'était passé. Nuit l'écouta et la rassura sur un ton calme, tout en s'approchant de la personne inanimée. Le blessé était placé dans un endroit aéré et sec. L'environnement était bon pour lui.

Ne vous excusez pas Donà ! Oui vous allez m'aider, je vais avoir besoin de vous comme assistante.

Savez vous depuis combien de temps à peu près, il est dans cet état d'inconscience ?


Elle remarqua le stress de Jenn. Il lui fallait l'occuper pour l'empêcher de trop penser négativement. Voyant la jeune femme prendre l'initiative de renouveler l'eau et la mettre à bouillir, fût un bon point pour Nuit, qui tombait sur une bonne assistante.

Parfait ça Dame ! Bonne initiative, j'allais justement vous demander de faire bouillir de l'eau, afin d'y déposer mes instruments chirurgicaux, pour les aseptiser, afin qu'ils soient prêt, au cas ou je devrais m'en servir, dans un bain d’eau et de vin aigre, que vous trouverez surement dans sa cuisine. Je vous laisserai le soin de me trouver un récipient assez grand pour les déposer dedans.

Lui dit elle, Tout en tâtant sérieusement et longuement le pouls du patient, avec ses doigts posés à plat sur l'intérieur du poignet et son pouce
placé en support dessous, afin de maximiser le contact entre l'artère de son patient, cherchant à atteindre l'état de l'intérieur de son corps par l'intermédiaire de la circulation du sang que son pouls manifestait. Celui ci était très lent , peu perceptible. Nuit ne voulant pas affoler la jeune femme, se tût et commença à dévêtir le haut de l'homme, demandant de l'aide à sa nouvelle assistante. Une fois arriver à la chemise, Nuit vit que celle-ci était pleine de sang au niveau de l'épaule. Celui-ci avait coagulé liant le tissu à la chair, elle alla chercher un peu d'eau dans un récipient, chercha un drap dans les placards et en fît plusieurs bandelettes. Elle en trempa une et humidifia la chemise au niveau de l'épaule, afin de la décoller doucement, sans meurtrir la plaie. Une fois torse nu, Nuit commença à nettoyer l'estafilade à l'aide d'eau et de pain de savon, rinça correctement, pouvant l'examiner.



Hum pas joli !


Dit-elle prenant un air plus soucieux, voyant un morceau de métal à l'intérieur. Elle alla chercher sa pince, sa lotion à base d'huile rosat, de jaune d'oeuf et de safran, pour faciliter l'extraction, elle versa la lotion sur une nouvelle bande de linge, la posa sur la plaie, activant le ramollissement des tissus, puis effectua un mouvement de torsion de la main en tous sens avec la pince aseptisée à bec d'oiseau pour l'en saisir. une fois le morceau sorti de la chair, elle le nettoya à nouveau, ramena son pot de graisse qu'elle passa sur les chairs pour les ramollir, désinfecta une de ses aiguilles à la flamme de la torche, prit du fil de lin et se mit à réunir les lèvres des plaies afin de bien suturer. Elle reprit le pouls de son patient, s'inquiétant de son état .... Regardant la jeune femme, annonça :

L'état de votre ami est sérieux, mais soyez assuré qu'il est ici entre de bonnes mains. Je vais faire tout mon possible pour vous le sauver. Sans trop m'avancer et sans trop vous donner de grands espoirs, je pense quand même pouvoir dire que dans quelques jours, il ira mieux une fois toutes ses blessures soignées. Le plus dur sera de le réveiller afin de lui faire boire des potions.
Jennsen a écrit:
Accomplir les gestes, mécaniquement ; obéir à la voix, celle qui sait, de la même manière.
Répondre à la question du mieux qu'elle le pouvait. C'est qu'elle avait perdu la notion du temps depuis qu'il s'était arrêté comme l'avait été leur cheminement, cette nuit là. Quelques heures, sans vraiment plus de précision, tout s'était enchainé si vite et pourtant une lenteur désespérante avait couronné leur retour...

Jenn avait inspecté les placards à la recherche de ce vin aigre qu'il lui fallait rajouter à l'eau, à la demande de dame Nuit, puis s'était inquiétée de trouver le récipient adéquat pour l'aseptisation.

Une fois réalisées les différentes instructions , elle laissa la compétence de Nuit prendre toute sa signification, mesurant du regard ses gestes sûrs et précis.
Elle l'aida à débarrasser Hiji de sa chemise, serrant les dents au fur et à mesure des découvertes qu'elles faisaient.
Tandis que le Médecin s'appliquait à nettoyer la plaie, Jenn l'observait, admirative de la dextérité et du savoir faire qui lui avaient fait défaut en la circonstance.
Mentalement elle rendait grâce au marchant par la même occasion d'avoir croisé leur route, et espérait le revoir afin de le remercier encore une fois.


Hum pas joli !

Tout en grimaçant, Jenn senti son cœur se serrer dans l'attente de la suite du diagnostic, les entrailles à moitié retournées de la voir triturer les chairs exposées avec ses divers instruments, le front barré de plis soucieux.
Enfin, Dame Nuit, sans optimisme forcené mais avec suffisamment d'espoir, lui laissa entendre qu'il était probablement hors de danger.

A cet instant, Jenn ne put s'empêcher de prendre ses mains pour les serrer dans les siennes, les yeux exprimant toute sa reconnaissance.


Voilà les paroles les plus douces à mon oreille que vous pouviez prononcer. Même si les prochains jours sont encore critique, j'ose reprendre confiance après toutes ces heures d'angoisse.

Le visage éclairé par un sourire attendri, elle observa en coin le Doc' qui jouait aux patients bien malgré lui, . Il lui était si précieux. Il avaient encore tant à découvrir l'un de l'autre.
Mais déjà le calme intermède prenait fin.
D'autres blessures attendaient qu'on se penche sur elles.
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Gypsie

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MessageSujet: Re: Orgueils et préjugés   Sam 18 Oct - 17:02

Nuitcristaline a écrit:
Après l'avoir rassurée quelque peu, elle sentit les mains de Jenn joindre les siennes chaleureusement. Nuit lui adressa un magnifique sourire se voulant rassurant.

Ne vous inquiétez pas ! Il s'en sortira ! Je vous le promet.

Bien, ce n'est pas tout ça, mais ... Nous avons encore un gros travail à effectuer maintenant. Regarder tout son corps, voir s'il n'y a plus de blessure.


Ses yeux se posèrent sur le haut de la cuisse, voyant une tache assez importante assombrir le tissu. Elle prit son stylet et commença à entailler les braies. Elle les déchira et découvrit une entaille très profonde. Elle reproduisit les mêmes gestes pour tout nettoyer proprement, afin de mieux voir. Sans parler, elle se dirigea vers la table, pour stopper l'hémorragie, elle partit chercher son instrument constitué d'un manche en bois et d'une partie métallique en fer qu'elle plaça sur les flammes de l'âtre. Voyant Jenn suivre tout ses mouvements, il lui était capital d'être en mesure d'expliquer par avance ce qui allait arriver à son ami, d'où l'importance du pronostic. Elle expliqua :

Je vais prendre une éponge soporifique pour anesthésier notre patient. Je vais l'imbiber d'eau chaude, trempée dans une potion à base de jus de jusquiame, d'opium et de chanvre indien qui vont ensuite être posée sur ses voies respiratoires, afin de l'anesthésier, pour pouvoir arrêter l'hémorragie en le cautérisant au fer rouge ! Les plaies et blessures profondes sont toujours cautérisées de cette façon là.


La voyant blêmir, elle lui suggéra de ne pas regarder si elle n'était pas sure de tenir le coup. Elle prépara l'éponge soporifique et le posa sur les voies respiratoires du malade. Ramena le fer rouge et commença à cautériser pour cesser l'hémorragie. Une odeur de cochon brulé, se propagea dans la pièce. Une fois terminé, elle remit le fer dans les flammes, pour l'aseptiser. Une fois les plaies propres, elle sutura à nouveau recousant de l'intérieur jusqu'à l'extérieur, la couture effectuée, elle coupa le fil de lin, après avoir fait le noeud et se déplaça à nouveau vers la table. Nuit ramena tout ce dont il lui fallait pour la cicatrisation. Sur les plaies propres de l'épaule, du flanc ainsi que de la cuisse, le médecin imbiba d'opium une éponge pour atténuer les douleurs du patient, prit une fiole d'huile de millepertuis, de préparation rouge sang, qu'elle tendit à la jeune femme, lui expliquant la méthode pour soigner les plaies, tout en préparant les pansements simples à l'eau de rose et au blanc d'œuf, qu'elle posa délicatement sur chaque entaille, le tout étant maintenu par des bandelettes de lin bien serrées, assurant la contention des plaies béantes.

La regardant elle lui dit :


Bien ! Nous avons eu un bon patient, qui n'a pas bougé d'un cil. Maintenant il va falloir le réveiller et je vous assure qu'il va souffrir, il faudra lui faire boire des tisanes pour le soulager.

Elle ouvrit les fenêtres, se plaça un linge sur son nez, ouvrit une fiole à l'odeur nauséabonde et le plaça sous le nez du malade, afin qu'il se réveille ...
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MessageSujet: Re: Orgueils et préjugés   

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