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 La carriole magique

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Gypsie

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Date d'inscription : 06/06/2006

MessageSujet: La carriole magique   Mer 22 Oct - 20:57

Sandino a écrit:
Sur la route d’Aurillac.

…Les sentinelles au passage de frontière entre le Rouergue et l’Auvergne étaient détendues, la loi martiale n’étant plus de mise depuis l’élection de sa divine grâce le Comte Tony, c’est un soulagement général qui déridait le visage des hommes de garde. En étaient-ils quitte pour autant ? Le danger ou les rumeurs promptes à éveiller les craintes s’étaient-ils évanouis ?
On parlait d’une liste noire ou rouge qui regrouperait tout ce que le royaume comptait de bandits et autres pilleurs de châteaux.

Des listes Zézé et Sandino en détenaient un nombre important, des listes d’objets, de semences, de « simples », plantes servant de base à l’herboristerie, des listes de parchemins, de copies d’ouvrages référence.

Pour faire rire sa compagne Sandino sortait régulièrement de fausses listes de sa poche, l’une d’elle vierge de toutes inscriptions en dehors de son titre » liste des objets invisibles » fut celle qui lui servit ce matin là.



- T’aurais pas vu ces objets par hasard j’arrive pas à mettre la main dessus ? Lui avait-il demandé en lui tendant un bout de parchemin plié en quatre.

- Idiot !! avait-elle répondu en riant après avoir déplié la liste et constaté qu’elle ne contenait rien.


Les deux mules qui tiraient la « carriole magique » n’en menaient pas large après le passage des frontières, Sandino les avait baptisé « la galonnée et la gluante » en hommage à deux Dames de la cour des miracles, depuis, elles devaient supporter les railleries des gardes qu’orchestrait leur maître, en effet dés qu’il le pouvait, il organisait des concerts de moqueries, « la galonnée et la gluante » bien qu’à l’image des deux ribaudes de la cour étaient bêtes, elles n’en échappaient pas pour autant à la honte, les démonstrations de la populace étaient assez compréhensibles pour qu’elles fassent leurs chemins dans le petit cerveau des deux sombres mulasses.

Aurillac était proche, les deux vagabonds qui retrouvaient leur terre de naissance, l’Auvergne, regardaient le paysage sourires aux lèvres, l’avenir était aux retrouvailles, c’est arrivé en haut d’une colline que Sandino se mit à chanter.


« J’ai rencontré une Alsacienneuuuu qui à tous vendait du vin chaud
J’ai rencontré des Parisienneuus qui sont des anciennes de nombreux bordeaux
J’ai connu la Montpelliéraine qui rôde et traîne son grand couteau
Et aussi de belles Châuriennes qui sont toutes bohémiennes et pillent les beaux châteaux

Mais à Popoooo !! à Popoooooo où dans les chopes y’a jamais d’eau
Oui je n’ai jamais rien trouvé d’aussi michtoooo
! mon PopoOOO000ooo
Où y’a la Gals et la Mimiiiiiiiii
Tu resteras toujours le village où est né mon bel amour

MON POPOOOOOOOOOOOOoooooooo….. »


Les dernières syllabes chantées fausses comme le reste du chant mais avec plus de force avaient eu pour effet de stimuler les mules qui poussant des « hi han » déchirants semblaient vouloir tout faire pour échapper aux cris horribles du chanteur.
Des loups dérangés par le son désagréable se mirent à hurler, des oiseaux nocturnes à crier dans leur sommeil, la chanson finie, c’est toute la forêt qui se mit à manifester son mécontentement, il n’y eut que Zézé pour le traduire en langage humain.


-Sandino !! cesse donc d’émettre des sons pareils on va croire à la fin du monde !!

- Bha !!! si on peut plus chanter maintenant !! c’est la mort des artistes que vous voulez ?



Zézé riant à l’agacement simulé de Sandino lui fit signe d’accélérer le tempo des mules, à Polignac des amis les attendaient…
Zeze5 a écrit:
[Sur la route d’Aurillac]


La traversée du Rouergue c'était fait sans encombres, très peu de personnes rencontrées, bien que la rumeur disait que beaucoup de brigands étaient présents.
Les voilà de nouveau en terre familière.

Le Bourbonnais-Auvergne, terre qui les avait vu naitre, Sandino et elle, terre qu'ils avaient si souvent parcouru ensemble, terre où vivait la plupart de leurs amis.
Les voilà de retour pour en faire une nouvelle fois le tour, mais cette fois était différente des autres.
Zézé était devenue vraiment vagabonde, elle l'était déjà dans sa tête depuis bien longtemps, mais pas dans les faits, avant le départ de Castelnaudary elle avait mit le feu à sa boulangerie et à ses deux champs ne laissant derrière elle que cendre. Le soir même elle avait prit la route avec Sandino sans aucun regret, enfin libre de tout biens matériel.
Les seules choses qu'ils avaient, étaient les deux mules qui tiraient cette carriole pleine de bric et de broc , choses qu'ils allaient partager avec les habitants des villes qu'ils allaient traverser.

Assis sur le siège de la carriole, Sandino tend une liste à sa compagne, celle-ci la regarde et riant se met à genoux et farfouille dans les affaires, en sort une boîte qu'elle donne à Sandino qui l'ouvrant... la trouve vide.

- Voilà les objets de ta liste !! lui dit-elle en souriant
- Que serais-je sans toiiit au d'ssus de ma demeureeee !!
Que serais-je sans toiiiit qu'une tuile en m'endOMANNnnnnnt !!
lui répondit-il en chantant.

Depuis quelques temps Sandino chantait, oui j'ai bien dit « chantait », enfin c'était vite dit, des sons étranges, difficile à définir, sortaient de sa bouche.
Zézé essayait bien de lui faire comprendre qu'il était plus doué pour la poésie que pour la chanson, mais rien s'y faisait, il chantait pour un oui ou pour un nom.
Et puis après tout pourquoi pas, il avait peut être trouvé un nouvel art, se disait Zézé pour se rassurer.
Les animaux s'enfuyaient sur leurs passage.....allez savoir pourquoi .....
Zeze5 a écrit:
[Murat]

Ils avaient quitté Aurillac la veille au soir, assez tard, prenant la route de Murat. Route qu'ils connaissaient bien pour l'avoir fait si souvent, mais pour les deux mules c'était une première, si on était pas vigilant, elles s'arrêtaient au bord de la route pour brouter. Il est vrai que, ayant été élevées dans les quartiers mal-famés de Paris, elles n'avaient pas l'habitude de manger de l'herbe aussi verte, ce qu'elles y trouvaient était plutôt glauque et souvent illusoire tant la vermine y régnait.

A chaque fois que Zézé arrivait à Murat le même souvenir revenait incessamment. Avec Sandino, ils avaient répondu à l'appel d'une amie qui était en danger, mais malheureusement ils étaient arrivé trop tard, Bruja était morte dans les bras de Zézé. Ils avaient transporté son corps jusqu'à Thiers pour le faire bruler dans une barque sur le lac aux fées. Et depuis, bien d'autres avaient rejoint Bruja dans le coeur de Zézé.

Pour l'heure, Zézé range ses souvenirs au fond de sa mémoire, elle tourne la tête pour regarder son compagnon à ses cotés.
Sandino dort encore quand la carriole arrive aux portes de Murat. Ses chansons avaient fait place à une autre "mélodie" ; un mélange de grognement, mais venant de Sandino ce n'est pas inhabituel et un souffle qui en sortant de sa bouche émettait un étrange sifflement, en un mot, il ronflait.

- Nous voilà à Murat, Amore mio !! lui dit-elle en lui donnant un léger coup de coude.
Sandino a écrit:
…le Duché bruissait de rumeurs diverses, leurs échos résonnaient jusqu’aux villages les plus reculés, il était question de la COBA et de l’un de ses responsables, d’une bande de révoltés qui disait-on voulait en découdre, Elinor n’avait du passé plus aucun souvenirs, à Aurillac Taniet avait perdu un être cher, un curé itinérant lui aussi en deuil essayait de faire bonne figure tout entier à son sacerdoce et à ses filles, à Polignac c’est Mimi qui venait de perdre le dernier de ses parents en la personne de Maxfan, les jours parfois avaient goût de cendre.

Entre Aurillac et Murat, chemin faisant, Zézé et Sandino avaient discuté de tout cela.

Était-ce leur expérience commune des semaines passées, celle de leurs propres décès annoncés qui les inclinaient à parler sans retenue de la mort ?

Avaient-ils mesuré en échappant à la lame de la faucheuse combien était fragile l’existence et combien était puissante la force de vie sur l’autre plateau de la balance ?


- Tu sais quoi ? j’ai l’impression que nous avons ricoché. Avait dit Sandino.

- Ricoché ?

- Imagine que l’homme, soit une pierre et sa vie la course que fait cette pierre jetée dans un lac, pareil au soleil, naissant, au Zénith pour finir par plonger dans l’horizon avant de disparaître.

- Oui je vois très bien.
Lui avait répondu Zézé

- Bon, hé bien nous, nous avons comme ricoché en passant si proches de la fin.

Le silence entre eux s’était alors invité comme pour clore la discussion, bercé par le roulis de la carriole Sandino avait fini par s’endormir, dans son rêve il ne cessait d’être propulsé par une fronde géante, des coups répétés dans ses cotes avaient fini par le réveiller, Murat était en vue lui disait sa compagne…
Gypsie a écrit:
Hop, il est temps de rentrer chez soi, chapeau de paille au bout de la main qui fait des ronds dans l’air, la ficelle s’entortille sur le doigt, le voilà transformé en saucisson aussitôt déficelé. Belle journée de fin d’été dans un Murat qui se réveille, renaît à la vie, après s’être endormi comme les gens dans leurs logis. On ressort, on bavarde, on croise même l’abbesse de retour elle aussi. Même les amoureux boudaient ! Même les bavards se taisaient, comme le clocher de l’église.

Bientôt plus qu’un lointain mauvais souvenir, un de ceux vite oubliés, car de ses amis personne ne peut se passer. Comme dit le père Foulke « "L'amitié est ce qu'il y a de plus nécessaire pour vivre. Car sans amis, personne ne choisirait de vivre, eut-il tous les autres biens. Et dans la pauvreté comme dans toute autre infortune, les hommes pensent que les amis sont l'unique refuge.
Et voilà qu’on se retrouve, qu’on se rappelle les amis, qu’on va trinquer ensemble comme avant, car finalement, rien n’a changé au village.

En chemin, on se baisse, on ramasse des champignons, on se met sur la pointe des pieds, on cueille des pommes, on s’assied, savoure le moment de calme. La haut, au château, on parle, parle, parle, on discute, on se dispute, mais dans un seul but.

Près de l’entrée du village, un bruit de chariot. Il avance doucement, tiré par deux mules, et Gypsie s’écarte, poursuit son chemin. Mais la curiosité l’emporte, la fait se retourner. Deux personne assises là, l’une semble assoupie sur l’épaule de l’autre. Deux chevelures noires et un corbeau, on s’approche et reconnaît Zeze et Sandino.

Mais… un seul chariot ? Regard derrière, sur le chemin, personne ne suit. Mais où est passée le reste de la kumpania ? Où sont les chants, les odeurs, les couleurs des tziganes ? Les ont-ils abandonnés en chemin ? Ou serait-ce le destin qui a tracé deux chemins ? Qu’importe, deux voyageurs qui arrivent, d’où, vers où, pourquoi… futiles questions.

Couple étonnant vu et revu avec plaisir, à chacun de leur périple bourbonnais auvergnat. On s’en va, mais on revient toujours faire un tour au Ba… Deux trois pas encore pour être sure, oui, ce sont bien les anciens polignacois vers lesquels Gypsie avance en souriant.


Bonjour Zeze ! Sandino !! Vous voilà déjà de retour ! Je vous croyais partis pour un tour du royaume la dernière fois que nous nous sommes vus à Montbrison ! Comment allez vous tous les deux ?
Sandino a écrit:
…Sandino à demi éveillé, sursaute en entendant une voix autre que celle de sa compagne et s’écrie.

- Qué pasa !! on nous attaque ?

- Mais non, calme toi c’est Dame Gypsie que nous venons à l’instant de rencontrer. Répond Zézé

Sandino avachi, se redresse et regarde la cavalière.


- Par les moustaches de Thémis !! é véro !! c’est bien la Baronne

La carriole à l’arrêt, il saute à terre et s’approche d’elle.

- Dame Gypsie, c’est un plaisir toujours renouvelé que celui de vous rencontrer, comme on dit les grands instruits se rencontrent.

- Les grands esprits.
Lui dit Zézé, assise sur le banc du cocher.

- Hien ! cosa dice ?!!

- C’est les grands esprits pas les grands instruits qui se rencontrent.
Répète Zézé un peu plus fort.

- Pas faux ma douce, mais Dame Gypsie, noblesse oblige doit être instruite de ces subtilités, elle aura rectifié d’elle même.

Gypsie amusée, acquiesce d’un mouvement de tête.

-Allez vous vous joindre à nous ? nous allons à Polignac sans retard, si tel n’est pas votre souhait nous espérons vous voir à Montbrisson lors de notre passage. Ce n’est pas que nous manquons de temps mais plus vite nous serons arrivés mieux cela sera, si nous devions nous quitter ici j’aurai un service à vous demander, n’ayez crainte rien de fastidieux.

- Dites. Répond Gypsie

- Voilà, nous avons le projet de présenter un spectacle pour les habitants du Duché, à la gargote précisément. Si vous pouviez le moment venu vous charger ou charger quelqu’un d’afficher dans votre village l’invitation cela nous serait d’une aide précieuse en permettant à tous d’être averti.
Ladyday a écrit:
Lady sortant de la cathédrale , ou elle avait dormis épuisés par les nouveaux rebondissements , qui se dérouler dans sa vie , et n'avait pas put entendre la messe , ni la voix du diacre , absolument rien .

Et sur le chemin du retour vers sa maison , elle priait , et maugréer en elle même ! rien n'était apaisant en ce moment , un cataclysme affreux c'était dérouler . Et Lady n'avait trouvé aucun Apaisement ,en se rendant à La cathédrale .

elle contourna un ponton , et au bord du petit ruisseau ,elle aperçut au loin , une drôle de carriole , surprise , elle écarquilla grand ses yeux , et et son visage s'éclaira soudain d'un sourire .

elle partit d'un pas rapide vers la carriole ...
Gypsie a écrit:
Voilà projet presque dévoilé, presque. Envie d'en savoir plus, mais Gypsie n'est pas du tout curieuse. Pas du tout, et puis elle aura l'affiche.

Hélas je ne vais pas cheminer avec vous, il m'aurait bien plus de le faire en carriole, vous entendre me raconter vos aventures, votre prose et vos chansons, vous chantez Sandino ?

Et bien sur, avec plaisir je vais vous rendre ce service. Vous n'aurez qu'à me dire quand. J'espère être rentrée à Montbrison à temps !
Zeze5 a écrit:
Quand Gypsie dit à Sandino qu'elle aimerait l'entendre chanter, Zézé part d'un fou-rire qu'elle a du mal à contrôler. Le souffle coupé, elle reprend sa respiration puis regarde Gypsie en s' essuyant les yeux pleins de larmes:

- Baronne !! je dois vous dire que là vous prenez un risque, si Sandino est doué pour le verbe il en est pas de même pour le chant, je pense même qu'il a dû apprendre à chanter avec Kala, son corbeau, les sons qui sortent de sa bouche se rapprochent fort du croassement.

Sandino fait les gros yeux en regardant Zézé et lui fait des signes pour la faire taire.

- Mais amore mio !! je ne veux pas un incident diplomatique en trompant la Baronne.

Zézé regardait Sandino dodeliner de la tête en bougonnant, quand une personne arrive à leurs hauteur. Elle descend pour aller à la rencontre de Layday...mais ne savait plus si elles se tutoyaient ou pas...

- Lady !! quel plaisir de vous, te voir ici.
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Gypsie

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MessageSujet: Re: La carriole magique   Mer 22 Oct - 20:58

Sandino a écrit:
…Profitant de l’éloignement de Zézé, partie au devant d’une Dame qu’elle semble connaître, Sandino sautant sur l’aubaine qui lui est offerte de faire entendre sa voix, monte sur le toit de la carriole et du haut de son perchoir s’adresse à la Baronne Gypsie.

- Si je chante !! mais Dame !! fort bien en plus, voyez par vous même.

« Je chanteuuu , je chante soir et matin !!
je chantEUUU sur les chemins !!
les arbreuuu remuent leurs branches de joie
et tous les animaux courent pour pas louper ça !!
Oui !! je chantEUUUU !! je chante tous les refrains
Je chante de bon matin
La mousseuuu !! la belle mousse des bois !
qui pousseuuu…


Les mules effrayées par les cris de putois de Sandino avancent sans que l’ordre n’ait été donné, une branche basse fauche le chanteur qui se retrouve à plat ventre sur le toit de la carriole au moment même ou les deux mules s’arrêtent retenues par la main ferme de Zézé, relevé d’un bond pour ne pas être plus ridiculisé encore c’est la branche faucheuse juste au dessus de la tête de Sandino qui le reçoit, aie !! aie !!! c’est dur pour le chanteur qui rouge de colère du haut de la carriole agonie d’insultes « la gluante et la galonnée » ses deux mules.

-Mais regardez moi ces deux bourriques parisiennes !! TONTAS !! SON TONTAS LOS DOS !! hostia !!! me vuelve loco con ella !!! p… m…..(censuré)
Ladyday a écrit:
Lady lever ses bras en l'air ,en arrivant devant la carriole , peinte de toutes les couleurs qu'elle aimait .

Elle fut très heureuse et surprise de revoir la Kumpania , ses amis les gitans .

elle riait en entendant chanter d'une voix de baryton Sandino perchée sur la cariole .

Zeze arriver vers elle et elle lui répondit en poussant un grand soupir ;



____ quelle belle surprise ! zeze que je suis contente de vous voir !
Mais que faites vous Là ? vous avez repris la route ! vous faites un voyage de noces ?




Lady souriait ,elle venait d'apercevoir Gypsie pas très loin d'elle en grande discussion , écoutant les joyeuses chansons .
Zeze5 a écrit:
Zézé est contente de revoir Lady, son accueil lors de leur dernier passage resterait un de meilleur dans sa mémoire.

- Oui Lady !! nous avons repris la route, mais seulement Sandino et moi, nous ne sommes plus Tsigane, nous avons quitté la Kumpania, pour des raisons qu'il serait trop longues à expliquer.
Donc nous avons tout quitter pour vivre sur les rou ..................


Zézé n'a pas le temps de finir sa phrase, qu'un son venant de la carriole lui fait craindre le pire. Elle tourne la tête et sa crainte se justifie en voyant Sandino sur le toit de la carriole, main droite en l'air, main gauche sur la poitrine...ça encore ça pouvait passer, mais hélas encore une fois il chante.

- Désolée Lady!! je sens qu'il va arriver quelque chose.


Zézé court vers la carriole au moment où les mules effrayées par le chant de Sandino, auquel elle n'étaient pas encore habituées, s'élancent, une chance encore c'est vers Zézé qu'elles arrivent, elle a juste le temps d'attraper les rênes pour les arrêter.
Elle monte sur le toit de la carriole pour retrouver son homme assit, gueulant en Espagnol...ce qui n'était pas bon signe.

- Non mais tu es fou ou quoi ?!! tu te rends compte de ce que tu viens de faire, la prochaine fois que tu veux montrer tes.... humm !!.... "talents" de chanteur, fais le du sol.

Sandino se frotte la tête en marmonnant des " mulas locas" en descendant sur la terre ferme.

- Désolée mes dames, je vais soigner " l'artiste", il a comme qui dirait "le mal des transports"...allez savoir pourquoi !!!
dit Zézé en riant.
Valph a écrit:
Valph entendit tout d'abord chanter puis hurler dans une langue qu'il ne connaissait pas. Il se retourna et vit un homme sur le toit d'une cariole, une femme l'aidant à descendre.
Il se souvenait de la dame, pour lui avoir vendu quelques poissons.
Le couple semblait bien s'amuser et Valph en sourit. Cela faisait du bien de voir quelques gens heureux de vivre.


Laissez le chanter dame !!! Qu'il y ait un peu de vie dans ce village !!! Même si demain nous devons avoir de la pluie !!!!
Chantez mon ami chantez donc !!!


Ils lui avaient redonner le moral

Et au besoin, venez vous désaltérer en taverne, c'est moi qui régalerait votre gosier de ténor !!

Valph entra dans la taverne heureux et souriant
Sandino a écrit:
...Sandino avait emboité le pas de Valph laissant les Dames de Montbrisson avec sa compagne, en taverne ils avaient bu et parler du Puy en compagnie de Zézé et Nuitcristaline qui les avaient retrouvé plus tard

Ce jour était définitivement derrière eux. Les languedociens étaient rentrés chez eux, Zézé et Sandino tout à l'organisation de la représentation du Dimanche travaillaient encore aux détails. Dimanche matin tout devait se mettre en place pour que le soir venu il n'ai qu'à jouer.
Zeze5 a écrit:
Depuis le matin la « Carriole Magique » c'était installé sur la place. On voyait Sandino bougonner et Zézé rire de le voir comme ça. Ils passent derrière un grand rideau rouge tendu entre deux arbres.
Ils transportent massue, clous, tissus, planches de bois, troncs et branches d'arbre.
Des bruits de coups, de scie, des cris, des rires parviennent aux oreilles des passants médusés.

- Mais que font-ils derrière ce rideau ?!! demande les uns.
- Aucune idée !! disent les autres.
- Restons là, on va bien voir quand ils vont lever le rideau !! déclare l'un d'eux.
- Mais si !! il doit y avoir une pièce de théâtre, j'ai vu une affiche, c'est ce soir, ils préparent le décor !!

De temps en temps, Zézé sort en courant et les passants la suivent du regard pour la voir entrer dans une des tavernes et revenir un peu plus tard .... beaucoup plus tard....avec une chope de bière.

- Mais où étais-tu donc passé ? dit Sandino, tu me laisses en plan pour aller papoter en taverne !!
- Mais non Amore mio !! répond Zézé, je suis juste allé te chercher une bière bien fraîche.
- Pas possible, tu es allé la chercher à l'abbaye de Tastevin, vu le temps que tu as mis.
- Arrêtes de faire ta tête de cochon, tu vas te donner un coup de massue sur les doigts !! lui disait-elle en riant;
- AIEEEEEUHHHH !!!!! puta de hijo de tu madre !!!
- Et voilà !!! ...... je t'avais prévenu !!


Donc voilà un petit groupe de personnes qui s'installe à même le sol pour attendre de voir ce qu'il y avait derrière le rideau rouge....
Galswinthe a écrit:
Soleil de plomb sur la grande place de Clermont, mais la fraîcheur du matin était là pour rappeler que les beaux jours allaient doucement laisser place au froid, bientôt les premières gelées. Emmitouflée dans sa cape qu'elle tenait fermée, Gals s'approcha de la carriole. Elle avait décidé de venir très tôt, afin d'avoir une bonne place pour assister à la pièce, mais surtout d'avoir un peu de temps pour voir Zeze et Sandino.
Un grand rideau rouge était tendu entre deux arbres, derrière lequel il avait l'air d'y avoir un beau remue ménage.

Puis elle voit Zeze, sortir de derrière le rideau en courant, revenir bien plus tard une choppe à la main. Elle retourne derrière le rideau. Scène de ménage avec Sandino, noms d'oiseaux qui fusent, à croire que le spectacle avait commencé avant l'heure.

Gals décida d'attendre patiemment, ne voulant pas les déranger, car ils devaient être bien occupés pour tout préparer.
Gypsie a écrit:
Elle avait écouté Sandino chanté, avait beaucoup rit de ses pitreries, et heureusement, il s'en tira avec juste une petite bosse rapidement réduite pas les doigts experts de sa douce.

Le matin de la grande première, Gypsie s'était dépêchée de se rendre sur la place, ne voulant rien manquer de cette représentation. Une pièce de théatre, cela ne se produit pas souvent en Auvergne, ni pareils artistes.

Pas surprise du tout en voyant Galswinthe déjà installée, s'assied près d'elle. Le rideau n'est pas encore levé, elle n'a rien manqué.


Bonjour Galswinthe ! Comment vas tu ? Ils sont déjà arrivés ? Ca bouge la derrière ?
Galswinthe a écrit:
Galswinthe était assise sur l'un des bancs qui avaient été installés, profitant simplement du moment, de cette belle journée. Elle était à la fois impatiente et un peu tendue pour ses amis. A l'idée de voir un tel spectacle elle se sentait replongée des années en arrières, son âme d'enfant émerveillée, très enfouie au fond d'elle refaisant brièvement surface, ne pensant à rien d'autre.
Elle vît Gypsie approcher et prendre place à ses côtés.


Bonjour Galswinthe ! Comment vas tu ? Ils sont déjà arrivés ? Ca bouge la derrière ?


Elle sourit.

Bonjour Gypsie. Je vais très bien merci, j'espère que toi aussi. Je crois qu'ils sont en train de tout préparer. Mais ils en font un vacarme !
Dit-elle en riant.

J'ai vu Zeze sortir de derrière le rideau en courant et revenir une chope à la main, mais elle n'a même pas remarqué que j'étais là. Tu penses, elle doit avoir l'esprit ailleurs.
Je suis vraiment très heureuse d'être là. Sandino écrit si bien et Zeze est une incroyable comédienne. J'espère bien qu'il y aura du monde. On n'a si peu l'occasion hélas de voir du théâtre.
Sandino a écrit:
...des Dames parlaient depuis un moment déjà, derrière le rideau vautré sur une caisse Sandino les entendait sans pour autant comprendre leurs propos.

Curieux, il finit par regarder sans se faire voir qui étaient ces deux Dames.


- Par Aristote c'est gégé !! Gals et Gypsie. dit-il à voix basse.

Riant par avance de la farce qu'il allait leurs jouer, il achève sa chope que Zézé amoureusement lui avait porté, monte sur la caisse et se met à chanter.

- Je connais bien deux mignonneUUU !!
Sont pas coco !! sont pas coco !! sont pas cochonnes
Elles portent haut leur rang
Pas du tout comme les harengs

Elles sont toutes deux biens bonneUUU
C'est les Baba !! c'est les Baba !! c'est les BaronneuUU
De Polignac et Montbrisson
Elles rossent le polissonnNNNN !!!
Galswinthe a écrit:
Alors que Galswinthe parlait avec Gypsie, elle vît Sandino monter sur une caisse et entonner l'une de ces chansons dont lui seul avait le secret, alors même qu'elle venait de vanter à Gypsie ses talents pour l'écriture.
A l'écoute de ce chant tout sauf mélodieux, elle fronça les sourcils.
Regard noir en direction de Sandino.


En effet très cher, "elles rossent les polissons". Te faut-il des preuves?


Puis elle parla à Gypsie à voix basse :


Le souci avec Sandino tu vois, c'est que tout va bien tant qu'il ne chante pas, j'avais oublié de te prévenir, mais tu peux juger par toi même.
Princesselaure a écrit:
Ce soir avait lieu la piéce de Sandi et Zézé, la famille d'Orsenac s'approcha du lieu de rassemblement pour y assister.
Ils prirent place afin de suivre la scéne, il fallait bien cela, saluant les présents, chuchotant entre deux discussions, la soirée s'annoncait bonne et zézé avait dit que ca vallait le coup voilà le pourquoi de la présence de la famille entiére.
Gypsie a écrit:
Les talents de comédienne de Zeze, je ne connais pas, mais l'écriture de Sandino, ça oui ! Toujours un plaisir de le lire ! Et ses poèmes... ralala...

Et alors.... Sandino chanta... Olala... Pauvre de mouah... Pauvre de nous... Dans la foulée il les avait rebaptisées, les " gégé " ^^.

Tu entends ça Galswinthe, nous voilà les gégé du duché ^^ ; les babas gégés du Ba^^. Bon, me voilà ravie d'être associée à toi ainsi !! ^^

Et oui, on rosse les polissons, je rosse même les poissons de Montbrison Laughing
Pfiou, pourvu qu'il ne recommence pas de chanter ! Il va encore tomber. Déjà hier, il est tombé de la chariote du sans nom^^ Laughing
Jazon a écrit:
Jazon ayant toujours à faire arriva craignant d'être en retard pour la pièce de théatre. C'était une première pour lui.
Surtout qu'en approchant, il entendit chanter à tue tête et tendit l'oreille aux paroles malgré que ce fut loin d'être mélodieux.
Il comprit que la chanson était destiné aux deux dames placés sur le premier banc et se mit à rire en approchant.

"HAHAHA...... cochonnes..... harengs.....HAHAHA....."

Il entendit Gals rajouter à la fin de la chanson : En effet très cher, "elles rossent les polissons". Te faut-il des preuves?
S'approchant d'elles, Jazon répondit : "J'aimerais bien voir ça !"
Il embrassa son amie Gals.
"Comment vas tu Gals ?
On devrait passer une belle soirée !"


Il s'assit à coté de sa charmante épouse la regardant un brin moqueur l'imaginant entrain de rosser des polissons.
Beths a écrit:
Un pièce de théâtre.

En ces temps troublés, en ces temps où les esprits s'échauffaient, en ces temps de doutes et de remise en question, un peu de légèreté et de rire, étaient une très bonne chose.

Beths s'était donc décidé à venir au théâtre improvisé.

Certes, elle n'était guère en avance, mais apparemment le spectacle n'avait pas commencé.

Du coin de l'oeil, elle se chercha une place. Au loin, elle reconnu plusieurs personnes, plusieurs Dames. Dames Gypsie et Gals notammen auxquelles, elle offrit un sourire franc. Cela faisait plaisir de voir des visages connus.

Voyant enfin une place libre, elle s'installa. De sa besace, elle sortit une grande étole pour s'en couvrir, le temps commençait à virer au frais, et il ne faudrait pas qu'elle attrape quelque refroidissement ...
Sagement, sans même ouvrir la bouche, elle attendit que le spectacle commença.
Sandino a écrit:
…En retard, soucieux de ne pas trop faire attendre le public Sandino se presse, arrivé devant l’assistance qu’il salut d’un mouvement de tête, il prend la parole.

"Gens de biens, gens de peu, nobles gens !!

La « carriole magique » vous souhaite la bienvenue ce soir pour une fois n’est pas coutume vous inviter à un spectacle.

C’est « Logos et Kronos » petite pièce sans prétention en deux actes que nous nous proposons de jouer devant vous.
C’est la Grèce ancienne celle des débuts du théâtre qui nous a inspiré notre création, à l’époque l’acteur et son monologue a vite laissé place au duo et au dialogue c’est cette formule qui ce soir a été choisi.

Je précise qu’entre les deux actes une pause est prévue afin de permettre aux mécontents de fuir en douce et aux assoiffés de se rincer la glotte.

Quelques mots sur la pièce avant qu’elle ne débute, Logos personnage féminin est « la parole » Kronos le personnage masculin « le temps », vous allez découvrir, le temps de quelques paroles qui sont la Parole et le Temps.

Après la fin de la pièce je reviendrai vous parler des symboles cachés pour ceux que cela intéresse, symboles qui je l’avoue n’apportent rien de plus à la pièce mais qui existent cependant.

Pour terminer « la carriole magique » dédie ce moment de partage à Mimi qui bien que jeune encore fait front avec courage dans un période difficile.

Je vois là haut Vénus qui nous fait son sourire, Logos et Kronos sont bientôt prêts, installez-vous confortablement, bonne soirée, à plus tard…
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Gypsie

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MessageSujet: Re: La carriole magique   Mer 22 Oct - 20:59

Zeze5 a écrit:
Le rideau se lève sur une femme en toge blanche, assise sur une pierre un livre en mains, seul un feu ardent donne une lumière vive au milieu de la nuit.
Sans bruit, sortant des ténèbres un homme tout de noir vêtu, tenant un sablier se place face à elle.
Seul le feu les sépare....l’homme habillé de nuit, debout, le premier prend la parole.




Kronos :
Je suis le maître tu es ma captive

Logos :
Le maître du paraître
Tu l’es assurément
Quand s’écoulent les ans
Mais tu ne m’as pas conquise

Kronos :
Toi tu n’es que vent
Tu attises
Rentrée par derrière
Tu disparais par devant
Tant sont nombreuses tes cohortes
Aux oreilles des gens

Logos :
Tu passes comme le courant
Entre deux rives
Tu n’es que passant
Déjà ancien à peine présent

Kronos :
Pour toi bien des langues s’activent
Comme des moulins en eau vive
Elles en disent tant et tant
Pour seulement dire que si les vers luisent
Ce sont des vers luisants

Logos :
Au sablier tu n’es que grain tombant
Régulièrement tu tombes comme la feuille éprise du vent
On te compte on te divise
Si fade est ta mise
Que l’on ne te vois pas passer bien souvent


Kronos :
Je suis d’argent

Logos :
Je suis d’or


Quand elle parle il regarde son sablier, le retournant au dernier grain de sable... elle tourne les pages de son livre quand il s' adresse à elle ...


Kronos :
Là depuis l’avènement je sers de remise à l’histoire du vivant
Et par mon entremise la Camarde fauche ses champs

Logos :
Je suis le verbe qui brise, le casseur de néant
A ma source puise la beauté des chants
La fantaisie est permise
Qu’importe si tu t’égraines de l’aube au couchant

Kronos :
Je puis être heures exquises
Au rendez-vous des amants
Et quoi que tu en dises
Pour eux je suis important

Logos :
Je peux être subversive
Captivante en histoire pour enfant
Sage lors des crises
Ou bien arme des résistants

Kronos :
Comme mûrit la cerise
Je donne aux gens
Une assise
je borne leur cheminement
Permet de savoir la venue des enfants
Aux étudiants apporte la maîtrise
Je compte comme toi tout autant


La femme se lève d'un pas lent fait le tour du feu et se place face à l'homme.....


Logos :
Parfois tu traînes vieux barbant dans tes entreprises
Mais les hommes devraient aimer plus encore ce que tu leur
Laisse devant

Kronos :

Tu exprimes le dedans
Douce brise ou tonnerre bruyant
Le silence n’était plus de mise
Je l’ai compris en t’écoutant

Logos :
On dit que sur moi tu n’as pas d’emprise
Pure méprise
Entre tes deux rives tu me portes sur tous les continents

Kronos :
Que tu sois belle ou rétive
Tu es le lien transparent
Couchée en missives
C’est moi qui te ralenti toi si expressive
Que l’on te saisi sur le champ

Logos :

J’ai besoin de ton expertise
Toi seul use les faux semblants
Je suis parfois si massive
Qu’en ton chemin maigrissant
Je n’en suis que plus vive
A toi je le dois Maître Temps

Kronos :

Grâce à toi si active
On en vient à manquer de mes élans
J’ai trop longtemps eu la mainmise
Ta venue fut un événement
Tes leçons sont apprises
Toi Maîtresse Parole a fait l’homme renaissant

Logos :
Ne dit on pas passer son temps en vaines paroles ?

Kronos :
Ne dit on pas il est grand temps de parler ?

Logos :
Ce n’est pas le temps qui passe mais nous
Telle sera désormais ma devise

Kronos :
Le Temps passe et les paroles restent
La mienne dorénavant.


Le rideau se ferme ........................


Fin de l'acte 1
Galswinthe a écrit:
Les bancs s'étaient remplis, les discussions allaient bon train. Les gens se retrouvaient en toute simplicité pour assister à un spectacle dans une ambiance conviviale. Voilà bien une situation dans laquelle Gals ne s'était pas retrouvée depuis longtemps et elle le déplorait. Mais ce soir elle en profitait, riant avec Gypsie et Jason des facéties de Sandino quand... le rideau se leva et l'on n'entendit plus un bruit.

Sandino présenta alors la pièce, inspirée de la Grèce ancienne qu'elle connaissait peu. Elle eut également une pensée émue pour Mimi.

Puis la pièce commença. Gals fût captivée par cette joute verbale emprunte de lyrisme, talent selon elle d'un grand écrivain.

Puis bien vite, le rideau se ferma. Le temps avait passé sans qu'elle ne s'en aperçoive, mais pourtant la nuit était déjà tombée. Elle attendit la suite avec impatience, n'osant briser le silence qui s'était installé.
Modsognir a écrit:
Modsognir avait été prévenu d'un spectacle présenté par zeze et sandino. Il eut envie d'aller les voir et se rendit à la place. Il entra discrètement voyant que lascèn avait deja commencé. Il s'asseya et regarder le theatre, cela le changeait de sa routine
Zeze5 a écrit:
Une fois le rideau baissé, Zézé était allé dans les bras de Sandino, tremblante.

- J'ai un trac fou !! j'espère que cela ne s'est pas vu. Jouer devant des personnes que l'on connait c'est moins facile que devant des inconnus.

C'est sans changer de vêtements qu'ils passent ensemble le rideau pour aller vers les personnes présentes. Gals est la première. Zézé osait à peine la regarder.

- Gals !! bonsoir, je suis contente de te voir ici. Il y a des rafraîchissements et quelques gâteaux.

Laissant Gals, regarder les gâteaux avec envie, elle va voir les autres personnes présentes, pour les inviter à faire de même.
Korydwen a écrit:
Korydwen avait entendu parler d'un spectacle, ça s'appelait pièce de théâtre, elle n'avait jamais eu la possibilité d'en voir ailleurs. En plus c'était Sandino et Zeze raison de plus pour y aller. Elle avait laissé ses enfants à Mathilde, ils auraient mis le bazar ici.

Elle avançait doucement, sa grossesse bien avancé ne lui permettait guère de faire de gros efforts. Elle arriva pile avant le début de la pièce. Elle s'installa sur un des sièges et saluer les personnes présentes d'un simple geste de la main.

Une main posée sur son ventre, elle se laissa porter par l'histoire. Les yeux rivés sur les deux personnes à boire leur parole, c'était divertissant et ce calme... Étonnant d'être si au calme alors que ces derniers temps, un drôle de concours à savoir de qui braillerait le plus fort... Elle sourit et regarda tristement le rideau se fermer attendant la suite avec impatience, la nuit tombait doucement, elle n'y avait pas fait attention...

Sans un bruit, une main sur son ventre, elle observait le moindre mouvement des rideaux... Le moindre bruit, la moindre voix...
Galswinthe a écrit:
Silence rompu... Zeze et Sandino descendent de l'estrade . Zeze vient la saluer et l'inviter à déguster quelques gâteaux et boire un rafraichissement.

- Gals !! bonsoir, je suis contente de te voir ici. Il y a des rafraîchissements et quelques gâteaux.


Gals lui sourit.

Bonsoir Zeze, c'est toujours un plaisir pour moi de voir du théâtre, tu le sais. Et si en plus il y a un entracte avec quelques petites friandises tu te doutes que je suis comblée !
Zeze5 a écrit:
Sandino faisait des signes à Zézé, lui disant de revenir pour la suite, Elle s'excuse auprès des personnes et file derrière le rideau.



Le rideau se lève sur l' homme assis sur la pierre, il tourne les pages du livre qu'il a dans ses mains, la femme debout, lui tourne le dos, regarde le sablier qu'elle tient.......


Kronos :

Je n’en finis pas et m’ éternise
Pourtant je suis compté.


Lentement la femme se retourne et plonge son regard dans les yeux de l'homme.


Logos :
Je ne suis parfois qu’une légère brise
Envolées mes phrases à peine formulées.

Kronos :
Tantôt nouveau ou bien passé je ne suis en fait que présent
Dans un souffle je renais à chaque instant

Logos :
Comme toi je me répète et sort bégayante,
De bouches millénaires pleines de dents.

Kronos :
On dit que face à la bêtise
Je ne suis pour rien dans l’affaire
Que je ne puis rien faire

Logos :
On en dit tant et tant par mon entremise
Si le temps ne fait rien à l’affaire
Où donc réside l’espoir d’un règlement ?

Kronos :

Douter n’est donc point chose permise ?
Habillée de certitude tu vas uniquement ?

Logos :
Sortie de langues vipérines j’ai la peau du serpent
Alors les débats s’enveniment
Je n’en reste pas moins vraie pour autant,
malgré moi je sers aussi la vermine
Tu vois j’ai bien des accoutrements.

Kronos :
Tu sais être libertine,
harmonieuse dans les chants
Poétique coiffée de rimes… moi toujours égal je reste le temps

Logos :
Combien échangerait le verbe pour une rallonge de quelques
uns de tes moments
Tous unanimes j’en suis certaine, jamais parole ne connaîtra
Pareil engouement.

Kronos :
Ma fin va venir définitive !!
Dans un grand fracas et beaucoup de hurlements
Le temps assassin, comme l’ogre mange ses enfants

Logos :
Vaine, déplacée, de haine, la parole blesse et peut tuer
Tout autant
Oublions nos devises et unissons nous comme deux aimants
Vont naître alors de nous un firmament
Vérité sera notre fille promise et Amour sont frère étincelant


L'homme se lève, présente le livre ouvert, la femme dépose le sablier sur les pages, en guise d'alliance...


Kronos :

Ainsi il va être fait, tu as ma parole

Logos :
Je t’offre ce qui me reste de temps.



Fin

Le rideau se ferme.
Sandino a écrit:
…Sandino encore dans son habit de Kronos revient devant l’assistance.

Gente assemblée, je vous avais promis de revenir vous parler de symboles. N’attendez pas de moi une explication de texte, ni même vous dire ce que nous avons voulu exprimer dans ce dialogue entre Logos et Kronos, chacun y trouve ou pas matière à réfléchir ou pas.
C’est uniquement des symboles que je parlerai, le blanc de la toge, le noir de mon propre costume n’auront pas échappé à votre sagacité, symbole des contraires pour le plus souvent et dans certaines cultures symbole de la complémentarité, ici, le noir est aussi symbole de Saturne qui comme Kronos a mangé ses enfants et fut relégué aux confins du monde des Dieux et par la même déchu de sa couronne de chef, c’est aussi l’homme ténébreux, le mélancolique, ne dit on pas « la nuit des temps » couleur de nuit est sa mise vous l’avez constaté.
Logos la blanche est Vénus, comme la parole qui guide dans la nuit de l’ignorance elle fait de même avec le marin et le vagabond perdu, elle est ici aussi symbole de beauté, d’amour, de création par le verbe.
Le feu central est lui symbole du Dieu de toujours, du Soleil qui par son pouvoir donne sa chance au vivant, fait pousser les blés et mûrir les fruits. C’est à sa lumière que le dialogue de la parole et du temps est possible.
Voilà donc ce que j’avais à vous dire sur ce qui était caché, un soleil central et des planètes qui tournent autour, Vénus,Saturne et les autres étoiles que vous avez représenté à nos yeux sans vous en douter.

Dans un ciel de comédie le temps de quelques paroles nous sommes devenus vous et nous, unis par « la carriole magique » filles et fils du Ciel par le corps de la Terre…

Avant de vous laisser, au nom de « la carriole magique » je veux vous remercier d’être venus, je remercie aussi le comité des fêtes du Duché, les brasseurs Auvergnats qui sont pour un peu dans le processus créatif,la poste et ses messagers, ainsi que Gus Thoersen créateur de la « lotion Boréal » nom qu’il a donné à cette lotion capillaire en l’honneur de son pays de Norvège où dit-il la nuit dure six mois, lotion qui donne à Zézé cette chevelure soyeuse et brillante dont j’ai quelques flacons encore disponibles à la vente, si vous pensez que le prix est élevé dites vous que vous le valez bien…


Sandino joint les mains devant sa poitrine et se baisse pour saluer l’assemblée avant de rejoindre sa bien aimée derrière le rideau.
Galswinthe a écrit:
Deuxième acte... passant encore plus vite que le premier. Elle n'en rate pas une miette. Le rideau se ferme...

Sandino alors revient alors comme il l'avait dit reparler des symboles, puis salue et retourne derrière le rideau.

Gals commence à applaudir.
Modsognir a écrit:
Modsognir écouta la seconde partie du spectacle. vraiment tres bien fait et joué trouva t il. Il ecouta les remerciements de Sandino par la suite.....attendit un peu et vit Gals au devant commencer à applaudir.

Il se leva et continua avec la baronne à les applaudir pour ce bon moment
Gypsie a écrit:
Plusieurs personnes qui arrivèrent encore, Beths étonnament silencieuse, Kory de plus en plus ronde et d'autres qui se joignèrent aux spectateurs.

Captivés par cette originale pièce de théatre, le temps et la parole, voilà de quoi faire réfléchir et méditer. Presqu'un cours de théologie. Sens de l'être, commencement du monde, intempérance et plaisir... temps et parole.

Le deuxième acte passa encore plus vite que le premier, et, alors qu'elle en aurait encore entendu, le rideau se ferma. Gypsie se leva, s'appUyant sur l'épaule solide de son époux, et applaudit les acteurs. Soirée qui les avait tous divertis, comme il en faudrait bien d'autres. Sourire en entendant les dernières paroles de Sandino... Pourquoi pas essayer cette lotion, enfin... l'essayer sur Jazon. Il le valait bien lui aussi.
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Gypsie

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MessageSujet: Re: La carriole magique   Mer 22 Oct - 21:00

Jules.cv a écrit:
Jules avait rejoint la place avec Sandino et Zézé. Tout droits sortis de taverne, le plus naturellement du monde, ils avaient rejoint ensemble le lieu de la pièce.
Avec un sourire amusé aux lèvres, il regarda le couple se chamailler en montant le décor.
Le soleil cognait et en attendant l'heure de la représentation, Jules partit discrètement se rincer le gosier dans une nouvelle taverne.

Il n'avait plus d'écu en poche mais qu'importe, le tavernier semblait aussi fin gelé que ses client, il suffit alors d'un simple...


TOURNEE GENERAAAAAAAAALE !

... bien claquant, pour que le commis aux fûts de bibine s'en retourne à son occupation de service des chopes.
C'est alors que Zézé, sûrement fine oreille, entra se délecter de quelques pinthes...


Oh la, j'ai un de ces tracs moi ! disait-elle sans cesse. Du moins au début, car à sa sortie ce fut plutôt : Bon, je rejoins le bricoleur !

S'emparant d'une chope bien fraîche, elle sortit de la taverne un peu moins, elle, fraîche qu'à l'entrée.
Jules s'imaginait la scène et esquissa un sourire en sirotant sa cinquième pinthe, quand une envie de pisser digne d'une des mules de la Cariolle Magique se fit sentir plus que pressément !
Il sortit en quatrième vitesse honorer un des murs de l'auberge lorsqu'il entendit :
- AIEEEEEUHHHH !!!!! puta de hijo de tu madre !!!

Ce son le fit sursauter, honorer même le soupirail de la cave de la dite auberge. Ce sentant tout penaud, et en espérant que le tenancier était toujours aussi déquerre, il termina son travail de vidange.

Bref, il repassa après cela devant la porte : Ca va commencer !
Et là d'entendre : - Oh quoi tu veux une rouste ?
- Quoi encore une tournée ?
- Comme en Cey ? c'est où ça ?


Il roula des yeux en direction du spectacle lorsque Cléa le rejoignit.
Il s'installèrent au fond comme de bons et disciplinés spectateurs, comme à l'Eglise, comme toujours d'ailleurs.

Il pensait que vu les interprètes, enfin surtout le magnifique cantate, leur spectacle ne pouvait être que hautement divertissant !!
Clea... a écrit:
Cléa et Jules étaient installés sur les derniers rangs de peur de déranger le déroulement de la pièce, et aussi faut bien le dire pour que la Reine mère ne leur ordonne de s'asseoir près d'elle.
Cléa qui aimait la plume de Sandino, venait de découvrir les talents de Zézé, ses tirades récitées sans trébucher, avaient diverti l'auditoire, nul ne sait si elle avait le trac, en tous les cas elle le dissimula parfaitement.

Quand Sandino donna sa propre explication sur le symbole des planètes, Cléa sourit et serra la main de Jules. Elle savait mieux que quiconque que lorsque deux satellites se rencontraient ils pouvaient déclencher un feu de passion....A nous de l'entretenir chaque jour !

Cléa bisouilla quelques joues à droite à gauche et se mit en chasse d'un breuvage gouleyant pour rendre heureuses ses papilles.
Jazon a écrit:
Jazon était émerveillé, comme un gosse. C'était la première fois qu'il assistait à un tel spectacle. Une pièce de théatre !

Tout l'avait enchanté : les personnages, les costumes, le jeu autour du feu, les symboles, cette manière de couper l'histoire en deux parties... Sandino avait parlé de "deux actes"..... Très certainement un terme lié au théatre.

Et les dialogues.... Prenant du début à la fin. Bien trop court !
Jazon aurait bien vu un "acte" supplémentaire.

Il applaudit comme tout le monde remerçiant les comédiens de leur belle prestation.
Princesselaure a écrit:
Tout bonnement magnifique

Laure émerveillée par la piéce regardait Zézé et Sandi avec admiration... Ceux là sont des vrais amis...
Mimicracra a écrit:
Mimi était restée silencieuse dans son coin très émue par la dédicace, puis par les textes.

Fin du premier acte puis du second... tout avait été trop vite ! Elle applaudit à s'en faire mal aux mains puis se rapproche de ses amis.

Elle embrasse tendrement Sand sur la joue les yeux brillants d'émotion puis Zézé.


Merci à vous deux... Venez donc prendre quelque chose à boire avec nos deux Gégés préférées !

Elle se retourne disctèment et essuie une larme du bout des doigts l'air de rien.
Zeze5 a écrit:
Voilà des jours que la pièce avait été joué, plusieurs personnes étaient venu les voir. Si le public avait prit autant de plaisir à assister à cette représentation que Sandino et Zézé à l'interpréter, alors ils étaient heureux.

Le passage à Polignac, leur ancien village avait été agréable, la carriole sur la place du marché avait attiré du monde, mais comme souvent dans les villages traversés, les gens passaient sans dire le moindre mot ....dommage, un "bonjour" est vite dit !! donc les revoilà sur la route....Montbrisson, ville qu'ils aimaient. Installation de la carriole sur la place du marché, quelques visites aussi.

Sandino comme souvent était à la pêche au bord du lac ..... sa barque ayant fini sa vie sur la plage de Montpellier, il ne lui restait plus qu'un fil et sa voix pour appeler le poisson....c'est dire si sa pêche était bonne.
Zézé quant à elle partait tôt le matin sur sa barque...Sandino ne voulant plus mettre les pieds dans une embarcation, préférait rester au bord.
En revenant de sa journée de pêche, Zézé trouve Sandino, assis, le dos contre un arbre, une plume à la main, un parchemin sur le genoux et ..... le fil de pêche attaché au pied.

- C'est comme ça que tu comptes attraper du poisson?!! lui dit Zézé en descendant de sa barque.
- Poisson ?!! quel poisson ?!! lui répond Sandino

Zézé s'installe à ses cotés en souriant. Comme à chaque fois qu'il écrivait, il était dans son monde.

- Pourquoi n'afficherais-tu pas tes histoires sur la carriole ?!! les gens pourraient les lire et les liraient à ceux qui ne savent pas !!
Sandino a écrit:
...La proposition de Zézé était parfaite pour détendre un peu le passant, en rentrant dans ses pénates quoi de mieux aprés avoir bu quelques chopes en taverne que de lire une histoire se disait Sandino, restait à savoir laquelle.

Aprés réflexion et bien qu' elle soit connue par certains habitants de Polignac, " le Voyage extraordinaire de vagabond" était l'histoire qu'il allait afficher.

Aussitôt dit aussitôt fait...




"Le voyage extraordinaire de vagabond 1"


Laissez moi vous conter un voyage que j’ai fais il y a déjà quelques années pour ne pas dire il y a longtemps, je vagabondais comme il est de mise pour un va nus pied quand dans un port d’ Iskadie une vieille tzigane, car telle elle m’est apparue, me prenant par la jambe me déchaussa afin de me lire le dessous du pied gauche celui qui porte bonheur, le vagabond a son avenir inscrit sur les lignes de la plante du pied gauche c’est ainsi contrairement aux sédentaires à qui l’on prédit le destin en regardant la paume de la main droite ( à part pour les gauchers-doubles mais c’est rare).

Qu’avait-elle vu ?

Je ne sais, je ne suis pas certain que ce fut pour y lire un avenir piéton qu’elle m’avait déchaussé ainsi elle était la pauvre muette de naissance, à force de gestes je compris qu’il fallait que je m’embarque sur un bateau qui était à quai, quelle fut ma surprise quand le bateau quittant le port je la vis gesticulant folle de rage au bout de la plage.

Un des marins goguenards me donna une explication simple, la pauvre muette n’était qu’aphone elle avait cassé sa voix à force de crier aux marins de lui rendre ses affaires, la semaine passée lors d’un bal masqué sur le bateau elle avait oublié sa robe de ville et ses chaussures, les marins hésitaient depuis tout ce temps.

Les quelques personnes qui avaient essayé de l’aider n’étaient parvenues à aucun résultat. Moi je me retrouvais embarqué sans jamais l'avoir voulu...

Le bateau s’appelait « Faut voir… » et c’est la seule réponse que l’équipage donnait à mes questions, invariablement. La destination était l’île de la grenouille, une île qui disait on à terre changeait de place plusieurs fois dans la journée ce qui obligeait la population à s’habiller pour un temps sans cesse différent, vous conter par le détail l’aventure que fut la recherche vaine de l’île sauteuse prendrait trop de temps.


Un matin calme une terre apparue au loin, je demandais à l’équipage s’ il connaissait cette cote, faut voir fut la réponse, débarqué sur la plage après les heures d’hésitation des marins qui voulaient bien mais fallait voir, un homme la tête cachée sous une sorte de cagoule me souhaita la bienvenue, il était le gardien d’un phare minuscule qu’il n’utilisait que la journée.

D'après les dires de l'autochtone nous étions arrivés en plein Tropiquateur, une mince région horizontale entre le tropique et l’équateur et inversement si on vient de la direction opposée, au sud il y avait La Grande Moukave, une région de sable désertique au milieu d’une forêt, les habitants artistes sur sculptures de sable y vivent lascivement.
Au nord la Petite Moukave, une oasis de verdure au milieu d’un désert de dunes, c’est là que les sabliers les plus précis sont fabriqués.

Les traversées des deux régions avaient fatigué les marins du « Faut voir… » qui n’avaient pas réussi à abandonner le navire et le portaient depuis le début, je décidais de continuer seul sur un âne Moukavien pourvu d’une bosse gourde et d’un flair redoutable pour trouver l'herbe Kat indispensable à toute traversée.

L’âne Moukavien a en commun avec l’âne du Poitou et certains habitants du royaume une tendance à l’entêtement, ce ne serait qu’un défaut mineur si la providence s’en était tenue là, mais dans ces régions perdues elle semble s’être acharnée à compliquer l’existence de la moindre de ses créatures.

C’est donc juché sur un animal têtu et dépendant à l’herbe Kat que je partais pour la traversée du désert Moukavien, les indigènes m’avaient assuré que l’âne suivrait les pousses d’herbe Kat qui traversaient le désert de part en part, un oubli de leur part, un simple détail m’a ce jour là condamné à une errance horrible. Si l’herbe Kat traverse en effet le désert Moukavien, elle reste une « Spiraline » et ne pousse qu’en dessins complexes et spiralés.

Une traversée et je m’en suis aperçu une fois arrivé que j’aurais pu faire en une après-midi à pied a duré 3 jours, l’âne, tête baissée suivait les spirales, au début la promenade s’avérait charmante, rythmée, au bout de deux heures un malaise proche du mal de mer s’est insinué en moi, incapable de mesuré le chemin parcouru c’est malade comme un terrien sur un bateau que j’ai atteint finalement la sortie, comble de mon malheur tout le long du périple une petite voix me chuchotait à l’oreille « faut voir… »…

Juste après le désert, à l’orée d’une forêt d’arbres géants scintille Polyglotia, ville cosmopolite de marchands et de caravaniers.

La particularité des Polyglotiens est de parler toutes les langues du monde, une qualité au demeurant, utile pour le commerce et les relations sociales, l’infortune encore une fois avait frappé cette ville nouvelle et porteuse d’avenir, s’ ils parlaient toutes les langues du monde c’était toutes en même temps, il en résultait une bouillie incompréhensible, les rues saturées du brouhaha de conversations insensées étaient invivables, seul quelques sourds assis au coin d’une rue semblaient prendre plaisir à converser.

Décidé à ne pas rester plus longtemps dans un tel potin je sortais de la ville avec mal au crane et des restes de mal de mer, c’est au passage de la dernière grande porte qu’un aveugle m’a cravaté, il avait l’haleine d’un âne Moukavien et m’a plaqué sur le mur d’enceinte en me racontant une étrange histoire. ..

( à suivre)
Paillard a écrit:
Impossible de rater la carriole aussi discrète que de bon goût, qui abritait maintenant les deux routards, ses ex-voisins. Incroyable d'ailleurs comme les ex-tout se multipliaient ces derniers temps...

Arrivé en silence, il observait du haut de sa monture le vagabond depenaillé qui clouait, appliqué, langue tirée, des feuillets noircis. Il attendait avec anxiété que le fer écrase un doigt, se retenant de bouger ou de toussotter, sachant le Sandino prompt au sursaut fatal.

C'est d'une voix basse qu'il prononça :

Et bien mon vieil adversaire,
Te voilà en verve littéraire !
As tu ta douce a portée de voix,
Et quelques miettes de temps ?
Que nous prenions un doigt
De vieille prune pour se rincer les dents ?
Gypsie a écrit:
Peut être auraient-ils dû tous bisser jusqu'à les faire tiercer ? Les artistes sont souvent ainsi, préférant quitter la scène applaudis par un public en reste, plutôt qu'à coup de jet de légumes divers et variés.

Toujours est il que le rideau tomba, et chacun s'en retourna chez soi. Repassant de temps en temps par l'endroit où pièce les enchanta, belle surprise un soir de découvrir la première partie du voyage extraordinaire de Vagabond soigneusement affichée. Agréable à lire et dépaysant rien que par les mots. Déjà on a envie de savoir la suite des aventures et quand un autre arrive, se met à rimer juste assez bas pour être entendu, on se demande si d'autres ne vont pas s'y mettre aussi, ne laissant place à l'ennui, en attendant la deuxième partie.
Sandino a écrit:
...Figé devant son affiche, Sandino n'osait pas bouger, une voix légère lui parlait, pas celle de son dedans celle là il la connaissait que trop bien en plus elle avait un accent ibérique.
Cette voix là qui parlait en rimes n'était pas lavoix de sa conscience, Dieu me parle se dit il, mais pourquoi en rimes ? toujours immobile Sandino n'en croyait pas ses oreilles, comment se faisait-il que Dieu lui parla alors qu'il ne l'avait pas invité à le faire, en plus pour lui payer un coup à boire.

Ce fut le bruit que fit une monture en soufflant fort des naseaux qui finit par convaincre le vagabond que ce n'était pas Dieu qui lui parlait à l'oreille, à moins que Dieu soit un cheval pensa t'il l'espace d'un instant.
C'est une fois retourné qu'il vit qui lui avait chuchoté à l'oreille.


- Par les enfers de Polignac !! c'est toi qui te fais passer pour Dieu !! tu m'as fais peur je croyais que le barbu me palabrait à l'esgourde.Dit-il

Détaillant Paillard juché sur sa monture, il reprit.

- Toi aussi tu t'es mis au régime des trois fruits par jour...c'est un médecin de Lévan qui dit ça, moi j'ai déja pris de la pomme en calva, va pour la prune tu vas me raconter un peu ce que tu fais à part me faire peur.

Laissant là ses affaires il fit signe à Paillard de le suivre en direction de la taverne la plus proche, au loin la Baronne Gypsie montée sur un animal haut de garrot arrivait, elle venait sans doute lire, "va pas être déçue" se dit-il....
Paillard a écrit:
Trois fruits par jour... Un rapide calcul lui confirma qu'il n'en était pas loin, bien qu'il se demandat l'utilité de cette nouveauté médicale. Mais à l'invitation de Sandino, il descendit de selle, accrocha la bride à un piquet et lui emboita le pas.

Mais il semble que la simple évocation d'une tournée avait gardé le même effet, malgré les mois écoulés, et il ne fut qu'à peine surpris de voir une Zézé tourner le coin de la carriole pour les rejoindre à pas pressés.

Zé....

Il s'arreta, attendant sa "vieille" amie.

Et bien, ca fait un bail voisine ! Le grand air te reussit, tu resplendis !
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MessageSujet: Re: La carriole magique   Mer 22 Oct - 21:00

Zeze5 a écrit:
Derrière la carriole attendant d'un instant à l'autre d'entendre Sandino jurer en espagnol, comme à chaque fois qu'il utilisait un marteau, mais non c'est la voix d'un homme qu'elle entendait. La curiosité aidant ...et oui Zézé est une femme comme diraient certains hommes, donc la curiosité la fait passer la tête pour voir qui parlait avec Sandino.
Elle reste un moment, planté sur place, bouche ouverte, n'en croyant pas ses yeux. C'est à ce moment là que Paillard la voit, refermant la bouche bien vite, c'est le pas pressé qu'elle va voir son ancien voisin de Polignac.

- Paillard ?!! c'est bien toi ?!!

Faisant le tour de Paillard, le regardant de la tête aux pieds et inversement, une fois bien sûre qu'elle ne rêvait pas, elle va lui faire une bise.

- Ben dit donc !! t'on donné quoi à manger en voyage ? tu voyages seul ? tu n'es pas trop fatigué ? tu restes un moment avec nous ? tu rentres à Po... ah oui c'est vrai je dois dire Po..li..gnac en entier sinon je vais parler allemand, ça fait ça à Sandino ....


Reprenant son souffle, elle regarde tour à tour Sandino et Paillard.


- Allons fêter ça en taverne.
Sandino a écrit:
...C'est en chemin pour la taverne qu'il revint à l'esprit de Sandino qu'il avait oublié d'accrocher l'ensemble des feuillets de "l'histoire extraordinaire de vagabond".

- Passez devant j'ai oublié d'afficher les autres feuillets de mon récit.Dit-il à Zézé et Paillard.

Rentré dans la carriole à la recherche des pages manquantes il ne réussit à mettre la main que sur le second épisodes qu'il mit à la suite du premier avant de partir rejoindre les deux autres.




"Le voyage de vagabond 2"

…J’étais là, au pied du mur, écoutant l’aveugle qui me racontait son histoire, au nord sur la route soutenait il, un royaume ignoré existait, dangereux, il n’en était revenu sauf que grâce à la cécité qui le frappait depuis son enfance, dans ce royaume les Femmes étaient si belles et les hommes si beaux que le voyageur frappé de stupeur ne réagissait pas pendant que les habitants le dévoraient vivant.

Il m’assura de la véracité de cette histoire et se tenait prêt à m’y conduire…Faut voir lui dis je….

Le jour ou Kanibalos est sortie de la brume j’ai cru voir un mirage, une ville de verre, majestueuse, des jardins suspendus en volutes, des pointes dorées sur les dômes… une pure beauté… comme la femme de l’aveugle qui nous avait accompagné et comme l’aveugle lui même avait du l’être dans le passé, j’avais vite remarqué leurs traits fins et réguliers, sous le masque du mendiant se cachait le Kanibale, j’étais certain d’avoir affaire à des rabatteurs, l’histoire était tellement incroyable qu’ils ne devaient pas manquer de clients et j’étais à coup sur le prochain repas d’une familles de Kanibalos.

J’avais pour moi d’avoir pris avant de partir une longue vue dans la cabine du capitaine, rien ne m’obligeait à aller jusqu’à l’entrée de la ville pour y regarder de plus prés, c’est donc pourvu d’un œil d’aigle que je mis à observer la ville de verre, il m’est aujourd’hui impossible de décrire la laideur des Kanibales, irréelle sera le seul adjectif que je vais utiliser, ce qui est sur c’est que je ne fus pas mangé par le couples d’aveugles, conscients que je n’irais pas plus loin ils m’ont fait les poches pendant mon temps de stupeur et sont partis sans bruit.

Quant à moi j’ai pris la route du Nord pressé de trouver une issue à ce périple…

Après un col je fus saisi par l’énormité de la forêt qui s’étendait devant moi, une véritable mer verte, j’avoue m’y être engagé avec la peur au ventre, quelle serait la nouvelle épreuve mise en travers de mon chemin ?…

D’un vieux chiffon bleuté je me fis une sorte de turban, la crainte se manifeste souvent de manière détournée, on se protège la tête, on siffle, on se frotte les mains sans même s’en apercevoir, c’est ainsi, accompagné de tics nerveux et coiffé de bleu que je pénétrais dans « La Sylva » .

Dés le début de la piste je fus émerveillé par les fleurs, les herbes, les arbres, toute la flore qui s’épanouissait dans ce sanctuaire de Gaïa, tout à ma joie de découvrir ces belles élégantes en robes de pétales je n’entendis pas arriver un char qui me dépassa au galop, je disais à ce moment précis mon plaisir à un groupe d’orchidées penchées sur le bord d’un talus, du conducteur de char je ne vis qu’un dos massif et des boucles blondes.

C’est bien plus tard, au détour d’un virage que se manifestèrent les premiers signes d’une présence, j’avais l’impression d’être observé depuis déjà quelques heures, mon dialogue avec la forêt qui restait muette avait dû attirer des bêtes, bien que mécréant et sans Dieu, je priais … je priais la destiné, qu’elle me soit favorable, qu’au moins le monstre tapi ne fasse de moi qu’une bouchée…

Fébrile je continuais ma progression quand sorti de buissons d’épines grandes comme des dagues je vis venir à moi un petit être, il me souriait et me faisait signe de le suivre, il avait apparence humaine, si ce n’était sa petite taille et ses oreilles en pointes on aurait pu dire que c’était un homme miniature… je l’ai suivi…

Grâce à l’aide des Elfes Sylvestre je faisais une promenade magnifique, au bout de trois lunes j’étais arrivé à l’orée septentrionale de la grande « Sylva », après les libations d’adieu je quittais mes petits amis content d’avoir passé cette épreuve sans anicroches, la veille ils m’avaient montré du faîte d’un cèdre le char croisé à l’entrée du bois, il était désormais derrière moi, loin, à 2 jours de notre position.

Franchie la passe qui se présente quelques lieux après la forêt je tombais sur un hameau en lisière d’un labyrinthe de pierre, prés d’un abreuvoir je notais la présence de poneys, deux hommes discutaient allègrement prés d’eux, écoutant de loin je saisis que l’un des hommes voulait traverser, l’autre se proposait de lui louer une monture afin de passer tranquillement le dédale de roche, d’après ses dires la bête empruntait le chemin le plus court. Fort de mon expérience avec l’âne Moukavien je souriais intérieurement à l’offre faite par le loueur de poneys au jeune Damoiseau qui semblait bien tendre.

Le soir même je partais à pied, si un poney débile s’en sortait facilement je saurais y arriver d’autant plus vite.

A l’aube du troisième jour je débouchais enfin de l’autre coté du labyrinthe, griffé par les ronces, piqué par des bestioles en tout genre, maintes fois perdu j’avais triomphé et c’est en souriant, narquois, que je vis débarquer quelques heures plus tard le jeune Damoiseau monté sur un poney, il semblait exténué et sa monture fourbue, je riais sous cape.

Il mit pied à terre devant moi dans un soupir de lassitude, je lui demandais ce qui l’ennuyait autant. Il venait de faire son troisième aller- retour de l’après midi, et même si la traversée du labyrinthe ne durait que deux heures jusqu’au hameau de l’autre coté les va et viens pour rien n’ajoutaient que frustration à son impatience.

Il n’avait guère le temps d’attendre plus longtemps, pourtant on avait signalé la venue imminente d’un crétin rare, un vrai con comme disait un conducteur de char qui l’avait vu rentrer dans les bois, affublé d’un turban bleu, le con était si con qu’on disait qu’il avait traversé le désert Moukavien avec un âne local, et qu’il risquait de traverser le labyrinthe à pied, tout le hameau attendait et il commençait à y avoir des gens des vallées qui arrivaient pour voir le crétin passer.

Je remerciais la providence qui m’avait offert l’aide des Elfes et m’avait fait tomber dans un trou au milieu du dédale où j’avais abandonné mon turban bleu, avant de repartir le jeune cavalier m’avait demandé si je ne restais pas pour voir le crétin, faut voir fut ma réponse…

C’est tout auréolé d’une gloire méritée et de ma fierté en deuil que j’ai poursuivi mon voyage avec pour seule consolation la certitude que tous ces amateurs de crétin de catégorie supérieure allaient attendre un bon moment, qui sait une légende sur la disparition d’un neuneu de concours au fin fond de la « Sylva » verrait peut-être le jour…

(à suivre)
Sandino a écrit:
…Après les prunes cela avait été au tour des blondes « Quelques chopes avant de rentrer.. » avait dit Sandino à Zézé qui s’était décidée à aller se coucher la prune finie.
C’est définitivement saoul que Sandino avait quitté la taverne laissant Paillard dormir sur un banc. Dans la carriole une chandelle donnait une lumière faible, Zézé est encore debout je vais me faire gronder pensa Sandino, sans bruit il fit son approche, arrivé prés de la carriole il se mit à roucouler.


-Rourou rou ! où qu’elle est ma colombe ? hien !!

De l’intérieur de la carriole se fit entendre un grognement.

- Rourou ! elle est grognon ma colombe ? insista Sandino

-c’est moi que t’appelles ma colombe. Fit une grosse voix

Sandino surpris se mit debout devant la carriole, à l’intérieur un homme à grosse bedaine se tenait droit un gourdin à la main, le montrant au vagabond il lui demanda.

- Tu veux goûter à « joyeuse » va nus pieds ?

- Heu…pas ce soir gros ! mais un autre jour si tu veux
. Lui répondit Sandino avant de tourner les talons et de prendre la fuite.


L’erreur de carriole aurait pu lui valoir une correction se disait Sandino le lendemain matin, c’est riant de sa mésaventure qu’il afficha le dernier épisode de l’histoire extraordinaire de vagabond.



"Le voyage extraordinaire de vagabond 3"


Je ne sais combien de temps j’ai marché avant de me retrouver face à un grand lac, sur les rives des bacs à la disposition du passant gisaient sur le flanc comme de grosses baleines endormies, prés de l’un d’eux un groupe d’enfants jouaient, ma venue mit fin au jeu, détaillé de pied en cap par quatre marmots je croisais les doigts et pensais (pourvu que mon histoire ne soit pas arrivée jusqu’à ces rivages).

Ma mise semblait leurs convenir, à mes questions ils répondirent en cœur.
Le lac devant moi était le lac Brama, au centre du lac se trouvait un archipel appelé les Iles Pagal, la plus grande, l’île Jacasse pleine de causeurs intarissables qui ne faisaient rien tant leurs débats duraient.
La plus petite des îles Polaria concentre tous ceux qui ont l’esprit de contradiction, en retrait des deux autres se trouve Déolia, l’île asile où sont amenés tous les fous de la région qui rien de moins prétendent descendre de Dieux innombrables, je prenais le risque d’aller visiter cette terre des fous.

A peine le temps d’accoster que les premiers habitants du lieu me montraient du doigt en criant « pagal !! pagal !! », un gardien jovial m’ouvrit la grille en me demandant si je comptais résider, je me retournais pour lui dire que j’effectuais une simple visite quand agitant la clef de l’autre coté de la grille il me dit qu’il était trop tard, j’eus l’espace d’un instant la sensation d’être tombé dans un piège, le gardien qui devait faire cette farce à tous les visiteurs me rassura en me donnant rendez-vous plus tard.

Passé les premiers massifs de buissons je tombais sur un groupe de résidents.
Assis sur un trône de pacotille un homme que les autres appelaient Traimeya parlait en essuyant ses pieds sur le dos d’une femme qui semblait prendre plaisir à la chose, il disait être Brishna un Dieu Bindou, sa compagne à ses pieds se nommait Tita elle aussi une déesse Bindou, les autres résidents, hilares, montraient le couple d’avatars en criant « Pagal !! Pagal !! », je ne puis vous rapporter les discours tant le contenu était affligeant, de la visite de l’asile je ne retenais qu’une chose « les Dieux sont des fous dans une île asile… ».

De retour dans le bac pour rejoindre la berge je maugréais contre moi même et cette idée de visite, le gardien avait attendu que je fus à quelques encablures de l’île pour m’apostropher de son rocher et me demander si l’âne Moukavien marchait droit ou en crabe… l

Par quel chemin ? Avec quelle aide ? Comment suis je parvenu à rejoindre Alexandrie ? Je ne sais pas.
Le souvenir de ce voyage extraordinaire m’est revenu d’un bloc au sortir d’un demi-sommeil, jamais plus je n’ai revu, surgit de ma mémoire des images de cette errance.

D’une couche faite d’un treillis de cordes recouvertes d’ un fin matelas de fibres, au milieu d’un jardin intérieur semblable à une forêt, une Sylva miniature, je voyais un fleuve énorme, presque un lac avec au milieu ce qui devait être de petites îles.
Assis sur le sol prés de ma couche un gosse entretenait le foyer d’un narguilé, devant mon geste de refus il se mit debout et me fit comprendre qu’il était à mon service, ses petites oreilles finement pointues, son regard d’adulte le rendait étonnant, comme un elfe de l’ancien monde.

En sortant de la villa au bord du fleuve, je vis sur des caisses rangées dans la ruelle les armes de François de Feauvoir, collectionneur d’art, marchand d’opium et d’épices.
Du toit d’une maison voisine une femme dont la laideur finit de me réveiller, me montrait du doigt un âne attaché devant son perron tout en agitant une sandale de l’autre main, pas un son ne sortait de sa bouche en dépit de la véhémence avec laquelle elle tentait de s’exprimer.

La bête sur mes talons je sortais du quartier marchand, un vrai dédale de ruelles étroites quand un couple souriant dont le mari était aveugle, beaux de leurs personnes, me donnèrent une bourse que je reconnu comme mienne et un genre de turban bleu, dans un patois fait de plusieurs langues parlées dans cette ville ils m’expliquèrent que j’étais passé là la veille avec le Franc qui vend des épices, nous étions d’après eux fort saouls et j’avais perdu ma bourse et mon turban en tombant de l’âne devant eux, Feauvoir, boucles blondes au vent dans son char était passé en trombe juste avant moi et c’est à pied avec une monture aussi saoule que moi et qui zigzaguait que j’avais disparu dans le labyrinthe du bazar.

Le couple savait que j’étais de retour, une bande de marmots venus des rives de l’Indus dans le royaume de Brahma, fils et filles de commerçants Jaïns de Jaisalmer s’ en étaient fait l’écho quelques instant auparavant, j’avais remarqué cette volée d’enfants à la peau sombre qui en me voyant arriver étaient partis en criant « Pagal !! Pagal !! » un mot que les deux aveugles ne connaissaient pas et qui me dirent-ils devait être une expression de joie car les enfants riaient beaucoup en parlant de moi.

Le lendemain j’embarquai pour la Grèce avec Feauvoir qui m’avait proposé ce tour des ports commerçants, avant de partir j’étais allé saluer des nomades chez qui j’avais séjourné quelques temps, ils habitaient une oasis passée les premières dunes du désert, une ballade tranquille à faire à pied au milieu des sculptures de sable que le vent faisait et refaisait depuis la nuit des Temps…

fin
Poutou12 a écrit:
Poutou vit Zézé devant sa carriole.

Zézé! merci pour le remède, j'ai fait ce que tu ma dit et ça MARCHE! j'ai retrouvée la mémoire!!! ihihihih!!!!
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MessageSujet: Re: La carriole magique   Mer 22 Oct - 21:01

Damisella a écrit:
Des carrioles sur une place, des troubadours, des diseurs de bonne (mauvaise?) aventure ou des comédiens semble-t-il?

Il est rare d'en voir et Damisella s'approche, regardant avec curiosité les carrioles colorées.

Un cheval attaché attire son attention, ce port d'oreilles qui refusent la verticale... ce poil hirsute, une demi-lune sur le chanfrein on dirait bien le cheval de Paillard.
Une bête qui n'a l'air de rien, mais la cuisse robuste, l'épaule inclinée et le dos large, un poitrail puissant sont révélateurs de sa vraie valeur. Il dévore les lieux en dépit de son air bonasse.

Le maitre est absent, il doit ripailler dans une quelconque taverne.

Sur une des carrioles, des feuilles sont clouées.

Damisella s'approche lentement et déchiffre les feuillets... Eclate seule de rire en lisant cette histoire qui la met en joie.

Quelques écus déposés sur le banc de la carriole.. , elle reprend sa route souraint encore.
Paillard a écrit:
Il ressortit de la taverne, après un somme plus comateux que réparateur, le chapeau de travers. L'automne l'attendait au dehors, avec force rafales de vent. La pluie couchée cinglait les fenetres, poussant au dedans les bourgeoises frileuses, nettoyant les caniveaux engorgés. Il faisait presque doux pourtant, malgré les feuilles rousses qui volaient au travers des rues.
Il lui vint des reves de foret, de chevauchées dans la boue, d'éclats d'eau boueuse levés par les sabots des chevaux. Il aimait à sentir la force des éléments, il aimait les averses qui traversent les vetements, et pas forcément ceux des femmes, il appréciait la pluie qui ruisselle sur la peau.

Levant le visage vers le ciel chargé, uniformement gris, il se dirigea vers son cheval et la carriole. Il aurait pu, s'il n'était en ville, se déshabiller pour sentir les gouttes cingler sa peau, mais un restant de civilisation, des bribes du carcan social, l'en empecherent.

Il s'approcha de sa monture qui, stoïque, le regardait venir, ruminant vaguement un peu d'herbe, voire quelques sombres pensées. Il lui flatta l'encolure, refroidi toutefois par l'odeur de ... cheval mouillé qui s'en exhalait, puis monta souplement en selle. Le bruit de l'eau l'environnait, et seule la lumière chaude qui dansait derrière une ouverture de la roulotte manifestait qu'une vie, ou deux, s'y terraient, à l'abri des premiers frimas.

Souriant, il talonna légèrement Sirocco. Il les reverrait, il en était sur, au détour d'une route quelconque.

Le hongre prit de la vitesse en sortant du bourg, et il le poussa sur la piste détrempée, lui faisant lever des mottes de terre lourde
Sandino a écrit:
…Paillard parti, une main généreuse avait laissé des écus en paiement d’un moment d’évasion, Sandino avait entendu le rire de la Dame a n’en pas douter, tant le rire était à la fois discret et libre, cette histoire qu’il avait affiché était drôle, pour changer un peu l’atmosphère, la nouvelle histoire se voulait mystérieuse, pour sortir l’homme de son quotidien il fallait renouveler les émotions.

La part de rêve allait en éveiller d’autres que le rire…



« La part du rêve. 1 »

…Tout a commencé une nuit, c’est ainsi que m’a été confié cette histoire.

Bien que personne ne puisse dire quand, sous quel ciel astral, tous s’accordent à dire que cela fut une nuit que débuta ce qui allait être une épreuve inattendue, un moment de partage forcé.

Ce village coincé au fond d’une vallée n’avait rien de spécial, de ces chaumières rien d’étonnant ne filtrait, des tavernes aucune rumeur incroyable ou fantastique ne naissait, dans le secret des alcôves, du fond des confessionnaux, des bouches commères, pas un bruit qui ne fut étranger à la nature humaine. Jalousie, ambition, ignorance gouvernaient le plus souvent, rien que de très banal en somme.

Du mal qui devait les frapper, personne n’en avait senti l’approche, pas même les élites, le curé ou la sorcière installée au fond des bois.
La vie du village, rythmée par les travaux des champs, les taches domestiques, la garde des troupeaux, passait comme passe le soleil, lever, coucher, nuit, lever, coucher, nuit.
Bien sur de l’un on savait la tendance à tirer la couverture à lui, d’une autre la volonté de plaire, d’autres l’esprit vénal, la vanité, l’apathie. Comme l’eau de la rivière qui traverse le village, la communauté aux grés des crues et des sécheresses coulait entre deux rives sœurs, l’une de ronce l’autre de fougères.

L’artisan orfèvre, n’y tenant plus se mit en route pour les sommets qui couronnent la vallée, persuadé que là haut, dans un air plus vif, libre de penser, il allait retrouver ce qui lui échappé depuis quelques temps sans vraiment savoir depuis combien.

Sans en avertir sa femme qui dormait, poussé par une force brute, il était parti le pas volontaire pour prendre l’air comme il se plaisait à le dire quant agacé par la mauvaise foi de la vie il disparaissait un jour ou deux.

Ce matin là Flo « l’idiot du village » du moins considéré comme tel, avec couché à ses pieds Bombec s’était à demi levé en voyant l’orfèvre passer, le chien croyant au départ de son ami en avait fait de même, voyant l’homme hésiter puis se rasseoir dans un mimétisme parfait s’était recouché dans un soupir que l’on aurait eu du mal à interpréter, cela tenait de la frustration, du soulagement et de la fatalité.
De ce couple homme-chien beaucoup disait que la destiné avait donné à l’animal l’intelligence, le chien aimait son ami humain pour ce que les autres ne voyaient pas, la bonté, la peine retenue de n’être pas considéré et la surdité des villageois à ses appels muets.

Forte l’envie d’emboîter le pas de l’orfèvre, de le suivre et lui dire ce qui lui causait souffrance depuis peu. L’idiot du village sensible aux comportements humains avait décelé dans la démarche de l’artisan la volonté de solitude, le pas vif témoignait de l’empressement de l’orfèvre à se retrouver au milieu de la nature, le suivre n’aurait fait que troubler sa recherche de tranquillité. »



Voilà, le premier feuillet était en place d’autres suivraient, Sandino satisfait n’avait rien d’autre à faire que d’aller voir en taverne si la Boulasse continuait à rouler…
Sandino a écrit:
"La part du rêve 2 "

…Sans le savoir les deux hommes et le chien partageaient le même trouble, vivaient le même manque, déjà une semaine ou deux qu’ils ne rêvaient plus.
Bombec ne geignait plus en dormant, ne remuait pas les pattes en une course immobile au pays des rêves canin, au pays magique où tout était d’os alléchants.
L’orfèvre ne trouvait plus dans le repos nocturne, dans les voix des songes, les figures, les formes, les volutes dorées qu’il exécuterait le matin suivant pour orner une chasse ou un bijou.

Flo ne vivait plus ces moments uniques qui le voyait loup hurlant à la pleine lune ou aigle planant des jours entiers au-dessus de la terre, libre, porté par les vents chauds.

A ce trio bancal il fallait associer les enfants, les rares adultes qui rêvaient réellement, les animaux et Bruja la voyante crainte et respectée.
Tous pourtant si différents, avec des tournures d’esprit parfois opposées partageaient le même fardeau, le même cauchemar, la fin des rêves.

Après une journée placée sous le signe de l’espérance, au sortir d’un sommeil lourd, Simon l’orfèvre habile, à l’aube fut réveillé par le chant des oiseaux rentrés la veille au soir pour dormir en sécurité dans le fond des bois.
A la seconde ou il reprenait contact avec le monde diurne, il fit le constat qu’une fois de plus la nuit ne lui avait rien laissé, pas même le souvenir brumeux d’une petit voyage onirique. Dépité, la mine triste, l’artisan la tête entre les mains ne comprenait pas ce qui en lui se bloquait, quel était ce mal qui avait tari la source de son inspiration joaillière.

Sur le flanc de la montagne voisine, comme un jeu de miroir, Bruja, femme puissante, emplie de connaissances multiples, se tenait-elle aussi la tête entre les mains, se posant les mêmes questions, renvoyant dans l’univers en écho un désarroi identique à l’artisan.

Pour elle le mal était bien plus profond, du monde des rêves elle ramenait beaucoup, visions du passé et du futur, images de forêt où les plantes rares se cachaient et qu’elle retrouvait guidée par une transe venue de la nuit des temps, le lendemain.

Simon s’était traîné tout au long du chemin de retour, les épaules tombantes, le regard rivé sur les quelques mètres de sentier devant lui, il semblait porter tous les malheurs du monde dans une hotte invisible, l’étranger à le voir y aurait vu l’expression de l’amant éconduit ou du mari trompé tant sa démarche lente et pesante contrastée avec le pas volontaire qui la veille au matin le portait…

( à suivre)
Sandino a écrit:
...De retour chez lui, Simon s’était posé comme un gros oiseau sur le banc de la cuisine les yeux plongés dans les flammes nouvelles du feu matinal.
Son épouse, taiseuse comme lui, n’avait exprimé que très peu depuis son retour, un bonjour à peine audible, la communication à l’intérieur du couple passait par des gestes et des attitudes plus que par de longs discours, c’est le prenant dans ses bras que Miette lui avait exprimé son affection.

C’est le dos tourné, pétrissant le pain qu’elle lui demandait.


- Qu ’as-tu Simon ?

Désormais sous l’emprise du feu crépitant l’orfèvre ne semble plus entendre.

- Simon !? dit Miette maintenant retournée, lui faisant face, les mains pleine d’une pâte beige dont les filaments donnaient l’impression que les doigts de la femme coulaient dans la bassine.

Simon se redresse et regarde enfin sa femme qui les sourcils relevés le fixe.

-Oui je t’écoute.Répond-il
- je t’ai demandé ce qui te tracasse.
- tu rêves Miette ?

La réponse de l’artisan désarçonne sa femme, c’est le ton employé par son mari qui la rend soucieuse.

- bien sur que je rêve Simon, je ne vois pas le rapport avec ma question.
- Et c’est quand la dernière fois ?
- La dernière fois c’était…heu…


Simon observe son épouse, espérant secrètement qu’elle va lui dire hier ou la nuit précédente.

- c’était… je ne sais plus Simon, il y a pas mal de temps je pense, je ne me rappelle plus.

- moi pareillement chuchote Simon en baissant les yeux sur la table de chêne devant lui.

Le plateau épais de bois sombre est parcouru de fines traces laissées par le tranchant des lames qui ont coupé, légumes, pains, poissons et venaisons.

Au même moment dans sa maison de bois nichée sous une falaise de granit rose, à mi-chemin du sommet sur la rive droite de la rivière, Bruja, nouvelle Circé, interroge les runes, les étoiles dans le ciel d’automne pour tenter de trouver une explication au vide nocturne.

Du dernier rêve qu’elle a fait seul le souvenir d’un groupe hétéroclite attendant devant son perron, en une ligne silencieuse, femmes et hommes graves, muets, lui était resté en mémoire…
(à suivre)
Sandino a écrit:
« La part du rêve 4 »

Au village les nuits sans rêves pèsent de plus en plus, le moral des hommes s’assombrit, le clapet nocturne qui permet à tous d’évacuer la tension, de trouver une solution aux problèmes du quotidien, de croire en l’impossible, cette fenêtre sur Utopia est fermée.

Au lavoir, Miette a demandé franchement aux femmes si leurs nuits sont peuplées de songes, toutes, le battoir suspendu dans l’air l’ont regardé, sans un mot, la vigueur qu’elles mettaient à frapper le linge avait donné le ton, en posant la question Miette connaissait déjà la réponse.

« Au poulpe qui fume » le tavernier, ancien capitaine de bateau, cicatrice large en travers du visage montre son profil intact aux présents.
Sont là Simon l’orfèvre, Shanna l’élégante, Itario « fier à bras » ancien soldat de fortune, Bodolino, vieil éleveur et poète ignoré, Tarkalia dites « Tarka » tisserande aux doigts de Fée.

A l’extérieur le nez collé à la fenêtre, Flo regarde le groupe attablé dans la taverne, la discussion est animée, il perçoit sans en comprendre le propos que l’affaire est sérieuse, les silences qui durent, l’absence des rires qui ponctuent d’habitude les échanges, l’affaissement général des épaules indique que la tablée est soucieuse.

Bodolino dans l’axe de la fenêtre fait signe à Flo de venir, ce dernier disparaît un instant et resurgit sur le seuil du « poulpe qui fume », le vieil éleveur se retourne quand Flo, la porte poussée entre en silence.


- Viens t’asseoir gredin ! dit Bodolino en lui faisant une place sur le banc.

La discussion reprend, le capitaine debout derrière son comptoir verse de la bière dans une cruche en grés, c’est Shanna qui parle de sa voix chaleureuse et charmeuse.


- Je vous le dis encore une fois, il faut aller voir Bruja pour lui demander de nous aider.

Les autres, qui d’un mouvement de tête, qui d’un grognement acquiescent avec réticence.

- Qui va y aller ? demande Itario
- Nous ! répond Tarka
- Lui aussi ? interroge Itario en montrant Flo de l’index.
- Lui aussi si-il veut. Répondent en cœur Shanna et Bodolino.
- Moi je ne peux pas, j’ai un travail urgent à finir, une chasse commandée par le curé. Dit Simon.
- Demande à Miette de venir à ta place. Lui dit Tarka.

Itario lève les yeux au plafond en soupirant dans un élan d’agacement spontané.

- Un problème Itario ? demande la capitaine en posant la cruche pleine sur la table.
- Buvons pour sceller notre accord. Reprend il sans laisser le mercenaire répondre.
- Trop de Dames ! voilà le problème. Dit Itario en se servant une chope.

Tarka et Shanna se regardent et sans pouvoir se retenir pouffent à l’unisson, l’orfèvre, le capitaine, Bodolino et même Flo les accompagnent, le rire est général, bienfaiteur, la tension s’évanouie l’espace d’un instant, Itario prêt à exploser de colère contre les deux femmes qui se sont gaussé de lui prend conscience subitement du ridicule de son argument et s’abandonne avec les autres dans ce concert apaisant.

- Nous sommes d’accord. Dit-il levant sa chope.

Le rire retombe et c’est la mine sombre que la tablée trinque et boit en silence, tous soucieux du lendemain
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MessageSujet: Re: La carriole magique   Mer 22 Oct - 21:02

Sandino a écrit:
" La part du rêve 5"

… C’est à la nuit noire que le groupe prit la route des bois profonds où Bruja résidait.

Penser que dû villages ils étaient les seuls habitants perturbés par la disparition des rêves serait une erreur, tout autant que de croire qu’ils avaient décidé de faire cette démarche dans le secret.

Le destin les avait réuni, le village dans sa totalité savait et soutenait le choix d’en appeler à la voyante à part le curé et quelques bigots qui contestaient la décision du bout des lèvres n’osant en dire plus.

Simon après avoir exposé à Miette le plan décidé lors de la réunion au « poulpe qui fume » s’était assuré que son épouse acceptait de le remplacer sans crainte, rassuré, il l’avait embrassé sur le seuil de leur chaumière en lui souhaitant bonne route.

Le groupe s’était adjoint les services de « trois pommes » Petit Jean, 13 ans, fils du forgeron, rusé et coureur infatigable qui saurait le cas échéant retourner au village dans un éclair pour aller y chercher provisions ou apporter des messages.

Petit Jean, Flo et Bombec le chien ouvraient la route, heureux de l’aubaine d’une marche sous la Lune, Flo de temps en temps hurlait aux étoiles ce qui faisait beaucoup rire « trois pommes » excitait Bombec et rendait Itario nerveux, aux premiers hurlements de Flo il s’était adressé aux autres.


- Il est pas bien d’hurler ainsi, va faire venir les loups cet idiot !!
- T’inquiètes donc pas les loups savent très bien qui hurle. Lui dit Bodolino
- Tu veux dire qu’ils le connaissent !!
- Si ce n’était que les loups Itario, la forêt entière le connaît, la mousse, les arbres, les ruisseaux, les animaux aussi.
- Tu te moques de moi Bodo ?
- Mais non !! tu es bien chatouilleux soldat ! il n’est pas ce que tu penses, il est juste différent voilà tout.

- Tu parles comme si je ne m’en étais pas aperçus qu’il était différent, merci !!

Les trois femmes qui attendent que le groupe reparte, soupirent en chorale, le tavernier passe un doigt le long de sa balafre en regardant la lune pleine au-dessus des sapins noirs et des mélèzes, déjà loin les éclaireurs courent le long du sentier.

- Bon ! on y va ou on s’installe pour broder. Demande Shanna en regardant Bodolino et Itario.

- Andiamo ! ordonne Bodo en souriant.

(à suivre)
Sandino a écrit:
"La part du rêve 6"

…C’est l’un derrière l’autre, Itario fermant la marche la main sur la garde de son épée que le groupe reprend sa progression, de plus en plus proche s’entend le rire de Petit Jean, qui assis sur une souche attend l’arrivé du gros de la troupe en regardant Flo et Bombec simuler un combat sur une étendue de mousse éclaboussée par un rayon d’argent.

A l’aube, quasiment perdu le groupe arrive enfin à destination. La maison de Bruja est là, étrange avec son toit presque plat tapissé d’herbe rase, un corbeau posté sur une branche basse au-dessus de la maison observe le groupe d’humains, de chaque cotés de la maison deux arbres centenaires soutiennent murs et toit, la façade de la cabane disparaît sous les plantes qui grimpent ou descendent, on ne sait plus tant les lianes se croisent en tous sens. Sur la porte un énorme chardon bleu cloué semblable à un œil surveille les alentours, des bouquets de fleurs et de plantes séchées suspendues un peu partout achèvent de casser le moindre début de perspective, la maison est un massif de verdure, un organisme végétal tentaculaire.

C’est figé que le groupe aligné comme à la parade attend, aucun d’eux ne bronche, « trois pommes » fixe les adultes, pourquoi personne ne va frapper ? s’interroge t’il perplexe.

Bruja sait que l’on vient, l’afflux d’animaux qui sont passés toute la nuit prés de sa maison, le silence et finalement le bruit produit par les marcheurs n’ont fait que confirmer au fil des heures qu’elle avait de la visite.

Invisible aux yeux des visiteurs alignés comme dans son rêve, elle les observe assise devant sa maison, cachée par le rideau de végétation qui mange la façade elle ne bouge pas, sa robe vert émeraude se fond complètement dans la mosaïque végétale, quand elle se décide à apparaître sortant de la trame naturelle c’est visage fermé et mains dissimulées dans ses manches, le groupe sursaute comme un seul homme, Flo assis sur le sol mu part une force invisible se relève d’un bon, Petit Jean les yeux écarquillés, la bouche ouverte regarde l’apparition, il n’y a que Bombec qui réagit en filant droit sur la magicienne laquelle arrête son pas pour l’attendre, le chien remue la queue de plaisir quant elle le caresse, tous les deux on l’air d’ être des familiers, dans la file, surpris, tous observent les retrouvailles de la femme et du chien.

Bruja relevée, s’est approchée des villageois.


- Que me vaut cette visite matinale ? dit-elle.
- Nous avons besoin d’aide. Répond Shanna en souriant.
- De moi !!? rétorque la magicienne en riant doucement
- Voilà bien longtemps que je ne t’avais vu Shanna. Reprend elle en retrouvant son sérieux.
- Ha ! ben celle là elle est bien bonne. S’indigne Itario
- Tu la connais et tu n’as rien dis ! dit il à Shanna.
- Pourquoi ? tu es jaloux beau soldat. Demande Bruja en fixant le mercenaire lequel n’arrive pas à soutenir le regard noir qui plonge dans le sien.
- C’est pas ça mais elle aurait du nous le dire c’est tout. Répond Itario les yeux baissés comme un gamin pris en faute.
- Si tu es gentil qui sait, peut être feras tu connaissance avec moi dans l’intimité. Chuchote Bruja assez fort pour être entendue de tous.

Le groupe rit à l’unisson, quant à Petit Jean et Flo ils ont déjà filé sur le toit de la maison pour s’y allonger au soleil. Itario ne sachant quelle attitude adoptée finit par rire avec les autres. Après avoir fixé un par un les membres du groupe la voyante les invitent à la suivre à l’intérieur, sans attendre se retourne et part en direction de la maison suivit par ses invités.

(à suivre)
Sandino a écrit:
"La part du rêve 7"

…Passé le seuil c’est une odeur particulière, capiteuse qui saute aux narines des visiteurs, l’espace est plein, la moindre parcelle est occupée, des manuscrits côtoient des boites en écailles de tortues, des rouleaux de parchemin et d’écorce de bouleau s’empile dans de petites niches arrondies, des verres soufflés de couleur remplis de liquide ambré ou translucide comme l’eau font des taches bleues ou magenta, de nombreux bouquets de plantes aromatiques et de fleurs séchées, accrochés aux poutres pendent la tête en bas, dans de grandes auges de pierre beige des végétaux serpentins poussent à la lumière faible qui filtre des fenêtres, sur une table ronde cohabitent plumes noires de corbeaux et plumes de paon que tous voient pour la première fois, des bouts de roches étranges, trois mues de serpent, des poudres multicolores au fond de nombreuses écuelles de terre, l’on ne sait que regarder, au centre de la table un crane surmonté d’une chandelle éteinte fait face à une hermine empaillée qui l’observe de ses yeux rubis.

Un chat noir jusqu’ à présent dissimulé sous une peau de mouton se montre en s’étirant dans un genre de salut, les pattes de devant jointes la tête basse et le postérieur en l’air il regarde tour à tour les invités en plantant ses griffes sur la peau bouclée, se lèche un moment et saute à terre en silence avant de disparaître indifférent aux humains dans une pièce voisine fermée à la vue par un rideau de coquillages nacrés et de graines.

Le capitaine debout touche sa cicatrice du bout des doigts en observant les verres de couleur, Shanna et Miette assises sur une banquette de bois brut ont fermé les yeux, la marche a été éprouvante autant pour les nerfs que pour les jambes, Bodolino penché sur un livre ouvert déchiffre avec difficulté une écriture serrée, se dévoile à sa lecture une phrase qui le fait sourire « Le Dieu a créé les rêves pour indiquer la route aux hommes quand ils ne peuvent voir l’avenir… »

Itario intrigué par une dague à lame plate et gravée de symboles inconnus hésite à la prendre en main pour en juger le poids et la qualité du métal, Tarka à l’autre bout de la pièce prés de la porte d’entrée fixe avec intérêt une tapisserie faites de soie et de fil doré, de manière naïve avec des traits simples le corps humain est représenté, l’extérieur comme l’intérieur jusqu’au squelette.

Bruja qui s’active devant le feu depuis l’entrée des visiteurs, leur tourne le dos tout en remuant une cuillère de bois dans un petit chaudron, quand elle s’exprime soudain c’est d’une voix badine répondant aux questions muettes.


- Regardez mes amis, lisez si cela vous plait, c’est le livre de sagesse d’Egypte qui te fait sourire Bodolino, un livre plein de vérités, c’est une description fidèle du corps humain que tu regardes Tarka, l’église te brûlerait si elle te trouvait avec ça, non tavernier ce n’est pas des boissons dans ces verres de Murano, n’hésitez pas à demander, à fouiller, mais surtout ne touchez pas à la dague, elle est empoisonnée et j’ai perdu la recette de l’antidote, cela serait bien dommage de perdre notre beau soldat ainsi n’est ce pas ?


Tous restent pétrifiés, comment fait-elle pour savoir ce qu’ils pensent ou font en gardant le dos tourné depuis leur entrée ?

( à suivre)
Sandino a écrit:
"La part de rêve 8"

…L’automne c’est un soleil qui se fait de jours en jours plus discret, sur le versant où habitait Bruja, orienté au sud il s’attardait plus qu’ailleurs, bien qu’un peu dérangée par la présence d’autant de monde dans son univers elle n’en montrait rien, l’enjeu était important, si du monde des rêves plus un goutte ne coulait c’est que l’homme arrivé au bord de l’abîme n’avait plus qu’un pas à faire pour perdre son humanité.

Rêver, la voie royale de l’accès à la connaissance, le reflet des aspirations profondes de l’individu, l’exutoire. Rêver cette activité humaine considérée comme négligeable par beaucoup, reléguée à l’expression de la fantaisie ou pire à celle du démon était bien autre chose, la magicienne savait que ces voyages oniriques, ferments de l’imagination, de l’espérance, de la fin des impossibles tenaient une place majeure dans la vie de l’homme, de combien de rêves l’activité humaine, les idées novatrices, les découvertes avaient leurs racines.

Oui si disait-elle l’enjeu est important. Sur ses épaules pèse désormais une charge lourde, prendre le problème à bras le corps s’avérait la seule stratégie valable, ses visiteurs plantés comme des cierges dans une cathédrale ne savaient que faire de leurs corps, empruntés qu’ils étaient face à elle.

Bruja laissant s’éteindre le feu sous le chaudron avait demandé à tous de sortir. Flo et « trois pommes » descendus du toit à son appel avait été chargé d’aller puiser de l’eau à la source proche, d’un geste sec elle avait indiqué au corbeau toujours posté sur sa branche de suivre le trio, sans attendre le volatile s’était envolé.

Le capitaine et Itario sur les indications de la magicienne étaient partis relever les pièges dans le bois de conifères, elle avait ajouté en riant qu’avec le raffut que le groupe avait fait la nuit précédente les animaux du coin fuyant leur avancé avaient transité par ce bois, c’était bien le diable si-il n’y avait rien de pris dans ses collets.

A Bodolino revint la charge de faire un feu à quelques toises de la maisonnée, Miette et Shanna encore à demi-endormies s’étaient assises sur des rochers regardant Tarka vider les besaces de leurs provisions de pains et de fromages.

Bruja rentrée chez elle, puis ressortie avec deux bouteilles d’un liquide opaque s’était assise aux cotés des trois femmes.


- Cela me rappelle mon enfance ce regain d’activités, ne manque que des roues à ma cabane et le tableau est parfait. Dit-elle en souriant.

Miette peu loquace avait relevé d’un ha bon ! Tarka qui avait fini de vides les sacoches, exprima sa surprise de manière plus conventionnelle.

- Tu étais Tzigane ? demanda t’elle

- Je le suis toujours ! c’est comme un verre d’eau de mer vois tu, quand bien même le liquide qu’il contient n’est plus dans l’océan cela n’en reste pas moins de l’eau salée, et puis je n’ai nulle envie de perdre une partie de ce que je suis.

- Tu n’as plus de famille ?

- Tant qu’il y aura une Kumpania sur cette Terre j’aurais une famille, aussi éloignée soit elle, résumer la famille aux liens du sang est trop réducteur Tarka.

- L’humanité c’est des humains, c’est celle là la vraie famille, la famille humaine
. Déclara Bodo debout, tenant un fagot de branches comme on porte un nouveau-né.

- Je pense tout comme Bodo. Avait ajouté Shanna

- A la bonne heure. s’était écriée Bruja enjouée.

- Si le capitaine et le soldat ne se sont pas perdus nous allons manger autour du feu comme le font tous les clans. Avait elle lancé…

( à suivre)
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MessageSujet: Re: La carriole magique   Mer 22 Oct - 21:02

Sandino a écrit:
« La part de rêve 9 »

Au coucher du soleil, repus, ils avaient bu « le pousse vagos » comme l’avait appelé Bruja.
Une bouteille pour les femmes à laquelle elle avait bu la première, et une pour les hommes, qu’elle avait donné à Flo.

Flo s’était mis à tousser accompagné par « trois pommes » qui avait profité de l’absence de son Père pour téter la bouteille, debout ils dansaient à présent une bourrée improvisée histoire de faire vite descendre le liquide qui brûlait leurs gosiers. Le capitaine en amateur de boissons fortes avait claqué la langue en disant que c’était un jus d’enfer, Itario pour ne pas être en reste n’avait pas plus bougé que si le liquide eut été de l’eau malgré une brûlure puissante qui le faisait transpirer. Bodolino curieux de nature avait regardé la bouteille à la lumière du soleil couchant avant de boire.


- C’est une vipère qui se baigne dans cette bouteille Bruja ? Avait-il demandé avant de poser la bouteille à partie vide devant lui.

- Oui Bodo, dans l’autre j’ai rajouté du miel, moins fort à boire mais tout aussi efficient pour une digestion efficace.


Au loin, par delà les vallées en cascade l’horizon rouge sang annonçait la mort de Janus, déjà levée, Vénus précédait la Lune.

Depuis la nuit des temps le même cycle se répétait identique à celui de la vie, chaque soir le soleil tirait le rideau sur son comptant de vies pour au lendemain donner à l’existence de nouvelles recrues.
La fin du jour avait eu raison des deux plus jeunes, prés du feu Flo et Petit Jean, épuisés par leurs courses, une nuit blanche et un coup de « pousse vagos » s’étaient endormis ; prévenante, Miette petite femme rondelette aux cheveux blonds roux, aux silences pénétrants, les avait couvert de peaux de moutons.

Bruja rentrée chez elle s’activait à nouveau devant son petit chaudron, rajoutant dans le mélange frémissant des herbes, du miel et une pâte noire qui fondrait lentement en livrant tout son pouvoir.

Profitant de l’absence de Bruja les trois femmes face aux trois hommes, séparés par les flammes discutaient, ils s’interrogeaient sur le fait que depuis leur demande d’aide la voyante n’avait jamais fait la moindre allusion sur ce qu’elle comptait faire ou ne pas faire pour eux.


- Sait elle au moins la raison de notre visite ? Avait demandé Capitaine.

- C’est sur sinon ce n’est pas une vraie magicienne[/b]. Lui avait répondu Shanna.

[b]- Le peu que j’ai pu lire de son livre Egyptien confirme ce que dit Shanna, attendons qu’elle revienne[/b]. Avait dit Bodolino

Comme si Bruja les entendait, elle était ressorti de sa cabane végétale portant une cruche fumante dans une main et sept gobelets de métal argenté.
Itario, leste, s’était porté à sa rencontre pour la soulager de la cruche.


[b]- Beau soldat et gentilhomme ! je vais finir par te marier gadjo !
s’était elle écrié dans une pause théâtrale,

- Pose donc la cruche prés du feu je vais vous servir de quoi passer une nuit tranquille, demain nous parlerons de ce qui vous a amené jusqu’ici.


Un jus sombre avec des reflets dorés fut distribué à la ronde dans les timbales d’argent, Bruja leur avait demandé de boire le breuvage petit à petit, le métal conservant la chaleur longtemps ils firent comme elle le souhaitait.

La vague de chaleur que procurait la boisson était l’exact contraire du « pousse vagos » la vague douce et légèrement enivrante remontait du ventre jusqu’aux joues, le liquide avec un fond d’amertume devenait vite écoeurant, après quelques gorgées les visiteurs ne touchèrent plus leurs timbales, silencieux, quasiment prostrés, ils regardaient à présent les flammes orangées du feu au centre du cercle.

La magicienne qui les observait tour à tour fit le constat que sa tisane faisait son office, les pupilles de ses invités dilatées à l’extrême était le signe qu’elle attendait, satisfaite, elle dit tout haut.


- Il est temps mes amis !! grand temps pour vous de rentrer dans l’autre monde, les portes de la perception vous sont ouvertes, bienvenue dans le monde des Dieux !…

(à suivre)
Sandino a écrit:
"La part du rêve 10"


L’un après l’autre Bruja conduisit les six villageois dans la caverne. Pour y accéder, il fallait traverser la cabane de la magicienne, au fond de la chambre séparée de la partie principale par un rideau de coquillages et de graines une porte dissimulée sous une tenture murale s’ouvrait sur une vaste grotte haute de plafond et aux parois décorées.

Au sol, tracé avec de la cendre grise deux triangles opposés formaient le sceau de Salomon, un triangle sommet vers le haut pareil à une pyramide associé à un triangle renversé pointe vers le bas donnaient six pointes à l’étoile, sur le plus haut point du triangle supérieur symbole masculin, Bruja avait installé Bodolino, assise sur la pointe la plus basse du second triangle, symbole féminin, Miette lui faisait face, les quatre autres occupant les positions restantes ; au centre de l’étoile, observant les humains de ses yeux vert anis, le chat noir de la magicienne en position de sphinx présidait.

Chandelles et torches odorantes de résineux éclairaient la caverne entre clair et obscur, sur les parois à la faveur de surfaces plates ou de pierres saillantes, des gravures très anciennes figurant aurochs, chevaux, rennes ou encore félin à dents de sabre, occupaient la majeure partie de l’espace sur trois mètres de hauteur, sur les parties vides de dessins la magicienne avait accroché des représentations sacrées ou profanes sur vélin ou papier de riz venu d’orient, à l’intérieur de niches naturelles de petites statues de divinités grecques, égyptiennes ou hindoues voisinaient, Anubis tête de chien côtoyait Déméter, une stèle représentant le Dieu Pan tenait compagnie à Nataraj un pied levé exécutant sa danse cosmique, Ishtar et Horus tête de rapace jetaient leurs ombres sur la voûte, sur l’un des vélins « l’homme terrestre naturel et ténébreux », sur un large papier de riz c’est un ciel astral qui se montrait à voir.

Les six villageois n’avaient pas émis le moindre son, esquissé le moindre geste depuis que les premiers effets de la décoction s’étaient déclarés, sans opposer de résistance ils s’étaient laissés guider dans la grotte, désormais assis en cercle, les paupières closes, le buste penché un peu en avant ils semblaient être endormis ; Bruja tournant autour d’eux de gauche à droite, psalmodiait « Hari bol, jaï gopalda, govinda, maha dev, civa shambo aum tatsa vitur !! » c’est à la fin du cent huitième tours qu’elle déposa sur la tête des six membres du groupe un peu de cendre avant de sortir.

Certaine d’avoir fait le bon choix c’est sereine et confiante qu’elle allait attendre dans la chambre voisine, si l’un d’eux rencontré un problème elle serait dans l’instant à ces cotés.

Cette expérience, combien de fois ? l’ avait- elle faite, assez pour ne plus les compter, elle-même en buvant avec les autres quelques heures avant s’était mise en condition pour agir dans les deux mondes, la force de la décoction dosée pour les villageois n’agissait sur elle que faiblement mais néanmoins bien assez pour la maintenir connectée à eux.

Pour les trois femmes et les trois hommes restés seuls dans la caverne le voyage allait commencer, passé les premières heures où dans leurs esprits un chaos d’images entrecoupé d’éclairs colorés défilaient à toute vitesse, ils firent leurs premiers pas dans le monde subtil de la conscience transformée où le temps et l’espace étirés jusqu’aux limites de l’univers leur offraient le temps d’une nuit un saut dans la vision sacrée


(à suivre)
Sandino a écrit:
La part du rêve 11

Pour le capitaine cette nuit allait être la mèche d’un mousquet, sa vie future la balle qui en sortirait.
Assis sur la pointe la plus à l’ouest du triangle supérieur, les mains s’agitant sans qu’il s’en rende compte lui même il entendait une voix lointaine l’appeler.


- Capitan !! capitan !! tierra !! tierra !!

C’est un plafond de bois que rencontrèrent ses yeux , les cris plus proches lui parvenaient nettement, les coups frappés à la porte de sa cabine indiquaient que c’était bien à lui que l’on s’adressait.

-Capitan !! por Dios !! tierra !!

Désormais pleinement réveillé, sous le coup de l’émotion sa cicatrice se mit à battre sur son visage comme un cœur, un coup d’œil au miroir accroché au-dessus d’une bassine remplie d’eau lui renvoyait l’image d’un vieil homme aux cheveux blancs avec une vilaine cicatrice en travers d’un visage tanné et parcheminé.


- Terre !! c’est pas Dieu possible ! exactement où nous le pensions
. Dit il tout haut en passant sa veste.

- Tierra !! Capitan !! continuait le mousse dont il avait reconnu la voix adolescente

- Si entiende para te hijo !! lui répondit il

Le mousse pressé de remonter sur le pont partit en courant avant même que le capitaine n’ait le temps d’en dire plus, l’écho de sa course se perdait dans le bruit du bateau fendant l’eau et dans le grincement de sa coque de chêne.

Un doigt parcourant le dessin de sa balafre, une main en visière pour échapper à l’éblouissement d’un soleil aveuglant, toujours mince, le cheveu long, il regardait dans la direction où les marins étaient tournés. Au loin, émergeant d’une mer turquoise une cote frangée de cocotiers, couronnée d’une montagne aux versants vert émeraude se profilait.

Si seulement Don Cristobal pouvait être là et voir de ses yeux cette merveille se disait le Capitaine.

A l’homme de barre il dit de prendre à bâbord 45°, au maître du pont son second, de quart pendant ses périodes de repos, d’affaler la grand voile, ses ordres répétés haut et fort pour être entendus de tous firent naître des sourires sur le visage des marins, el Capitan voulait se rapprocher de la grande île, pour tous cela voulait dire des fruits frais, de l’eau douce et claire, du gibier et qui sait peut être des rencontres.

Le Capitaine n’osait croire à leur victoire, la traversée de cet océan inconnu, le doute de l’équipage face à sa certitude, la fin des provisions d’eau et de vivres, prévues pour les jours à venir, les tempêtes, il mesurait sa chance, au pire ils allaient refaire le plein et repartir annoncer à Don Cristobal que la route choisie l’avait bien mené en vue de la terre espérée, cette terre était-elle les Indes ?
C’est tout à ses pensées que le Capitaine sourd aux bruits des manœuvres regardait du bastingage la côte se rapprocher petit à petit, muni d’une longue vue il voyait maintenant sur la plage de sable doré un groupe d’hommes trapus, les cheveux noir coupés au bol comme des moines, visages et corps peints couronné de plumes multicolores avec pour simple habit un cache-sexe.

Revenu à lui, étonné de se retrouver dans une caverne en compagnie des autres membres adultes du groupe, le Capitaine garde intact dans sa mémoire les images de son rêve, une senteur iodée irréelle s’attarde dans ses narines un instant, tout bas il répète un nom qu’il ne connaît pas « Arawaks Arawaks… ».


(àsuivre)
Zeze5 a écrit:
Sandino étant allé retrouvé un ermite rencontré en foret pour y passer quelques jours, les moines n'avaient pas voulu de lui sous prétexte que depuis sa dernière retraite quatorze moines avaient quitté le monastère.
Avant de partir il avait demandé à sa compagne d'afficher la suite de son histoire.



La part du rêve 12

Itario quant à lui, submergé par l’émotion ne put faire le récit de son expérience. Confronté à lui même durant le songe, il en ressortait à la fois abattu et conquérant, défait par le poids de la culpabilité et animé par l’espoir d’un rachat.
Double, à l’image de sa plongée dans les méandres du rêve où en l’alternance le noir et le blanc s’étaient affirmés.
De son existence d’âme grise il n’avait jamais douté, persuadé qu’il était de ne faire rien que de très ordinaire en se mettant au service du plus offrant. Sa nuit passée sur un champ de bataille lui avait apporté la preuve qu’il n’en était rien.

C’est quelques jours plus tard qu’il fit une rapide description de ses visions. Cette nuit là il avait tranché des chairs affrontant une armée de spectres, au fil des heures avaient défilé les hommes tués par lui lors de ses campagnes militaires, chaque victimes qui tombaient sous ses coups prenaient ses traits avant d’être récoltée par la faucheuse, chaque disparitions étaient accompagnées de visions d’épouses en pleurs, de familles en deuil, d’amis fous de tristesse. Qu’importait s’il avait combattu pour une cause juste ou pas, au bal tragique il menait la danse, de mille plaies, de mille coups d’épées il était coupable, c’est sur un monceau de cadavres qu’il s’élevait.

Désormais il mesurait toute la détresse qui peuplait la postérité de ses actes, désormais il mesurait l’infamie de vivre du sang des autres.
Pour le restant de sa vie jamais plus sa main n’épouserait la garde d’une épée…

Tarka aussi avait passé une nuit noire, sanglante, sous ses yeux l’histoire de sa famille s’était déroulée comme une pelote de laine, une danse macabre entraînant dans son rang, un à un, parents, frères, sœurs et amis qu’elle ne revoyait plus quant à nouveau la sarabande morbide revenait devant elle.
Sortie rapidement de la grotte, jamais on ne la revit, seule Bruja semblait en savoir plus long. La seule chose qu’elle répondit aux autres villageois qui la questionnaient fut que Tarka était partie rejoindre un groupe obscur de tueurs, filles et fils des ténèbres, adorateurs de Nestrecha.

Shanna revenue radieuse et souriante de son voyage onirique ne fit pas mystère de ce qu’elle avait vécu.
De sa part de rêve elle avait nourri sa pensée, au fond d’elle-même, elle était allée, puisant de cette source intérieure cachée un Soma, un nectar mystique.
Durant un temps indéfini, elle s’était vue tantôt grimpant le long d’une échelle ou rampant, montant les barreaux et rampant, quand elle découvrit que pour les deux actions le même geste était nécessaire la vision cessa.
Symboliquement l’ambition et la soumission étaient sœurs jumelles, rechercher le pouvoir pour la satisfaction de ses désirs, avoir pour être, avoir au lieu d’être, n’étaient de l’homme que soumission aux lois archaïques, la loi du plus fort, du puissant, quand bien même sa puissance fut fausse ou usurpée.
Consciente de l’illusion du pouvoir, de l’importance d’être soi même sans masque, de la nécessité de se remettre en question, de ne pas avoir peur, c’est libérée, pleine de vie, qu’elle renaissait dans le présent. Aimer, partager et ne pas attendre les fruits de l’œuvre, allaient être les bornes de son futur, un chemin à ouvrir pas à pas, une route à découvrir en soi, la voie ensoleillée….
Darbouk a écrit:
Darbouk s'approcha de la cariolle et écouté des rcits et des vers

"Continuez comme ça c'est magnifique, ce que vous faites !!"
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MessageSujet: Re: La carriole magique   Lun 27 Oct - 23:19

Sandino a écrit:
"La part du rêve 13"

Miette, de retour elle aussi de l’autre rive, du monde secret ne put retenir son envie de parler.
Elle si discrète, effacée, était rayonnante, débordante d’énergie, en elle une barrière avait cédé.
C’est du passé qu’elle revenait, d’un passé qu’elle cachait depuis toujours, Simon l’orfèvre son époux, lui même n’en savait rien.


- Si vous saviez ! si vous saviez ! dit elle n’y tenant plus, pas même surprise de se retrouver avec les autres dans une grotte à demi-éclairée assise sur un bout d’étoile de cendre.

- J’ai fait un rêve ! Un rêve mes amis ! incroyable. J’ai glissé dans le temps, remonté la vie, sauté les années comme un saumon les cascades, les rochers. Je me suis retrouvé fillette sous le plomb du ciel dans l’île de la cité à Paris, au pied de notre Dame avec ma Mère alors fille d’étuve rue de Glatigny. Ensemble nous avons marché en silence, rue de la Juiverie dans la taverne « la pomme de pin » nous avons fait un sort à une poularde cuite à la broche, tendre et arrosée de son jus de cuisson, puis nous nous sommes rendues à la halle aux poissons le long de la Seine juste à coté du petit pont où des moulins tournent entre ses piles, partout nous avons reçu le meilleur accueil, ensuite sur la place du palais Royal nous avons regardé les belles Dames entrer dans l’église St Michel le tueur de Dragon. Nous avons fini « Au trou Perrette » rue aux fèves, c’est dans ce tripot que j’avais pour la première fois goutté des échaudés aux pommes, là j’ai revu Danuta, mon amie d’enfance, ma sœur de cœur qui me racontait des histoires qu’elle lisait sur de beaux livres reliés de cuir fauve ; quelle chance elle avait de savoir lire, c’est l’apprenti d’un marchand de parchemins et manuscrits, un gars sombre qui passait son temps au milieu des livres et ne sortait que pour rejoindre la bande de voleurs du « trou Perette » ou pour aller traîner à Montfaucon parler aux pendus, qui lui avait trouvé un professeur en la personne d’une amie à lui.

Danuta ne pouvait arreter le flot de l'histoire de sa plongée dans le passé.


- Mes amis ce rêve m’a réconcilié avec ma Mère, avec mon enfance, disparue la honte de n’être que la fille d’une ribaude, j’ai envie de chanter, de danser, de parler des journées entières et raconter ce qu’a été mon enfance à la cour des miracles, comment « Neunoeil » soulageait le riche commerçant en goguette, combien était douce l’hiver la chaleur des étuves quand avec Danuta nous attendions nos Mères parties déniaiser de jeunes damoiseaux de la haute, cachées dans un coin j’écoutais Danuta dire des contes, lire les dernières nouvelles du royaume dans les gazettes oubliées par les clients trop pressés, dire l’amitié qui liait les filles d’étuves ou celles du « Bordel liquoré » Ha !!! mes amis quel rêve !!.

Miette la taiseuse, qui ne disait jadis que l’essentiel n’étais plus, c’est une Miette volubile, sure d’elle qui était revenue du monde des rêves…

(à suivre)
Sandino a écrit:
Épilogue

De l’expérience de Bodolino je n’ai jamais rien su, me l’a t’il caché volontairement quand il m’a raconté cette histoire par humilité ou crainte, dépositaire de secrets peut être a t’il voulu se taire pour ne rien dévoiler sans le vouloir.
De lui j’ai reçu en héritage cette histoire et d’autres biens précieux, l’amour des mots, le plaisir de conter, et ma propre histoire familiale, que mon Père lui a confié un jour avec pour mission de me retrouver pour m’en faire cadeau.

Bodolino, « mon oncle » comme je l’ai appelé à partir du jour de notre première rencontre, a disparu depuis longtemps, celui qui était devenu son ami après cette nuit magique dans la grotte, Itario, avec qui il était allé vivre dans un pays de marais et que j’ai rencontré après la mort de mon Oncle est lui aussi sous terre, fidèle à la promesse qu’il s’était faite prenant à témoins les astres et les Dieux, il n’a plus jamais livré combat et a vécu d’amour et d’eau fraîche comme il disait.

Bruja qui a formé Flo à la magie des plantes et Petit Jean à l’alchimie pendant plus d’un an avant de partir sur les routes avec à ses cotés Bombec le chien à la poursuite de forces obscures, a quitté, elle aussi son corps physique après avoir livré un combat courageux, son âme pour toujours vivante plane sur les ailes d’un corbeau.

Le Capitaine est aux dernières nouvelles toujours en vie, il est dit on toujours persuadé, qu’à l’ouest un nouveau monde peuplé d’hommes à demi-nus « les Arawaks » l’attendent. Il serait au Portugal récoltant et copiant toutes les cartes marines qu’il déniche.

Miette a appris à lire, aux deux filles nées des amours de Miette et Simon l’orfèvre, elle a donné la meilleure éducation possible, elle a un charisme et une assurance telle que le meilleur des tribuns bafouillerait au regard de sa verve et son bagou dit-on.

Tarka je ne sais si elle est encore en vie, son clan existe toujours. A la cour des miracles je l’ai rencontré quelquefois par le passé et apprécié ces rencontres trop rares. Poétesse à ses heures nos joutes poétiques restent un beau souvenir.

Shanna, disparue, renaît dans l’éternel féminin, Dame du paradis je lai rencontré souvent, sous de multiples apparences et noms, sa bonne humeur éclaire d’un sourire radieux biens des visages rencontrés au fil du temps.

Le village à l’écoute des faits rapportés par certains membres du groupe, à la lumière de leurs propos, a petit à petit retrouvé un moral et s’est remis à rêver.
Comme l’a dit Miette à Simon le soir de son retour « la vie est un rêve, notre but nous humains, c’est tout tenter pour le réaliser. ».

C’est sur les mots de Miette la bavarde que s’achève cette histoire…

Que c’est il passé dans ce village ?

Je sais que certains se posent la question, restent sur leur fin comme on dit.

Cette histoire illustre combien le lien entre humains est fort, forgé au cours de millions d’années d’errance en petit groupe jusqu’à l’humanité actuelle. Il se transforme en chaîne à l’occasion quand l’archaïsme refuse le changement, comme le rire, le bonheur parfois, les espoirs sont communicatifs, à l’identique la peur, les larmes, la violence le sont, dans cette histoire c’est la perte de rêves qui devient contagion, la fin est heureuse, veillons à en faire de même ne perdons pas nos rêves, nos espoirs, nos idées généreuses au profit d’une apathie et d’une soumission à Babylone, il suffit d’une poignée pour ramener le rêve, la même poignée peut faire le lit du chaos…FIN
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La carriole magique
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