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 Appartement du Grand Chambellan itinérant

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Gypsie

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Date d'inscription : 06/06/2006

MessageSujet: Appartement du Grand Chambellan itinérant   Lun 10 Nov - 0:09

Nebisa a écrit:
Au soir du bal

Devant la cheminée ou flambe une brassée de bois suffisant pour baigner la pièce d'une douce chaleur, la Comtesse de Ségur, enveloppée d'une pelisse de fourrure, évidement hors de prix, fixe pensivement les flammes dansantes...

Elle n'irait pas au bal... Tout d'abord, elle avait encore souffert de contractions dans la journée, en suite nul ne s'apercevrait de son absence et pour finir, elle ne rentrait plus dans aucune robe susceptible d'allumer dans un œil masculin une lueur de convoitise... aucun homme non, pas même celui qui lui avait juré de l'aimer, de la protéger, d'être là pour elle ... celui qui l'avait engrossé pour en suite se désintéresser d'elle...

Plongée dans ses pensées, travaux du Louvre, dossiers en attente etc, la Malemort avait fini par s'endormir quand un page vint doucement frapper à la porte pour lui indiquer l'arrivée d'un visiteur demandant à être introduit auprès d'elle.

L'heure tardive, la tenue des festivités en l'honneur du Roy tout ceci aurait pourtant dut décourager d'éventuels solliciteurs... Se disant qu'il s'agissait surement de nouvelles du Limousin, et qu'un messager ne serait pas troublé d'être ainsi reçu, la Malemort ordonna que l'on conduise l'homme jusqu'au salon, sans s'inquiéter d'être vue les cheveux lâchés, uniquement vêtue de sa tenue de nuit, une longue chemise de lin blanche, piquée de dentelle sur la poitrine, recouverte d'une pelisse en fourrure de renard des neiges.
Tithieu a écrit:
"Patientez, je vais l'avertir de vostre présence."

Il opine du chef, muré dans un silence de plomb, les traits de son visage déformés par l'anxiété et la gravité de son humeur. Derrière luy, qui attend sur le parvis de l'une des nombreuses entrées du Palais Ducal, la nuit tombe sur Clermont et la cour du Palais, enveloppant les pierres et les gens de son drap de velours étoilé. La froideur saisonnière est également au rendez-vous, marquant d'un joli rouge-bleu les extrémités exposées des gardes en faction autour de l'édifice. On lit dans le regard de ceux là la haste de voir leur quart prendre fin, pour rejoindre la chaleur précaire de leur lit d'aplomb, ou la paille de l'écurie dans laquelle ils se nichent.
Pensif, le Penthièvre tripote dans son dos dix doigts nerveux, retenant à grand peine ses jambes prestes à l'entrainer dans une ronde excitée. L'accueil que luy a réservé le Bourbonnais-Auvergne est des plus méchant, et son humeur déjà naturellement désastreuse s'en ressent.


"Si vous voulez bien me suivre, la Comtesse va voir recevoir..."

Oui da, je gèle ici.


Il acquièse d'un bref mouvement du menton, et emboite le pas du valet de la mesnie Malemort, savourant le contact de ses pieds bottés avec les pierres de taille qui pavent l'intérieur, dont la chaleur contraste avec le froid du parvis empierré, que le gel et l'humidité ont rapidement investit.

Il y a à franchir quelques portes de service ; il n'a visiblement pas choisi la bonne entrée, vu les regards interloqués que luy adressent certains cuisiniers et aultres pâtissiers tout affairés à préparer le bal qui aurait lieu dans quelques heures. Ceste entrée en matière peu conventionnelle aura au moins le mérite d'estre discrète, et d'éviter qu'il ne se fasse reconduire à l'entrée par les Auvergnats de la COBA avant mesme d'avoir pu goûter aux mets riches que promettait le banquet advenir.
Un escalier, un second. L'endroit est fort peu éclairé, et mal chauffé. Il n'a décidément pas suivi la voie adéquate à son rang... Mais après tout, toutes les routes mènent à Rome... Ou serait-ce au cimetière ? Enfin...

Et l'aultre, le valet qui luy sert de guide, et ne semble que fort peu soucieux du protocole, et des égards qu'il doit au Penthièvre, Officier Royal dévoué à Sa Majesté... Qu'ont-ils donc, ces Auvergnats, avec les étrangers ? La coutume et le cérémonial minimum n'ont donc point traversée les frontières de ceste contrée hostile ?


"C'est là. Livrez luy vostre pli et ne vous attardez point, ici on n'aime guère voir nos couloirs peuplés de visiteurs inopportuns."

Mon pl... ?


Mais le valet avait déjà faict volte-face, sans plus de courtoisie, ignorant la tentative de l'angevin interloqué de luy opposer réponse ou riposte... Pour qu'il luy réserve les égards dû à son rang, encore aurait-il fallut qu'il accepte de s'identifier... Or, il déplait au Balafré contrarié de se montrer coopératif avec les gens de ce pays."Annonce luy seulement qu'on veut la voir."Avait-il dict.
Un doigt accusateur tendu vers le valet dont les pas avaient déjà quitté son champ de vision pour disparaitre au détour d'un couloir adjacent, le regard dur et sévère de ses grandes colères, il fut secoué par un rire nerveux, bruyant. Il n'estait pas au bout de ses péripéties...

...et en effet...


Ce n'est pas moy que vous attendiez, il me semble. A moins que nostre amitié ait à mon insu évolué, et que c'est dans pareille tenue que vous avez décidé de me recevoir à l'advenir. Auquel cas soyez sûre que je vous visiterais plus souvent.

Appuyé sur le chambranle de la porte du logis, bras croisés, il adressait un sourire narquois à la Malemort qu'une porte grande ouverte avait impudiquement dévoilée dans sa tenue négligée, visiblement à la grande surprise de la principale intéressée. Ceste dernière qui, depuis les mois qu'il ne l'avait pas revue, portait le temporaire stigmate d'une vie à naistre, ce qui -gardez-le pour vous- estait partiellement à l'origine du sourire Penthièvrique. Rien de plus beau pour le Vicomte, qui a pris tant de vie, que le miracle qui voit une mère porter son trésor en son sein, Temple voué à la vie et qui renferme en son dôme protecteur le fruit chéri de l'amour.

Je me retire, peut-estre ?
Nebisa a écrit:
Quelles nouvelles lui porterait ce messager ? Sa fille était elle retrouvée ? Ou son cadavre ? Ou toujours point de réponses ? Et pourquoi Armant demeurait-il silencieux ?

La grave inflexion d'une voix amusée, et trop bien connue, la tira de ses pensées et son regard ahuri se fixa sur le Vicomte alors que les expressions se succédaient sur son visage, surprise, incrédulité, reproche, joie en un maeltrom malaisé à cerner pour qui ne le ressent pas...

Le concret de ses propos s'ancrant dans la réalité, elle ramméne sur ses épaules la pelisse de fourrure et la croisa sur sa poitrine pour assurer quelques pudeur à sa tenue bien trop intime pour être, en temps ordinaire, visible de qui que ce soit, encore que ses sept mois de grossesse consistent, elle en était persuadée, en la plus sure des armures à sa vertu.


Vicomte ! Mais qu'est ce que... comment vous... Ne dites pas de bêtises je... j'attendais un messager et je fus mal informée, sans quoi, croyez le bien, je n'aurais jamais manqué ainsi aux règles de la décence...

Piquée d'humour et n'étant pas particulièrement adepte de la pudeur, elle ajoute tout de même

J'espère néanmoins que vous me pardonnerez et continuerez de me visiter...au delà des heurts et de vos opinions sur ma personne que vous avez, avec pertinence, exprimés par le passé... Ce qui me conduit d'ailleurs à m'étonner de vous voir céans...

Par chance, elle avait pu sommeiller une heure dans l'après midi et se sentait moins lasse que d'habitude, moins prête a s'effondrer de fatigue et d'anxiété mêlées et point de tensions en son ventre, l'engeance Le Ray devait, ô chance, dormir à son tour... D'un geste elle l'invite à approcher

Venez vous installer à mon coté ...
Tithieu a écrit:
"au delà des heurts et de vos opinions sur ma personne que vous avez, avec pertinence, exprimés par le passé... Ce qui me conduit d'ailleurs à m'étonner de vous voir céans..."

Haussement de sourcil, et soupire faussement agacé. Le Penthièvre s'assied aux costés de sa Comtale consoeur, balaye la pièce faiblement éclairée d'un regard circulaire. Quelques bougies de cire sont disposées au hasard des besoins, tandis que de grands chandeliers éclairent les murs du logis de leur faible lueur. Les flammes vacillent au gré des courants d'air, la cire s'écoule en larmes tragiques le long des bougies, qui pleurent d'estre vouées à s'écrouler sur elles-mesmes, consummées par ce feu qui leur donne toute leur beauté. L'endroit est agréable à vivre, et l'âtre remplit bien son office.

Quelle triste image vous avez de moy. Vous estes bien une femme, à ne retenir que le pire pour oublier le meilleur. Pourquoi me reprocher ceste tare, qui faict de mon verbe une torche enflammée lorsque la colère me possède ? Comme moy, vous savez bien que tout ce qui fut dict ne fut pas pensé.

Il la gratifiait d'un large sourire, amical, débitant ses paroles avec la tranquillité d'un ruisseau. A son aise, contrairement à ce à quoi il avait habituée la Comtesse lors de récentes altercations. Ce-disant, il se rémémorait d'ailleurs les heurts évoqués, lors desquels le ruisseau s'estait faict torrent. Au lieu de le contrarier, de luy inspirer la honte, ce souvenir le rassurait. Au moins la fougue de sa jeunesse ne l'avait pas encore complètement abandonné. Ce jour, en tous cas, n'estait pas aux querelles ni aux réglements de compte. La vision fugace d'une Nebisa "au naturel" qui avait accueilli son arrivée l'avait mis en joie, et de bonne humeur, non pas de moquerie mais d'une amicale tendresse. Elle aurait au moins ce mérite, luy maintenir la teste hors de l'eau l'espace d'une soirée.

J'ai rejoint hier soir la caravane Royale, et je passais vous saluer. Je vais au bal ; j'avais l'espoir de vous y emmener. Je constate que... Coup d'oeil vers le ventre nourricier. ...par la force des choses et... il détaille ostensiblement sa tenue. ... une grave carence en bonne volonté et motivation, mes desseins sont gravement compromis.
Me mettre en échec et me contrarier est pour vous une joie, un sacerdoce ? Avouez.


Le sourire de l'amitié, à défault du verre qui aurait dû l'accompagner. Qui tend le bâton doit s'attendre à recevoir des coups...
Nebisa a écrit:
Si je ne retenais que le pire, je vous aurais déjà fait jeter dehors, et c'est le cul sur les pavés de la cour que vous achèveriez vostre discours, mon cher ... Et pour ce que vous êtes susceptible de penser, ou ce que vous avez pu dire, d'autres l'ont fait avant vous, avec plus de virulence, d'autres encore le pense en silence sans jamais oser l'affirmer... Croyez donc que cela m'est déjà sorti de l'esprit...

Sourire amusée de la Malemort face à ses propres mensonges, elle s'étire doucement, comme un chat à la lueur des flammes et passe une main distraite sur son ventre proéminent, avant de grimacer à la mention du bal... En effet elle avait fait le choix de se faire porter pâle, étonnante coïncidence car en effet, sa carnation était semblable à la blancheur d'un marbre italien, et qu'en cette période de fatigue et de trouble, cette dernière en devenait spectrale et livide... A décharge, ce manquement à son devoir, paraitre, sourire et faire honneur à la Couronne, se trouvait compenser par le labeur abattu ce soir, les lettres expédiées vers Paris et les études faites sur les prochains changements à apporter à son office... mais au final, c'était bien la peur et l'abattement qui l'avaient conduits à se retrancher en ses quartiers, le poids d'une soirée mondaine s'avérant trop lourd en ces instants de troubles et d'abattements.

Je suis désolée de vous décevoir encore une fois, c'est cependant un domaine ou j'excelle vous en conviendrez. A ma décharge, vous vous doutez bien que, n'ayant pu anticiper vostre venue, je n'ai pu d'avantage faire en sorte de vous la gâcher... J'avais juste besoin de... paix et de solitude pour quelques heures et ce bal offert par le Duché me donnait l'assurance que ma présence, enfin celle du "Grand Chambellan" du moins, n'était pas requise.

On la dit orgueilleuse ou imbue de sa personne, pourtant, rares sont ceux ayant plus conscience qu'elle de sa petitesse, du fait que si elle venait à faillir, par sa propre faute ou par les pièges qui lui tendent tous ceux prêts à jouir de sa déchéance, alors, en quelques heures, un autre, à sa place, serait nommé et bien vite, on oublierait la Chieuse et ses tracas... Et cela... au fond ne la gène que peu car si elle aime autant son travail, c'est bien pour pouvoir s'effacer derrière le devoir et oublier ce qu'elle est, ses sentiments, ses faiblesses et ses failles, pour seulement faire "ce qui doit être fait"...

J'espère, néanmoins, que vous resterez quelques temps auprès de la Cour... Je me sens ... un peu seule... je le confesse, il faut m'en excuser, et la présence d'un ami, vostre présence, je le devine, me sera douce et précieuse.
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MessageSujet: Re: Appartement du Grand Chambellan itinérant   Mer 12 Nov - 23:45

Tithieu a écrit:
Mais allait-elle le laisser mourrir de soif ? Visiblement, elle en avait bien l'intention, toute occupée qu'elle estait à se raconter et à le dénigrer, ou à se dénigrer et à le raconter... Quelle importance au final ? Il convient lorsqu'on reçoit d'abreuver son invité... au moins une petite goutte... une larme... un verre ? Et elle continuait de l'assomer en paroles, sans qu'il l'entende vraiment, captivé qu'il estait par ceste carafe, là bas, et par les lèvres de la Malemort... Faudra t-il qu'il se brûle la langue pour qu'elle consente à luy servir un fond de prune, un bol de vin, un seau de bière ?
Et puis elle a bon dos. Le qualifier publiquement d'alcoolique, et mettre à l'épreuve son addiction. Pour qui se prenait-elle ? Un médicastre ? Sa mère ? Son châperon ? Ô misère, ô désastre, ô supplice...


... j'ai soif !

Presque un râle, une supplication. Il n'a plus la force de crier, tant son gosier est sec, tant sa souffrance l'obsède. Le teint livide, les lèvres entrouvertes, déjà crevacées par leur propre sécheresse, il fixe du regard la carafe de terre battue qu'il a repéré un peu plus tost. Ô Dieu, pourvu qu'elle ne contienne pas que de l'eau...
Un coup d'oeil vers Nebisa, qui ne semble pas bien comprendre. La bouche se ferme, il se redresse, reprend une contenance convenable.


Je veux dire... Qu'en tant qu'hôte et ami... si ma présence vous apporte un tel réconfort... enfin... il faict sec, non ? Vous n'auriez pas un verre ?

Réparer l'incongru de sa première demande, se rattraper tant bien que mal à ce qu'il luy reste de dignité, et se plonger dans une subite contemplation de ses bottes... C'est du crottin, là ?

C'est pour ceste bonne raison que j'ai rejoint la tournée... Du moins, partiellement. J'ai appris du Limousin où je... séjournais, que vous estiez grosse comme jamais, et relativement esseulée vu... les incompatibiltiés d'humeur avec le géniteur. Adoncques, estant en... pélerinage... dans la région, j'ai pensé que ma présence ne pourrait vous estre que doulce, vous apporter un peu de réconfort, celuy de l'amitié bien entendu.

Un sourire appuyé, un soupçon de malice dans le regard et de taquinerie dans l'intonation.

Je ne me suis pas trompé, et c'est heureux. C'est bien là la preuve que nous sommes de vrais amis, n'est-il pas ? Vous n'estes plus seule, désormais. J'espère vous accompagner jusqu'à la naissance de l'enfant... garçon ou fille. Il est imprudent de rester sans réelle présence morale et physique lors de sa grossesse. Vos serfs... ils ne sont que des ombres, tout comme les miens, et ceux des aultres. On est bien seuls assis sur un trône, vous ne trouvez pas ?

Regard insistant vers la carafe.

D'ailleurs, en véritable amie... Pourriez-vous nous faire servir à boire ?
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