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 Voyage au long cours ou partage d'une absence

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Gypsie

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Date d'inscription : 06/06/2006

MessageSujet: Voyage au long cours ou partage d'une absence   Dim 23 Nov - 13:38

Apolonie a écrit:
[A Montpensier, Bourbonnais Auvergne... Premier jour de liberté]

Liberté, Libertad... Guérison. Fin de mandat. Des jours, des semaines qu'elle attend ça. Et pourtant la joie n'est pas le sentiment qui l'anime en ce dernier jour à Moulins. Ce village, le seul qui aura su l'attacher, celui où elle se sent si bien, au milieu des siens. Le retour de Gascogne aura été étrange, épique... Un pari raté à l'arrivée, un poste de maire à peine une semaine après son retour... Et eux, les retrouvailles, chacun leur tour. Après huit mois d'absence les retrouver, chacun avec leur caractère, l'accueil en marque personnelle... Elle leur saute dessus, à chacun ses réactions. Et vivre avec eux, les retrouver, se retrouver.

Après une période trouble dans un esprit torturé, la sérénité paisible d'une vie sédentaire, avoir une maison, des repères, ses amis... Tout cela la calme, l'amuse, la fait sourire. Grid qui est là, comme toujours, l'amitié en roc inébranlable, l'épaule en soutien sans faille. Bettym, en défenderesse acharnée, aux conseils avisés... Lilou et sa joie de vivre, les rires qui animent soudain des tavernes qui lui manquaient sans qu'elle ne s'en rende compte. Nim... Qui la virait de sa taverne avant son départ, l'amitié épistolairement creusée, les discussions nocturnes qui excitent l'esprit. Bizarrerie d'une relation, savoir pourquoi on est revenue, restée.

Et puis l'"Episode Jardin". L'armée, à Moulins, l'entrée en force, la lance qui la repousse, une cicatrice à ajouter, encore... Et le sentiment terrible de la trahison, qui s'éteint petit à petit, au fur et à mesure des soutiens et des discussions, l'envie d'y croire, encore. Auvergnate, malgré eux. Et malgré le procès, l'envie de se battre. Un deuxième mandat, le plaisir de se découvrir pas mauvaise à quelque chose, et de s'occuper de sa ville...

Et enfin la libération. Dernier jour de convalescence, dernier jour de mandat. L'envie de partir, plus présente à chaque instant... Les fourmis dans les bottes, l'appel des chemins. Redevenir soi... Laissant là les autres. La dernière journée, une dernière soirée, une dernière conversation. Le coeur en larmes, entre joie du départ et l'envie d'être avec eux. L'azur qui dévore ses amis, gravant leur image. Leur dire au revoir, mais pas adieu, espérer secrètement qu'une armée ne viendra pas la faucher avant qu'elle puisse les revoir.

Et organiser le départ. Prévenir l'écuyer, et Regort. Le Moulinois, l'invite en plaisanterie quand elle était revenue, lui proposant de repartir avec elle. Le sourcil haussé en étonnement sincère. C'est qu'il n'est pas réputé pour aimer les voyages l'ancien conseiller ducal. Sans compter qu'ils ne se connaissent pas bien. En fait, si elle se souvient bien, malgré le fait qu'elle avait entendu parler de lui bien avant, leur première rencontre s'était faite devant le cercueil de Willen. Naturellement, la main d'Apolonie avait ce jour-là trouver la sienne, ou vice-versa. Sans s'être jamais rencontrés, ils avaient partagé à cet instant une douleur commune. Et à son retour... Les affinités, l'amitié, étaient nées sans qu'ils aient eu besoin d'en parler. Au long des deux mois de ses mandats, il avait énormément aidé la jeune bourgmestre en travaillant sans relâche. Lors de ses quelques pauses ils avaient échangé des paroles d'une banalité amusée en taverne. Et lorsque le moment du départ était arrivé, il avait su se rappeler à son bon souvenir. Sans une once d'hésitation, elle l'avait accepté. Un ami à ses côtés, le voyage en sera d'autant plus agréable.

Alors qu'il l'attend déjà aux écuries, elle salue les moulinois. Quelques larmes, des sourires, des baisers et des promesses plus tard, elle parcourt les tavernes à la recherche d'un andalou avec lequel elle s'est disputé deux jours avant... Une histoire de Libertà, encore... Liberté, Libertad, Libertà... une enfant qu'elle avait un peu bousculée. Et une déception mutuelle, exacerbée sans doute par l'idée d'une séparation qui sera longue. Le soupir, la discussion entre incompréhension et explication. Et un pincement au coeur lors de leur baiser d'au revoir. Nulle promesse que celles qu'ils s'étaient faites bien auparavant, une émotion mitigée pour le départ.

Sur la route, les claquements des sabots qui résonnent sur le pavé puis la terre froide de l'auvergne tandis qu'ils avancent entre Moulins et Montpensier. L'arrivée étrangement calme, une ville un peu morne, une rencontre amusante avec une brunette en taverne. La discussion avec Reg' qui ne regrette pas encore son voyage en compagnie de la dame d'Orval. Et une pensée qui s'échappe en vagabondage... Deux missives à écrire, des sentiments en ballotage, un frère qui manque, espoir de les revoir rapidement... Et un ordre qui se lance dans la nuit, comme impérieux, plaisant, aussi. "On repart !" Et à l'orée de murailles, un cheval sellé pour deux cavaliers qui s'enfoncent dans la nuit, vers Thiers. Le voyage ne fait que commencer...
Regort a écrit:
[A Thiers, BA, second jour de voyage]

Arrivée à Thiers après deux jours de voyages. Deux jours. Regort laissa s'échaper un ricanement, seul, en pensant qu'il ne s'était jamais éloigné plus que cette distance. En 3 ans il était resté à 40 lieues de sa ville natale. Et là, il est maintenant embarqué vers il ne sait où, durant un temps tout aussi indéterminé. Mais ce qui est sûr c'est que ça l'emmènera plus loin qu'ici.

Changement surprenant ? Révélation ? Pas besoin de chercher si loin. A force de rester enfermé on se retrouve à s'ennuyer à mourir. Une proposition plus ou moins sérieuse et on finit par la saisir. Ajoutez-y un besoin oppressant de changer d'air et la question ne se pose même plus. Voilà comment on se retrouve embarqué dans un voyage.

Montpensier avait été décevante. La ville était morte si ce n'est une autre personne qui voyageait. La dernière fois qu'il y était passé la ville était animée, il y avait de nombreuses connaissances. Il avait traversé une ville déserte. Enfin au moins il ne regrettait pas de ne pas y passer une journée de plus.

Aujourd'hui, Thiers. Sur toutes les personnes rencontrées, Un couple qui passe plus de temps à se bisouiller qu'à parler, deux autres de Thiers et 5 voyageurs. Une ville carrefour, on s'y croise, on y attends des gens mais y vivre ? Non merci. On y dort, peut être que demain sera plus actif.
Bettym a écrit:
[A Moulins... veille de départ]

Le départ tant attendu était enfin arrivé. Le petit groupe composé de Grid, Lilou, Nimrodor, les enfants Maë, Loreleï et Jochan et de Bettym s'était affairé chacun selon leur temps de loisirs et surtout leurs compétences. Les hommes avaient construit les deux charrettes qui les conduiraient sur les terres du Royaume, Lilou s'était occupée de tout ce qu'il fallait en linge et autres accessoires dépendant de l'atelier de tissage et Bettym de l'administratif.

La jeune maréchale reprit sa liste et cocha chacune des choses à faire ou pas :


Citation :
- demandes d'autorisation de voyager en lance faites et réponses reçues
- provisions pour le voyage faites
- dire au revoir à ses amis presque fini
- liste de gourmandises du maire à aller chercher

Un soupir de soulagement et de satisfaction s'échappa. Plus que quelques heures qui lui paraissaient des jours. Faut dire que la jeune Moulinoise en rêvait depuis pas mal de temps de ce voyage. Les mois à travailler pour le duché voire les années avaient été plus que harrassantes et un peu de bon temps ne lui ferait pas de mal. C'était tout ce qu'elle avait en tête... du bon temps et aussi quelques rencontres afin de savoir comment on vivait ailleurs que dans le Bourbonnais Auvergne.

Elle avait envie de vivre quelques aventures comme son amie Apolonie partie quelques jours plus tôt de Moulins. Une soirée d'ailleurs très difficile à vivre. Des silences qui cachaient mal la tristesse qu'ils éprouvaient tous à se quitter pour des longues semaines voire des mois. Mais il fallait se rendre à l'évidence, Apo n'était pas faite pour rester des jours au même endroit. Seule chose qui les rassurait c'était la promesse qu'ils se reverraient durant ce périple.


[Départ... Direction la Bourgogne]

Il faisait encore nuit quand ils se retrouvèrent tous devant les portes de Moulins. Les charrettes étaient pleines de tout ce qu'ils avaient besoin et le groupe s'était séparé selon la formule "par couple et enfant"... Lilou, Grid et Maë dans une carriole ; Nim, Loreleï, Jochan et Bettym dans l'autre. Les enfants étaient à l'arrière sagement en train de dormir sous les peaux que sa soeur et son ami, le berger, avaient mis dans les véhicules. Et les deux couples se trouvaient à l'avant, conducteurs à tour de rôle.

Malgré l'impatience qui gagnait Bettym, l'angoisse montait aussi. C'était suite à son caprice que tous avaient décidé de la suivre. Elle leur en serait toujours reconnaissante, cependant, elle savait d'avance que ce voyage ne serait pas de tout repos. Mais qu'importait, elle était avec ses amis et sa famille et ça, ça n'avait pas de prix.

Les yeux embués de laisser derrière elle sa ville, celle qui l'avait accueillie et où elle avait passé le plus clair de son temps, elle regarda le petit groupe et leur lança dans un souffle...


Prêts pour l'aventure ? petit sourire, toutefois, devant l'excitation qu'elle ressentait.

Assentiment de tous et les voilà à encourager les chevaux qui passèrent les murailles moulinoises. Petit regard en arrière et un dernier souvenir du Bourbonnais Auvergne avant bien longtemps.


[De Moulins à Nevers]

Longeant l'Allier, ils traversèrent les domaines Avernes, Trevol, la Villeneuve pour arriver à La Ferté, lieu où ils avaient décidé de prendre un peu de repos et de se restaurer. Le voyage allait être long, au moins une journée complète et il ne fallait surtout pas prendre du retard.

Les paysages ne variaient guère. La plaine d'un côté quelque peu vallonnée, des forêts de part et d'autres aux couleurs chatoyantes bien que dépouillées de leurs feuilles et l'Allier, coulant tranquillement sur leur gauche, telle un compagnon de route qui sans elle, ils n'auraient su où aller.

Arrivés à l'endroit convoité, ils trouvèrent un coin tranquille sur une des plages que la rivière avait su créer au fil du temps. Pique-nique teinté de râleries masculines à cause des enfants qui jouaient non loin de là, sourires entendus et complices des deux soeurs, le moment fut toutefois agréable. Cependant, d'un commun accord, les filles avaient décidé de laisser les hommes entre eux dans un des tombereaux alors qu'elles pourraient papoter à loisirs dans l'autre, les enfants à l'arrière.

Ni une ni deux, les revoilà repartis, repus et désireux d'arriver avant la fin de l'après-midi.

Reprenant la route principale, l'éloignement de l'Allier fut obligatoire. La direction du nord qu'ils prenaient les fit contourner Saint Pierre Le Moutier, ville fortifiée qui semblait presque aussi grande que Moulins. Ne voulant pas perdre de temps, ils augmentèrent la cadence, les chevaux accélèrent le pas ce qui n'était pas pour déplaire au groupe qui commençait en avoir un peu marre de tant de verdure autour d'eux. Les enfants chahutaient entre eux se lassant du paysage que leur offrait la nature si belle en cette saison.

Langeron dépassé, la route se fit plus vallonnée, les forêts plus denses et le danger aussi. Mais Bettym était confiante, le passage du Roy et les différentes rumeurs sur le nettoyage des routes en étaient la principale raison. D'ailleurs peu de personne se baladaient, quelques badauds ou vagabonds mais rien de bien méchant...

Magny-Cours venait d'être traversé, plus que quelques lieues avant le repos de quelques heures et fortement mérité. Certes les véhicules étaient aménagés de telle sorte qu'ils pouvaient aller s'abandonner dans les bras de Morphée un moment mais il n'y avait pas à dire, un bon lit était beaucoup mieux qu'une paillasse jetée au fond d'un plateau sur roues.

La forêt qui séparait les deux domaines de Aglau et Sermoise indiquait que Nevers n'était plus trop loin. Et en effet, vers Chaluy, on entendait de nouveau l'eau ; l'Allier avait rejoint la Loire qu'il fallait traverser pour atteindre Nevers.


[Nevers... première ville, première étape]

La première chose qu'ils firent fut de décliner leur identité. Les hommes prirent en charge les chartils, Lilou les enfants et Bettym alla se renseigner de tout ce qu'ils avaient droit de faire ou non. Défaut professionnel ? Sûrement mais que voulez-vous, un maréchal même démissionnaire sera toujours un maréchal.

Bref, les lois sous le bras, les édits et décrets également, elle alla rejoindre tout son petit monde vers l'auberge de la ville. Repos mérité en promesse... Nouveau départ en perspective.
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Gypsie

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MessageSujet: Re: Voyage au long cours ou partage d'une absence   Dim 23 Nov - 13:38

Bettym a écrit:
[De Nevers à Cosne...]

Leur escale fut brève. Le temps de se restaurer et de prendre un peu de repos que les revoilà de nouveau sur les routes.

Le convoi était maintenant composé de deux charrettes et d'un cavalier. Nim préférant monter sur un des équidés qu'ils avaient loué pour l'occasion jusqu'à Cosne.

Ils prirent la route vers le nord à travers la plaine. Ils laissèrent derrière eux Pougues sise juste au-dessus de Varennes-Vauzelles et toujours vers le nord passant Tronsanges, Chaugnes, Champvoux, La Marche et Munot, ils arrivèrent à La Charité, ville facilement reconnaissable par sa grande Abbaye Bénédictine composée de deux clochers, où ils en profitèrent pour prendre quelques forces et se détendre. Et de nouveau, dans les carioles, direction Cosne.

Cette fois-ci le paysage changea un peu, ils longèrent la Loire qui avait bien grossi. Mesves traversée, ils arrivèrent jusqu'à Pouilly où les vignes s'étendaient à perte de vue. Là, ils prirent la direction d'une des caves qui faisaient la réputation de cette ville et achetèrent quelques fûts que son maire, Dame Maybee, lui avait demandés juste avant de partir. Bien entendu, Nim en profita pour râler alors que le couple qui se composait de Grid et Lilou, eux, préféra déguster quelques verres du vin commandé. Enfin... quand on parlait du couple, il fallait surtout dire que Lilou était la plus forte à ce jeu-là. Elle arrivait à ingurgiter tant d'alcool que Bettym se demandait encore comment Lilou arrivait à conduire la charrette droite.

Toujours est-il, qu'après avoir fait quelques emplettes, la route n'était pas encore finie bien au contraire... Toujours vers le nord, Saint Andelain dépassé, le trajet fut interminable malgré les différents méandres que proposait la Loire pour paysages. Ils ne leur tardaient qu'une chose, arriver à Cosne. Ce ne fut qu'en fin d'après-midi que cet espoir vit le jour en apercevant devant eux les murailles de la ville.


[Cosne : Deuxième étape]

Deux jours de voyage consécutifs avaient eu raison d'eux et ce fut d'un commun accord qu'ils décidèrent de ne pas reprendre la route dès le lendemain.

Après une bonne nuit de sommeil, Bettym partit en quête d'un emploi qu'elle trouva immédiatement. Le salaire n'était pas ce qu'elle aurait préféré mais c'était toujours mieux que rien ou que la mine. Son boulot en poche, elle partit prendre des nouvelles de la ville de Cosne qui, à premier abord, semblait vide de toute vie.

Quel meilleur endroit qu'une taverne ? Aucun... Elle alla donc "Au Val Tordu" où elle fit la connaissance de deux charmantes personnes, Dame Minimiu et Sieur Kimitokun. Dame Minimiu était la douceur même. Une femme qui s'ennuyait un peu depuis qu'elle s'était trouvée enceinte mais cela ne l'empêcha nullement de lui indiquer les bons endroits à visiter. Après avoir pris congé de la jeune femme, la Moulinoise s'était retirée et en compagnie de ses enfants, Loreleï et Jochan, ils avaient profité du beau temps et de la vue que leur offrait le lac Nohain.

Retour à l'auberge pour une missive un peu particulière adressée à son Evêque et un petit tour au bureau des pleurs du duché pour connaître la liste rouge du duché de Bourgogne qui, au grand étonnement de ce qu'il se passait au Bourbonnais Auvergne, était connue et librement consultable. Cette visite ne fut pas sans surprise.

Le Prévôt Olivier1er était aux prises avec une victime de cette liste. Un sonneur de cloches qui avait été frappé à mort par l'armée Bourguignonne. Le spectacle, bien que rebutant, aurait pu amuser beaucoup. Toujours est-il qu'après avoir eu une longue discussions avec le Prévôt sur le bien fondé de cette liste et surtout après l'avoir consultée, elle trouva fort dommage que beaucoup de noms n'était que diffammation. Cependant, elle se garda bien de lui en faire la remarque pensant qu'il était inutile de parler dans le vide. Cet homme semblait croire qu'il avait en lui la vérité absolue. Elle plaignait les futures victimes qui risquaient, sans autre procès, de se retrouver comme déjà beaucoup dans ce duché, dans un hospice pour soins intensifs.

Les journées passèrent bien vite et il fallait de nouveau reprendre la route. Un dernier au revoir à Dame Minimiu et les voilà reparti en direction de Tonnerre.
Bettym a écrit:
[De Cosne à Tonnerre...]

De nouveau sur les routes à la découverte de terres inexplorée pour le jeune Moulinoise. Lilou morte de fatigue, Grid dans un état déplorable, ce fut Nim qui conduisit leur cariole tandis que Bettym suivait avec l'autre.

Le petit matin se levait pour laisser à un magnifique soleil. Ils avaient pris la direction de l'Est. Le hameau de Saint Père passé, la route les menait tout droit à une forêt de quelques lieues. Bettym n'était guère rassurée par les temps qui couraient mais elle savait les risques qu'ils encouraient et si ses compagnons de voyage les avaient acceptés, elle devait en faire tout autant. Cependant, cela ne signifiait aucunement de ne pas être prudente.

Comme à chaque voyage, son épée était à ses côtés... Ciez traversée, ils continuèrent toujours vers l'Est jusqu'à Entrains sur Nohain, profitèrent d'un moment de répit le temps que les chevaux boivent pour prendre un petit digne de ce nom.

Le ventre rempli, direction vers le Nord. Après avoir passé les trois lacs ou étangs qui bordaient cette ville, ils continuèrent au moins une heure sans rencontrer âmes qui vivent à travers les plaines, un ou deux bosquets de part et d'autres du chemin jusqu'à Sougères. De nouveau des plaines vallonnées, ils contournèrent l'Ain et bifurquèrent à l'est en arrivant sur Sementron. A Chatenay, quelques paysans leur indiquèrent la ville la plus proche qui était Ouanne où ils décidèrent de s'arrêter. Il fallait dire que les enfants commençaient à être fatigués d'être ballottés ainsi sans avoir droit de bouger ou à peine et encore moins de chahuter ; l'inconvénient quand on voyage avec des hommes qui n'apprécient que très peu les nains.

Tout le monde en forme pour repartir vers le nord et surtout vers Auxerre. Les villages de Coulangeron, Avigneau, Chevannes laissés derrière nous, la Capitale ou du moins la grande ville nous ouvrit ses portes et là le charme opéra... Les rues étaient animées de toutes sortes de cris des vendeurs de volailles, fruits et légumes. Les pavés étaient foulés par des dizaines de personnes. Jamais Bettym n'avait vu une ville si grande à son souvenir. Même Clermont n'était pas si animée. Mais malheureusement, ils ne purent profiter de ce moment d'émerveillement pour les yeux. Elle aurait aimé passer quelques temps à la Cathédrale mais les athées qui l'accompagnaient avaient mis leur véto et ce fut à contre coeur qu'elle suivit le groupe.

Un moment perdus, ils durent s'arrêter pour demander leur chemin. Fallait dire qu'ils avaient l'impression de tourner en rond. Toutes les maisons ou presque se ressemblaient et étaient implantées autour d'églises, chapelles ou autres monuments religieux. Cependant, les moines très présents dans cette cité leur indiquèrent la sortie Est qu'ils prirent immédiatement comme si ils avaient la Bête sans nom aux trousses. A croire que cette populace croyante allait les convertir. Bettym n'y était pas contre mais cela n'enchantait guère Grid et Lilou et encore moins l'Athée Suprême qu'était Nimrodor.

La sortie Est proposait trois chemins : Un au Nord, l'autre au Sud Est et enfin, celui qu'ils choisisent au Nord Est. La route était encore une fois déserte. Pas un chat à Venoy, Villeneuve ou encore Montigny le Roy où ils prirent la route vers Villy et Maligny à l'Est. Là, de nouveaux des vignes à perte de vue. Ils s'arrêtèrent à Chablis, profitant d'un arrêt pour prendre des fûts de vins promis à Maybee. Le voyage touchait à sa fin...

Fyé, Colan passé, de nouvelles murailles furent leur point de mire et leur halte pour au moins trois jours. Ils étaient à Tonnerre.


[Tonnerre : Troisième Etape]

Dès leur arrivée, la première chose qu'ils cherchèrent fut une auberge et ce fut vers le Cheval Blanc qu'ils jetèrent leur dévolu. Chambres prises, décrassages obligatoires pour tout le monde. Il fallait avouer que la route leur avait semblé encore plus long que les autres jours mais ce n'était qu'une illusion puisqu'ils ne leur fallut pas plus d'une journée pour y arriver. Le manque de sommeil peut-être avait fait son oeuvre.

Une nuit de repos fut donc la bienvenue et dès le lendemain, Bettym en profita pour passer la journée au verger avec les enfants laissant ainsi Grid et Lilou en amoureux et Nim à ronchonner de son côté. L'annonce de devenir diaconnesse ne lui avait guère fait plaisir mais il n'était pas encore au bout de ses surprises. Elle lui avait dit son désir mais ne l'avait pas informé que Monseigneur M4dboris lui avait donné rendez-vous à Sémur pour le rencontrer.

Elle décida donc de le lui apprendre le soir même. Devant une choppe, en compagnie d'autochtones, elle se lança. Etait-ce à cause de cela ou non ? Elle n'aurait su le dire mais très vite il devint encore plus grognon. Il ne lui fallut pas plus d'une remarque d'un des villageois pour que ça tourne au vinaigre.

Bettym qui était ravie de cette journée, avait l'impression d'être en plein cauchemar. Des souvenirs avaient réapparu quand Sieur Erling lui dit qu'il la connaissait par un homme qui avait été viré de la Source. Il ne lui en fallut pas plus pour comprendre qu'il parlait de son fiancé défunt, Maxfan. Ne voulant envenimer la conversation, elle loua la mésange de sa soeur qui lui annonça qu'elle serait avec Grid dans une taverne à telle heure. Ni une ni deux, elle préféra prendre congé des Tonnerrois présents et partit voir sa soeur.

Nimrodor l'accompagna également et quand ils arrivèrent dans le lieu de rendez-vous de sa soeur. L'humeur de son Berger était au plus mal pour ne pas dire catastrophique et bien sûr la suite n'était que logique... Tonnerre n'avait plus d'intérêt à ses yeux et Bettym n'espérait qu'une chose... Partir.

Ils décidèrent tous d'un commun accord qu'ils prendraient la route le lendemain soir. Durant toute la journée, Bettym écrivit à ses amis délaissés. Ses premiers plis furent pour Beths et Marty, puis pour ses amis de la Confrérie de la Source.

Mais avant que la jeune maman ne décide de prendre la route, Nim lui fit part d'une nouvelle qui venait de tomber sur le Duché de Bourgogne. L'état d'alerte avait été annoncé. Tous les voyageurs devaient partir. Mais c'était mal connaître Bettym qui se savait en son bon droit. Sans perdre un instant, elle écrivit au Duc pour connaître sa position avant de dire à tout le monde qu'ils partaient le soir même pour Sémur. Elle avait décidé de connaître la Bourgogne et ce ne serait pas une loi martiale qui lui interdirait. Peu importait le temps que cela prendrait.
Bettym a écrit:
[De Tonnerre à Sémur]

Départ de Tonnerre précipité. Bettym ne voulait pas laisser le temps aux armées Bourguignonne de se retourner après son courrier et elle ne voulait pas rester coincée dans une ville qui semblait morte. Deux jours avaient suffi pour se rendre compte que les gens pouvaient être sympathiques en taverne mais assez peu bavard dans l'ensemble. Choses difficiles pour la jeune femme qui pouvait parler pour dix.

Bref... Deux routes se proposaient à eux pour aller jusqu'à Sémur, une au Sud Est et l'autre bien sûr, au Sud Ouest. Ils optèrent pour celle de l'Est mais ne la poursuivirent que jusqu'à Lézinnes où la rivière leur bloquait plus ou moins le passage. Bettym n'avait nullement envie de faire un passage au dessus des eaux en pleine nuit. Donc ils longèrent le bras de la rivière jusqu'à Vireaux où là, ils coupèrent à travers champs passant Sambourg, Moulins en direction de Noyers.

Une halte s'imposait. La fatigue se faisait ressentir bien que les enfants, Lilou et Grid avait profité de ce trajet pour se reposer. Le jour s'était levé mais qu'importait, le sommeil était bien trop grand pour ne pouvoir se laisser aller dans les bras de Morphée.

Pendant ce temps, le couple éveillé prit le relais. Ils prirent la route principale passant ainsi par Jouancy, Sarry, Château Gérard, Fain les Moutiers, Saint Just et Athye proche de Moutiers. Un nouvel arrêt avait été nécessaire. L'Armençon était devant eux, un bras de l'Yonne à traverser et encore quelques lieues de séparation jusqu'au point final.

La journée était bien entamée et il leur fallait atteindre Sémur avant la nouvelle nuit. Le déjeuner fut pris sur le pouce et la "course" poursuite continua. Vizerny et Millery passées, les murailles de Sémur étaient devant eux avec un corps d'armes en accueil.


[Arrivée à Sémur...]

Le Douanier Hidéon se présenta à la jeune Moulinoise en tête du cortège et demanda à ce qu'ils ne voyagent plus ainsi. Que cela leur était interdit. Bettym, contrariée, demanda si un courrier du Duc ne l'attendait pas dans ses locaux mais rien n'avait été fait de la part du Seigneur de Bourgogne. Heureusement pour eux, elle avait toujours dans ses affaires le laisser passer qui datait d'avant la promulgation de la loi martiale qui les autorisait à voyager.

Après les avoir inspecté sous toutes les coutures, le Douanier les laissa passer sans oublier de leur dire qu'ils risquaient un procès pour haute trahison avec une peine pouvant atteindre jusqu'à 10 jours de prison et 1.000 écus d'amende. Malgré la sentence maximale qu'il annonçait, Bettym ne laissa rien paraître excepté son exaspération quand à la mauvaise communication dans le duché.

D'un regard qui en disait long, elle indiqua à sa troupe de ne pas émettre de commentaires et ils entrèrent jusqu'au centre ville à la recherche d'une auberge où ils prirent repas et discutèrent un long moment avant de prendre la décision finale.

Ils se devaient de rester à Sémur le temps que tout ceci soit dépatouillé.

Le lendemain, les visites du douanier fort nombreuses pour vérifier s'ils allaient prendre la route sans prévenir furent enfin concluses par l'arrivée tardive d'une missive ducale. Sa Grâce Vaxilart leur laissait libre champ de voyager comme bon leur semblait mais leur conseillait vivement de profiter de la ville de Sémur comme lieu de vilégiature le temps que la loi martiale soit abrogée ou le cas échéant, de le prévenir la veille d'un départ éventuel.

Par précaution, Bettym considéra tous les risques et en les exposant à Grid et Lilou, ils décidèrent de rester.
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Gypsie

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MessageSujet: Re: Voyage au long cours ou partage d'une absence   Dim 23 Nov - 13:40

Apolonie a écrit:
[Montbrison, une étape plus longue que prévue...]

Le passage à Thiers s'est fait furtif finalement. Leg, Beths, Marty à peine aperçus, le temps d'un sourire, d'un au revoir, le temps de fêter avec son juge un non-lieu plus que mérité. Une tournée à son honneur rincé, comme elle peut l'être après toutes ces histoires épuisantes. Lassée ? Oui, surement, et pas que de la politique.

Les disputes, les règlements de compte, les non-dits ont eu raison de son enthousiasme. Est-elle si difficile à comprendre ? Est-elle si hermétique qu'il faille qu'elle se répète indéfiniment pour se justifier ? Ne peut-on pas faire ses choix, pour son bien-être, sans pour autant tout renier ? Il semblerait que non. Et elle en a marre... Les longs trajets en solitaire, Reg' un peu taiseux sur la route, sans doute complèt'ment flippé sur un cheval, et les pensées qui défilent, encore, toujours, en une danse farandolesque qui tourne au tourbillon.

Ce qu'elle a laissé à Moulins. Ce qu'elle doit laisser sur le bord du chemin, les pincements de coeur, ce qu'on croit, ce à quoi on a cru, ce en quoi en ne croira plus. Et les promesses auxquelles on s'accroche... Jusqu'à arriver à Montbrison. L'arrivée s'fait en fanfare, les retrouvailles avec Kory s'fêtent d'une ballade près du lac, d'une poussée de Poutou, d'une bousculade rieuse, une soirée en moquerie organisée. Le lendemain, des nouvelles qui arrivent de Bourgogne, et de Moulins. La lettre en coup de poing. La réflexion se pose, plus précise. Un andalou en balance.

Et dans l'après midi, une pause en taverne. La Carawane bien sûr, Apolonie sentinelle d'honneur ne peut déroger à la règle et pousse la porte du bouge de Furax. Pour y tomber sur un homme qu'elle n'aurait pas pensé croiser, que son esprit avait même occulté, un an sans se voir, surtout quand on ne s'apprécie pas, ça aide pas au souvenir. Mais l'humeur est badine, et le sourire poli. La discussion surprenante, les regards aussi. Quand Regort enfin les rejoint, lui aussi marque son étonnement. Une soirée agréable, une invitation cavalière à un banquet royal.

Et étrangement, attendre le lendemain avec impatience, attendre le courrier quotidien, apprécier les discussions avec un ancien "ennemi" et le découvrir autrement. Le rose en couleur persistante sur les pommettes, se sentir comme une enfant de dix ans, minauder niaisement... Se surprendre, ne pas s'y attendre. Une retraite de quelques jours, il l'accompagne dans ses pensées, elle lui manque, au retour les sourires sont sincères, les mains se lient... Une semaine maintenant qu'elle est dans la ville lacustre.

Les fourmis dans les jambes se sont tues, un peu, l'impatience de prendre la route laisse place à celle de le revoir. L'inconscience, l'envie, les questions, la culpabilité, s'entremêlent dans un ballet confus. Mais les jours passent, une promenade dans les bois, une soirée près du lac... Un courrier envoyé vers un libertadien, et un baiser, presque timide. D'un sourire fugace, elle se rappelle qu'elle n'avait pas été ainsi depuis Willen, et qu'elle est bien, là, d'un coup. L'escale durera encore un peu... Le temps pour celui qui a décidé de la suivre de régler ses dernières affaires. Le temps d'attendre son nouvel écuyer aussi, puisque Neils a du rentrer chez lui.

Un rire partagé lorsqu'elle annonce au montbrisonais que c'est Chlodwig qui lui tiendra lieu d'écuyer. Il le connait aussi, et l'avis se partage sur le blondinet... Un sale mioche, à qui ils prévoient, le regard malicieux, d'apprendre les bonnes manières. Les mains liées, ils passeront encore une semaine ici, puis l'appel des chemins se fera de nouveau impérieux, l'escorte modifiée, et Apolonie avec un sourire un peu niais sur les lèvres, le coeur en battements sereins, le rose en timidité amoureuse sur ses joues, tranquillement heureuse.

Aujourd'hui elle se pose sur un coin de taverne, des parchemins devant elle. Elle relit les nouvelles des moulinois, sourit en pensant à eux, embêtés à leur tour par les lois martiales et autres laissez-passer nécessaires. Et d'une plume malingre trace volutes et mots sur le velin, donnant à son tour des nouvelles, amusée d'avance à la réaction de Bettym. Puis l'azur passe par la fenêtre, caressant les environs, le bord du lac pas loin, espérant le voir dans la journée... Pincement au coeur en pensant à ceux laissés derrière, dans cette course à la sérénité, dans cette course pour se retrouver entamée depuis son retour à Moulins.
Bettym a écrit:
[Sémur... Une étape qui s'éternise]

Les jours se suivaient et se ressemblaient. Voilà près d'une semaine qu'ils étaient là à attendre. Certes la vie était tranquille, un travail à l'Eglise, un autre aux mines mais Bettym commence à s'ennuyer.

Heureusement, le séminaire avait commencé et non sans une certaine appréhension au départ. Le premier cours la fit sourire, une pensée pour son ami et ancien Evêque décédé il y a maintenant près de 6 mois. Smithy était sans cesse dans ses réflexions sur la religion et a parfois même l'impression qu'il était là, tout prêt d'elle, lui sussurant moultes taquineries à son encontre.

Un courrier du Sud, un sourire sur les lèvres de la Moulinoise. Les nouvelles allaient vite pensa-t-elle. L'ancien diacre de son village mais aussi son ancien maréchal la félicitait pour ce choix et était prêt à la soutenir si un quelconque souci lui arrivait.

Un soutien, elle restait rêveuse à ses mots. Un désir qu'elle aurait souhaité de son Berger, parfois qualifié de Malinois Préféré suite à un quiproquo un soir en taverne avec Dame Sibella. Un sourire en repensant à l'anecdote puis la mine triste en sachant que Nimrodor n'appréciait toujours pas ses choix. Comment en aurait-il pu être autrement lui qui détestait même l'idée de mettre un pied dans une Eglise ? Toujours est-il qu'elle ne sera jamais pleinement heureuse et ça, ça lui sapait le moral.

Les jours se suivaient, les cours aussi ainsi que les félicitations mais de son Evêque, cette fois-ci, qui pouvait voir combien le désir de la jeune femme de devenir diaconnesse était grand.

Des nouvelles du Bourbonnais lui parvenaient également.

Son amie Thiernoise, tout d'abord, Beths allait se faire baptiser, elle qui détestait même l'idée qu'un curé puisse s'approcher d'elle. Qu'est-ce qui lui avait fait changer d'avis ? L'amour peut-être... Elle en serait quitte à se fâcher ou louvoyer pour se rendre en BA alors qu'elle avait fait des pieds et des mains pour en partir pendant plusieurs semaines, mais pour rien au monde, elle ne louperait cette cérémonie.

D'autres nouvelles de Montbrisson, et un étonnement de grande ampleur. Si cela n'avait pas été son amie Apo qui lui avait écrit, elle ne l'aurait jamais cru. Mais force était de constater qu'elle semblait heureuse et c'était tout ce qui lui importait. Le reste n'était que bagatelle et surtout elle était contente que ce ne soit pas elle qui soit à la place de la Sentinelle.

Bref... les jours se suivaient et se ressemblaient et l'envie de voir bouger autour d'elle se fit plus pressant. Par chance, ce n'était pas que son simple désir, le tout était de coordonner cela sans risque. Rendez-vous en taverne au dernier moment, un message écrit à la va vite pour le Duc Bourguignon et le Douanier de Sémur... La décision était prise, ils allaient enfin pouvoir quitter cette ville.
Bettym a écrit:
[De Sémur à Autun]

En peu de temps qu'il n'avait fallu le dire, les bagages et réserves avaient été mis dans les charettes, un accord sur qui montait avec qui. Pour sûr les hommes avaient encore fait le choix de voyager ensemble. Tout était bon pour ne surtout pas s'approcher des enfants qui les suivaient. A croire que ces petits anges étaient porteurs de la peste ou la rage. Cela faisait sourire l'ancienne maréchale de voir deux grands gaillards autant effrayés par ce que pourraient leur faire subir des gamins à peine plus hauts que trois pommes.

Bref... après avoir dit au revoir au douanier Hidéon qui les avaient accueillis ainsi qu'à différentes personnes qu'ils avaient rencontrées en taverne les voici sur la route direction le Sud.

Le convoi avait pris la route principale moins de risque ? Possible. De toute façon, elle avait prévenu le Duc et espérait bien qu'il ait fait le nécessaire pour qu'ils ne leur arrivent rien. Il valait mieux pour eux. La jeune Moulinoise n'était pas du genre à se laisser faire surtout quand elle était dans son droit.

Courcelle et Bierre passée, ils arrivèrent à l'embranchement de Précy sous Thil. Traversée du pont d'Aisy et bifurcation pour le sud. Les paysages étaient surtout forestiers. Peu de gens sur les routes mais cela n'avait rien de bien exceptionnel vu que la loi martiale avait été promulguée quelques jours auparavant. Des noms prestigieux venaient en tête de la Moulinoise tel que Vic, La Cour, Montlay pour arriver à Saulieu.

Une ville telle une arène ceintrée de murailles. Ils établirent un petit campement le temps de prendre du repos. Le voyage de nuit était bien mais ils n'étaient pas des surhommes et la fatigue commençait à se faire sentir. Alors contre toute attente, Bettym fit signe à Nimrodor de s'arrêter non sans essuyer des remarques sur sa frêle condition ou tout autre considération que le Berger avait sur son ennemie préférée.

Un tiers du chemin avait été fait et la pause bien méritée. Ce fut au petit matin, dès les premières lueurs et les chants des oiseaux présents dans les têtes que le groupe reparti. Grid et Lilou avaient pu prendre un peu plus de sommeil que les deux premiers conducteurs et ce fut non sans appréhension qu'ils leur laissèrent les rênes.

La prochaine étape était Lucenay. Cela mit bien la matinée. Ils avaient passé les domaines de Blanot et Chissey avant de prendre un repas digne de Gargentua. Fallait dire que Nim se faisait un malin plaisir de se mettre à la diète quelques jours pour mieux apprécier les déjeuners qu'il faisait sur la route. Les enfants quand à eux, adoraient ces arrêts. Ils pouvaient ainsi vagabonder quelques temps sous l'oeil attentif de Jochan le plus grand. Certes ce n'était guère facile pour lui. Deux petites filles du même âge ou presque qui aimaient faire tourner en bourrique un jeune garçon de 11 ans qui n'avait pas le coeur de leur dire non.

Bettym aimait voir comment ses enfants et sa nièce évoluaient. Elle se plaisait à observer le manège des fillettes et le désarroi du garçonnet face à ces chipies. Mais les bonnes choses avaient une fin et il leur fallait reprendre la route. Rappel des petits monstres, remontée en charrette et dernière étape.

Reclesne, Lavernay, Saint Lorgeot et enfin la délivrance... Autun.


[Autun : 5e étape]

Comme l'avait avertie Sieur Hidéon juste avant de partir de Sémur, ils étaient attendu par la douane qui ne fit aucun commentaire et les laissa passer les murs de l'enceinte sans souci.

En arrivant, ils choisirent une auberge et laisser les enfants vaqués à leurs occupations... chasser le pigeon ou courrir après toute sorte d'animaux domestiques, sauter dans les flaques et même parfois dessiner dans quelques coins boueux.

Bettym laissa ses amis et sa soeur pour prendre des nouvelles du diocèse où d'autres cours l'attendaient et pas des moindres. La hiérarchisation de l'Eglise et les droits & devoirs des "hommes" religieux. En lisant ceci, elle fit une grimace mais se remonta le moral en se disant que ce n'était qu'un mauvais moment à passer.

Une fois dans sa chambre, les cours sagement ingurgités, elle se prit à penser à ses amis en voyage ou encore au BA. Elle savait qu'elle devait revoir Beths mais est-ce qu'Apolonie serait encore là bas ? Toute à cette pensée, elle prit un parchemin et se mit à rédiger un petit mot à l'attention de son amie...


Citation :
Autun, le 17 novembre 1456

Coucou Apo,

Nous venons d'arriver à Autun. Jusqu'à présent le voyage se passe très bien. Les hommes sont toujours aussi ronchons donc tu vois, la vie est au beau fixe.

J'espère qu'il en est de même pour toi et que nous aurons bientôt l'occasion de te voir. D'ailleurs, nous comptons nous rendre à Montbrisson d'ici une semaine. Y seras-tu encore ?

Nous devons nous rendre à Dax, Lilou a quelques obligations qui nous contraignent à y aller. Je sais que tu dois te promener vers le sud... Et si nous faisions un bout de chemin ensemble ?

Je n'en ai pas encore parlé aux hommes espérant avoir ta réponse avant notre arrivée en BA.

Je dois malheureusement te laisser car il est l'heure de se restaurer mais j'attends avec impatience ton courrier.

Bises.
Bettym

Relecture faite, un pigeon en guise de porteur de missives et retour vers le groupe à la salle à manger de l'auberge où ils avaient fait halte pour quelques jours.
Apolonie a écrit:
[Toujours à Montbrison... décidément...]

D'étape en halte, de halte en séjour, c'est toujours attablée à la Carawane qu'elle se trouve quand elle reçoit un pigeon aux accents du nord. Un sourire qui se taille la part belle sur ses lèvres quand elle reconnait l'écriture de Bettym. Des nouvelles de la joyeuse troupe, qu'elle s'imagine sans peine parcourant les chemins bourguignons.

Ils arrivent en Auvergne ? Finalement, c'est décidément une bonne chose que d'être restée à Montbrison. Profiter d'une promenade, accepter une présentation officielle, l'attendre pour qu'il voyage à ses côtés... Et du coup être sur place pour accueillir ses meilleurs amis qui débarquent bientôt. La coïncidence en heureux hasard, pour une fois. Le velin se saisit rapidement, rejoint bientôt par une plume qui court sur le parchemin.


Citation :

A Montbrison,
Le 20 novembre 1456,

Ma plus belle,

Un vrai plaisir de te lire, comme d'habitude. Et ravie d'avoir des nouvelles. Les ronchons comme tu dis ont insisté pour que je leur écrive rapidement et régulièrement, mais alors je crois qu'on ne s'est pas mis d'accord sur les délais de réponse, et pour le coup c'est moi qui grommelle.

Je suis effectivement à Montbrison, encore. Comme je te l'ai écrit déjà... J'attends quelqu'un pour repartir. Il me présente à sa mère bientôt, ce qui fait que je reste ici encore un moment. D'autant plus que... J'ai une bonne nouvelle. Le Roy d'Armes a enfin levé le veto, et je vais devenir la vassale de Ma Grace favorite. La cérémonie commence incessamment sous peu. J'aurais été tellement heureuse que vous y assistiez...

Et comme tu le sais, oui nous descendons ensuite dans le Sud. Comment peux-tu attendre ma réponse ? Cela fait-il si longtemps que nous ne nous sommes vues pour que tu doutes d'une telle évidence ? Je serai bien sur ravie de vous revoir et de partager un bout de chemin avec vous.

En attendant votre arrivée avec une impatience terrible,
Je t'embrasse, bisouille les autres pour moi,

Apo

Pas de scel sur cette missive, il est des correspondances qui se passent aisément du protocole, et celle-ci en est. La jeune femme roule le velin, l'attache à la patte d'un volatile et l'envoie vers la Bourgogne. Le sourire ne se décroche pas des lèvres d'Apolonie, l'impatience marquant ses traits. Et puis elle pose son regard sur la porte, attendant qu'elle s'ouvre sur la silhouette qui la retient ici. Ou sur une autre, qui les a rejoints depuis peu, remplaçant Neils en écuyer. Pas la même envie. Mais Chlo méritait une punition, et servir l'offensée ne peut que lui être bénéfique. D'une pensée chatouiller un frangin bien trop éloigné, envisager les présentations, s'en amuser d'avance, et reprendre l'alignement délicat des miettes de pain.
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Gypsie

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MessageSujet: Re: Voyage au long cours ou partage d'une absence   Dim 23 Nov - 13:42

Bettym a écrit:
[De Autun à Chalon]

Quelques jours d'arrêt à Autun, avant que l'envie de repartir les reprenne. Les carioles prêtes et ils prirent la sortie nord est du village pour bifurquer immédiatement au sud direction Couches. La traversée de la forêt fut inquiétante mais ils n'avaient guère le choix d'après les cartes qu'ils avaient. Le plus court chemin était celui-ci.

Elle était dense avec très peu de clairières. Les enfants, pour une fois, étaient muets. A peine osaient-ils respirer ! En dehors du bruit des sabots et du frottement des roues sur le sentier, tout était calme. A croire que plus personne ne prennait le risque de s'aventurer en dehors des cités. En arrivant à Saint Emiland, le soulagement se fit ressentir sur le convoi et les éclats de voix et rires se firent entendre à des lieues à la ronde.

En peu de temps qu'il ne faut pour le dire, ils se trouvèrent à Couches. Un arrêt de quelques minutes afin que les chevaux puissent être échangés dans une des auberges de la ville et un regard sur la carte que les voilà repartis.

A Saint Léger, ils traversèrent la Dheuze avant de continuer sur Aluze puis Mercurey. En fin de matinée, Chalon montrait le bout de son nez... enfin de ses murailles. Le passage de la forêt de Marloux se fit sans problème. Pour une fois, le voyage avait été fort court ce qui n'était pas pour déplaire aux Moulinois.


[Chalon : 6e Etape]

En arrivant, une mauvaise surprise les attendait de nouveau. Le Douanier aussi aimable qu'une porte de prison les accueillit à sa façon... Style "Dégagez, nous sommes sous loi martiale les étrangers ne sont pas les bienvenus sauf si vous avez un laisser-passer." Bien évidemment, Bettym ne se gêna pas pour le remettre en place gentillement.

Ce contre-temps passé, les excuses en prime, ils se dirigèrent vers la première auberge. Chacun partit à ses occupations avec pour point de ralliement l'hôtellerie en fin de soirée. Bettym en profita pour se rendre à l'Eglise et trouva à son retour une lettre de son amie Apolonie.

Elle se promit de lui répondre dès le lendemain.
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MessageSujet: Re: Voyage au long cours ou partage d'une absence   

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